UN OUBLI
D'un regard je fais l'inventaire :
Fleurs, source, oiseaux et coin de ciel. Tout est là : fraîcheur et mystère, Tout, excepté l'essentiel.
Car, tandis que mon trouble augmente^ Je me suis aperçu, transi.
Qu'il ne me manquait que l'amante...
J'avais oublié celle-ci.
Alors, dans cette vieille sente, J'ai fait les sots vers que voilà Car si l'amoureuse est absente La bonne muse est toujours là.
Alors dans cette vieille sente, J'ai fait les sots vers que voilà.
Sainl-Séverin, 3 Mai 1906.