‹ Le ciel dans l'eau, poèmes et théâtreChapitre 30 sur 76 · UN OUBLI · texte numérisé non relu

UN OUBLI

La vieille sente est identique Au sentier classique et revé Pour l'éclosion poétique D'un amour tendrement couvé.

Le vieux sentier est très conforme

Au sentier traditionnel

Où Ton attend — jamais sous Tormc —

L'amoureuse aux lèvres de miel.

C'est le sentier que toute muse Oui se respecte a mis en vers ; La vieille corde à la fin s'use, Mais les sentiers sont toujours verts.

Tant de verdeur vous sollicite, C'est là qu'on risquerait l'aveu ; Le cœur éclate, c'est le site, Le site embaumé qui le veut.

Car les buissons blancs sont en fête, Car le vent qui monte du pré ' Souffle la phrase toute faite A l'amant le moins inspiré.

Car les fleurs s'offrent rouges, blanches. Pour les bouquets que nous faisons, Car les grands yeux bleus des pervenches Attendent les comparaisons.

Alors, j'ai fait comme les autres :

Je me suis assis pour muser ; Deux rossignols très bons apôtres Donnaient l'exemple du baiser.

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