LUMIERES FOURNIES P»B LA GÉOLOGIE DESCRIPTIVE
Étude îles roches cruplives. — Jusqu'ici la Géologie descriptive n'a qu'un moyen de se faire quelque idée des masses profondes. Il consiste à préjuger,
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par le témoignage des roches éruptives sorties au travers des terrains primitifs et sédiment a ires, la nature des couches en voie de solidification dans L'intérieur du globe.
En effet , les roches émises à toutes les époques peuvent être considérées comme les représentants lilhologiqnes de nouvelles assises qui en se solidifiant s'ajoutent intérieurement à l'enveloppe solide.
Age relatif des roches éruptives, — L'apparition des roches d'épanehement et d'éruption correspondant à des époques distinctes de la série straligraphique, on a pu constater l'âge relatif de ces roches, qui est pour les principales d'entre elles progressivement croissant de la manière suivante : le granité, le porphyre, le trachyte, les roclies magnésiennes, le basalte et les laves modernes.
Il est présumablo que l'émission de ces roches à la surface marque l'époque de la solidification interne de chacune d'elles. En supposant donc que, parvenu à la base du gneiss, on perce toutes les couches solides qui se trouvent au-dessous , on verrail probablement le gneiss passer au granité, celui-ci prendre peu à peu les caractères du porphyre, puis le phorphyre faire place successivement au trachyte, aux roches magnésiennes, aux basaltes et enfin aux laves.
GÉOLOGIE riH'HiMil: DU GLOBE TERKESTIIE. lor
Défait Is du mode a" information procure par les roches éntpttves. — Toutefois, ce mode d'information, quant à la nature des régions profondes du globe, présente le double inconvénient d'être fort peu certain et extrêmement incomplet.
Il est fort peu certain, car rien ne prouve que les roches éruptives, que nous étudions à la surface, aient conservé les caractères des masses dont elles dérivent, et il est môme extrêmement vraisemblable que le fait seul de leur émission a du les modilîer profondément. D'abord, elles se sont trouvées en présence de conditions toutes nouvelles de température et de pression. En second lieu, et dans beaucoup de eus, elles ont pu subir une action spéciale de la part de l'eau qui existe en si grande abondance dans les régions périphériques du globe. Enfin , des réactions ont dû se produire entre ces roches, et les masses minérales qui leur livraient passage.
Le procédé est extrêmement incomplet, car, en supposant la structure du globe connue jusqu'à la région d'où proviennent les laves modernes, il resterait encore à connaître la plus grande partie de l'immense rayon qui nous sépare du centre du globe. Et non-seulement la Géologie ne peut nous donner actuellement aucune notion à cet égard, niais il est manifeste qu'elle ne sera jamais beaucoup
■?m GEOLOGIE COMPAREE,
plus instructive, puisque après un refroidissement suffisant les roches internes cesseront de pouvoir être poussées jusqu'à la surface.
LUHIBIIËS FOURNIES PAR LA «ÉOLOGIE COUPAIIÉE.
Devons-nous donc renoncer à jamais acquérir la connaissance de faits si intéressants pour nous? Non. Seulement, il faut la demander à !a seule science qui puisse nous la procurer, c'est-à-dire à la Géogie comparée.
En effet, en vertu du principe, établi précédemment, tic l'unité de constitution du système solaire, les astres voisins de la terre sont bâtis comme elle, et des notions fournies par l'un d'eux peuvent résoudre la question qui nous occupe.
Or, on a vu que les météorites proviennent d'un astre jadis unique, aujourd'hui brisé, et dont il nous a été possible d'entreprendre la reconstitution. On a vu d'autre part que cet astre était vraisemblablement tout à fait voisin de la terre et construit sur le même modèle qu'elle.
Voyons donc ce que l'examen des fragments de cet astre désagrégé peut nous apprendre sur la constitution profonde de notre globe.
GÉOLOGIE PROFONDE DU GJ.OBE TE R R KSTR E. lia j I. Cauiparalnoa du fflob; terrestre »■ "-loin- ni-iéort^ao.
Stratification successive des roches météoriques, — On se rappelle que les fails d'observation ont montré que dans l'astre dont les météorites sont les débris les roches centrales constituaient un noyau métallique de fer allié à une certaine proporlion de nickel. Par-dessus venaient, suivant l'ordre progressivement décroissant de leurs densités, des masses métalliques renfermant des grains pierreux disséminés, et dont nous avons des exemples dans la météorite de Pallaa et dans celles du désert «TA tacarna. Puis se trouvaient des roches essentiellement lithoïdes, mais renfermant dos grenailles métalliques énormes, comme on le voit dans les pierres de la sierra de Cliaco. Ces roches passaient progressivement à des masses qui ne diffèrent guère des précédentes que par la finesse de pins en plus grande de leurs grenailles, et dont les types nous sont fournis par les pierres de l'Aigle , d'Aumalo , de Montrejeau, de Lucé , etc. Alors commençaient des couches d'où le fer est exclu, et qui appartiennent à des lypes trèsdifférents entre eux, dont les trois principaux sont représentés par les pierres de Jurinas, de Chassigny et d'Orgueil.
20i GÉOLOGIE COMPARÉE.
Nous pouvons résumer cette constitution par lu coupe théorique suivante.