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PRÉCESSION DES ÉQUINOXES

fois la position et la forme de la trajectoire suivie par la planète. Ces altérations, qui, bien loin de contredire la loi de gravitation, eu sont la confirmation la plus éclatante, sont connues en astronomie sous le nom de perturbations planétaires. J'ai dit leur grande importance, non-seulement parce qu'elles permettent de calculer avec précision la position future des corps célestes de notre système, mais encore parce qu'elles peuvent servir — et la découverte de Neptune en est une preuve — à compléter les connaissances que nous avons sur le monde solaire.

Nous allons voir maintenant se manifester d'une façon claire, visible à tous, et dans des périodes extrêmement courtes, l'action des forces combinées du Soleil et de la Lune sur la partie liquide de la surface du globe terrestre.

Phénomènes du flux et du reflux; Jiaute et basse mer. — Époques des grandes marëes ; coïncidence des phénomènes avec les positions de la Lune et du SoleiL — Théorie des marées déduite de la loi de gravitation ; actions combinées du Soleil et de la Lune.

Si l'on voulait comparer la mer à un être immense qui se meut, vit et respire, c'est dans les tempêtes qu'il faudrait voir ses colères, dans les temps de calme ses instants de sommeil, tandis que les mouvements périodiques dos marées simuleraient sa respiration régulière et permanente. Mais ce sont là des fictions poétiques sur lesquelles je ne veux point insister : ces grands phénomènes de la nature offrent par eux-mêmes un intérêt assez réel pour qu'il soit superflu de les embellir encore. D'ailleurs, la véritable explication des marées, la liaison de la cause qui les produit à la grande théorie de la gravitation universelle, sont des conquêtes de la science pour ainsi dire toutes récentes, — il n'y a guère qu'un siècle qu'elles sont soumises au calcul, — elles offrent donc encore à bien des gens l'attrait de l'inconnu.

Tout le monde sait que deux fois par jour, à 12 heures 25 minutes d'intervalle environ, les côtes de l'Océan offrent le spectacle de la marée montante : le flot peu à peu

s'élève, envahit la plage qu'il recouvre à une hauteur de plus en plus grande, et après 6 heures d'intumescence atteint son maximum. C'est un beau tableau que celui de ces lames frémissantes qui viennent, avec une croissante fureur, battre les galets et le pied des falaises, en projetant dans Tair leur écume salée.

A peine l'instant de la haute mer est-il atteint * , que le flot ou Influx cesse; la marée descendante commence, et le jusant ou le reflux succède au flot. La mer abandonne alors la plage qu'elle avait envahie, et peu à peu redescend jusqu'à son point de départ : on a alors la basse mer ou la marée basse. Puis recommence une nouvelle marée montante, suivie d'une basse mer, et ainsi de suite.

Il faut dire que l'instant de la basse mer n'est pas au milieu de l'intervalle qui sépare deux pleines mers consécutives, le flux étant d'une durée plus courte que celle du reflux, ou, si l'on veut, la mer mettant plus de temps à descendre qu'à monter. Cette différence varie suivant les ports : de 1 6 minutes seulement à Brest, elle est, au Havre, de 2 heures 1 6 minutes.

Tel est, en gros, le phénomène des marées. Si Ton s'était borné à l'observation de cette périodicité des mouvements de la mer, la science n'eût pas pénétré bien profondément dans le mystère de leurs causes ; elle ne pourrait prédire, comme elle le fait sûrement aujourd'hui, l'intensité des marées pour les difi^érents ports, les époques précises des plus hautes mers," offrant ainsi à la navigation des indications précieuses •

Avant d'aborder l'exposé des causes, je vais donc, pour me conformer à la marche naturelle de la science, préciser davantage les faits.

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