L'IMPUISSANCE DE LA NUIT
Le jour ne s'en va pas quand la nuit est venue. Le couchant dans les flots ne l'a pas englouti : Même lorsque le soir est maître de la nue, Le Jour n'est pas parti.
La nuit pour un instant le ternit et l'efface, Combat perfidement sa joie et son éclat, Pourtant, ne croyez point que rom}3re ait pris sa pl Le Jour est toujours là.
6e ' LE CIEL DANS l'eAU*
Affaibli d'avoir trop répandu ses lumières, Appauvri par le don qu'il a fait de son or, Le Jour se cache au fond des nocturnes tanières Prêt à jaillir encor,
Car, avant le triomphe éclatant de l'aurore, Comme un voleur autour d'un champ vient marau Autour des lampes que les veilles font éclore Il vient déjà rôder.
Et, par les yeux brillants des petites étoiles. Le phosphore des vers luisants dans le foiii vert, Le Jour qu'on a cru mort perce partout les voiles Dont la nuit l'a couvert
Je dis qu'il ne faut pas croire à l'ombre éternelle ; Sur ton front ce soir vide et ton cœur sans amour, I )('main tu sentiras la caresse d'une aile Te rappeler le Jour.
l'impuissance de la nuit
Reste en paix. Ne crois pas à la mort de ton rêve, Déjà, dans l'ombre, ta pensée a tressailli, -Et, comme on voit, la nuit, dans la seconde brève Où l'éclair a jailli,
;e dresser à l'appel de l'ardent météore In monde que le jour n'a pas abandonné — )emain, tu sentiras se réveiller l'aurore Dans ton cœur étonné.
19 Juin 1910.