LES VILLAGES
Quand ils voient leurs enfants descendre vers les pl Et, muets, n'osant pas regarder autour d'eux, Se diriger, un soir, vers les villes prochaines, Les villages sont malheureux.
ils ont suivi longtemps sur la route inconnue Les beaux gars appelés par des bras étrangers ; Puis, les gars disparus au loin, la nuit venue. Les hameaux longuement se sont mis à songer.
LE CIEL DxVNS l'eAU
Pourquoi s'en vont-ils tous ainsi ? Quel sortilège Les attire, un beau soir, loin du champ paternel ? Et leur enseigne-t-on dans les nouveaux collèges A mépriser leur petit ciel ?
Le sang de la jeunesse a coulé vers les villes. Et, déjà, le village appauvri par ces deuils Ne voit plus dans ses murs que les vieux inutiles Se chauffer tous les jours à la tiédeur des seuils.
Ils n'ont rien écouté : la mère ni l'ancêtre, La payse non plus, rose comme un galet... Mais pour les retenir, les villages, peut-être, N'ont pas fait tout ce qu'il fallait.
Que chacun cherche en lui s'il n'est pas sans reprochei La fontaine et le bois, les prés et les coteaux. Ont-elles bien sonné, le soir, les vieilles cloches? Et, le matin, ont-ils bien tinté, les marteaux ?
Les arbres ont-ils bien donné toute leur ombre, Le bois s'est-il toujours doré dans le couchant ? Les oiseaux, cette année, étaient en moins grand nombi On n'a pas entendu leur chant.