PREMIÈRE PARTIE
Éaumëration des astres qui forment le système solaire. — Sens des mouvements de rotation et de révolution. — Inclinaisons respectives des plans des orbites.
Le groupe ou système de corps célestes dont la Terre fait partie, et qui est connu en Astronomie sous le nom de Système solaire ou planétaire, se compose, dans l'état actuel de nos connaissances, de cent vingt astres, qu'on peut ranger de la manière suivante, si l'on tient compte à la fois, et du rôle qu'ils jouent dans l'ensemble et de l'ordre de leurs distances au centre du système :
1® Un corps central^ relativement immobile dans le groupe, de beaucoup plus volumineux que tous les autres, et lumineux par lui-même, le Soleil;
2® Quatre-vingt-dix corps secondaires ^ on planètesj situés à des distances croissantes du Soleil, circulant autour de lui dans des orbes à fort peu de chose près circulaires, et recevant du Soleil la lumière qui les rend visibles dans
le ciel. Les planètes peuvent se ranger en trois groupes principaux :
Celui des planètes moyennes, les plus rapprochées du corps central, et qui sout, dans Tordre de leur distance croissante au Soleil : Mercure, Venus, la Terre, Mars;
Le groupe des grosses planètes, les plus éloignées du corps central : Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune;
Enfin, celui des petites planètes, formant entre Mars et Jupiter un anneau qui sépare les deux premiers groupes. On connaît aujourd'hui 82 petites planètes, mais elles sont sans doute beaucoup plus nombreuses;
3® Fingt'-deux corps tertiaires ou satellites ^ circulant autour de quelques-unes des planètes principales : telle est la Lune, accompagnant la Terre. Jupiter a quatre satellites; Saturne et Uranus, chacun huit; Neptune, un et peut-être deux;
4® Un anneau nébuleux de forme lenticulaire, la Z.wmière zodiacale^ qui entoure le Soleil à une certaine distance, mais dont la position dans le système n'est pas encore nettement déterminée; puis un ou deux anneaux composés d'une multitude de petits corps, dont l'existence dans l'espace nous est révélée par les apparitions et les chutes des aérolithes, des étoiles filantes et des bolides;
5^ Sept comètes, circulant autour du Soleil dans des orbites très-allongées, dont les retours périodiques ont été démontrés par le calcul et constatés en même temps par l'observation.
Indépendamment des cent vingt astres dont l'énumération vient d'être faite, on connaît plus de deux cents autres comètes, dont les unes décrivent autour du Soleil des orbites si allongées, dans des temps si considérables, que l'observation n'a pu encore en constater le retour, bien qu'il ait été approximativement calculé ; dont les autres
se meuvent le long de courbes à branches infinies, et, après s'être approchées une fois de notre groupe, Font abandonné peut-être à jamais. Il ne se passe pas d'année qu'on ne découvre un certain nombre de comètes nouvelles.
Le Soleil, les planètes et leurs satellites afiectent tous la forme arrondie d'une sphère, parfois aplatie aux extrémités d'un même diamètre. On a constaté, dans les principaux de ces corps, des mouvements de rotation sur eux-mêmes, qui s'effectuent tous dans le sens du mouvement de rotation de la Terre. Les astronomes étendent, par une analogie basée d'ailleurs sur les lois de la mécanique, ce mouvement de rotation à tous les astres au sujet desquels l'observation est jusqu'ici restée muette.
Un second mouvement, dit de révolution ou de translation, entraine toutes les planètes autour du Soleil, et tous les satellites autour de leurs planètes respectives, en des temps qui varient avec les dimensions des orbites parcourues, suivant une loi remarquable dont la découverte est due au génie de Kepler'.
Le sens des mouvements de révolution est le même pour les différents corps du système solaire*, et ce sens est précisément celui de tous les mouvements de rotation.
Pour préciser ce point important, que le lecteur veuille bien se reporter à la Planche I qui représente les orbites de toutes les planètes connues*. Chacune de ces courbes
1 . Voyez pour cette loi et poar toutes celles qui régissent les mouvements des corps célestes, la troisième partie du Ciel, liv. L
â. Il faut en excepter cependant les satellites d'Uranus, Tune des sept comètes périodiqaes, et on grand nombre des autres comètes.
3. Dans cette planche, les orbites des planètes ont été tracées comme des circonférences de cercle, bien qu'en réalité ces courbes soient de forme elliptique ou ovale. Le Soleil n'est pas non plus, comme le représente en-
est accompagnée de flèches qui indiquent précisément le sens du mouvement de révolution de la planète. Or, si l'on suppose un observateur placé au centre et sur le plan de la figure^ de telle façon que ses pieds reposent sur ce plan, sa tête sera dans l'hémisphère nord du ciel. Dans cette situation, il est aisé de voir que le mouvement indiqué par les flèches aura lieu de la droite vers la gauche de l'observateur. Tel est le sens des mouvements de révolution des corps planétaires.
Comparons maintenant ce mouvement au mouvement de rotation de la Terre sur son axe. Le centre de notre planète est situé sur le plan ; le pôle nord se trouve donc au-dessus et le pôle sud au-dessous, de sorte que la rotation terrestre qui s'effectue — le mouvement diurne du ciel le prouve — d'Occident en Orient, est aussi pour l'observateur un mouvement de la droite vers la gauche.
Si Ton donne le nom de pôle nord à celui des pôles de rotation de chacune des autres planètes, qui se trouve audessus du plan de la figure, l'observation démontre que c'est toujours de droite à gauche, ou d'Occident en Orient, que ces planètes exécutent leurs mouvements de rotation sur elles-mêmes, et leurs mouvements de translation autour du Soleil.
Il est bien évident que si l'on avait supposé l'observateur placé en sens inverse, c'est-à-dire les pieds sur le plan
core la figure, exactement au centre de chaque orbite. Mais il eût ëté difficile, pour ne pas dire impossible, de rendre ces différences appréciables sur une aussi petite échelle.
Ce qu*il y a d'exact dans cette représentation du système solaire, et ce qu'il importe surtout de retenir, c'est Tordre des distances dea diverses planètes au foyer commun, c*est la proportion des dimensions des orbites^ à Texception toutefois des orbites des satellites dont il a fallu exagérer les dimensions. Les positions des planètes sont celles que ces corps ont oc* cupées dans l'espace, au 1" janvier 1865.
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