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On dit alors que la mer est étale

L'intervalle de deux pleines mers, avons-nous vu, est de 12 heures 25 minutes. Il en résulte que, d'un jour à l'autre, la pleine mer retarde de 50 minutes. Ainsi, la période journalière du phénomène est précisément égale au jour lunaire, qui dure aussi 24 heures 50 minutes. En d'autres termes, les retards successifs des pleines mers sont ceux que présentent les passages successifs de la Lune au méridien. Si donc, on note l'heure de la marée haute dans un port, il sera facile de prévoir l'heure pour un autre jour. Les marins, profitant de ce fait, prennent leurs dispositions en conséquence, selon qu'ils veulent entrer ce jour-là dans le port ou en sortir.

Remarquons encore ceci : 50 minutes de relard par jour produisent, en 14 jours trois quarts environ, un retard total de i 2 heures ; c'est un relard de 24 heures ou d'un jour, en 29 jours et demi, c'est-à-dire dans la période d'une lunaison.

Les heures des marées sont donc les mêmes de quinze en quinze jours, avec cette différence que celles du matin deviennent celles du soir, et réciproquement. Au bout d'un mois lunaire, l'heure redevient identiquement la même.

Les faits que nous avons constatés jusqu'ici n'ont trait qu'aux heures des marées et à leurs variations. Occuponsnous maintenant de l'intensité du phénomène.

Cette intensité est elle-même fort variable pour une même mer et pour un même port; mais là encore se présente une remarquable périodicité, qui montre que le phénomène se lie aux positions relatives du Soleil, de la Luue et de la Terre.

C'est vers les environs de la nouvelle et de la pleine Lune que la marée haute atteint un maximum, tandis que la marée basse correspondante descend au point le plus bas.

Ce sont les grandes marées ^ ou les marées de syzygies \ La hauteur des marées décroît alors de plus en plus, jusqu^à l'époque du premier et du dernier qucu'tier de la Lune. On a alors les mortes eaux ou marées des qua-dratures. Puis, à partir de ces deux époques, jusqu'aux syzygies, la hauteur des pleines mers reprend sa marche croissante.

Mais, à la vérité, la plus haute, comme la plus basse marée, no tombe pas le jour même de la phase lunaire : dans tous les ports de l'Océan, il y a une différence de .36 heures ou d'un jour et demi.. C'est donc la troisième marée, qui suit la pleine et la nouvelle Lune, qui est la plus grande, comme aussi la plus petite marée est la troisième qui suit les quadratures.

Ces coïncidences remcœquables entre les heures, les périodes des hautes marées et les positions de la Lune et du Soleil par rapport à la Terre, ont fait soupçonner depuis longtemps que la cause du phénomène réside dans ces deux astres. « Caitsaj dit Pline, in Sole Lunâque,...y> Mais de quelle nature est leur influence? C'est le problème qu'il était donné à la science moderne de résoudre. Le premier, Descartes osa déchirer le voile et sonder le mystère, et si ce grand philosophe ne réussit pas dans sa tentative, cela tint à ses idées préconçues sur le système du monde. Il lui reste l'honneur d'avoir osé.

Mais poursuivons l'étude des faits.

La hauteur des marées varie encore avec les déclinaisons de la Lune et du Soleil; elles sont d'autant plus grandes que les deux. astres sont plus voisins de l'équateur. Deux fois par an, vers le 21 mars et le 22 septembre, le Soleil e«t dans l'équateur même. Si, à la même époque, la

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