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GEOLOGIE PROFONDE OU GLOBE TERRESTRE. III

salin dérive du calcaire compacte , le phyllade de l'argile, le quartzilo du grès; mais on no trouve rien parmi les roches, sédimentaires ou non, qui paraisse pouvoir donner naissance par métamorphisme aux roches serpent ineuscs. Je sais bien qu'on a voulu voir dans celles-ci un produit pur et simple do l'hydratation du péridot; mais outre, à part certains cas d'épigénie, qu'on ne voit pas par quel mécanisme cette hydratation eût pu se faire, il faut reconnaître qu'il existe entre le péridot et la serpentine des différences de composition que l'addition de l'eau à la première de ces roches ne suffirait pas à faire disparaître, et surtout que rirn ne permettrait d'expliquer ainsi la structure si nouvelle de la roche transformée.

Ce que les observations de la Géologie descriptive sont impuissantes à nous apprendre parait devoir nous être révélé par la Géologie comparée.

Analogie déstructure des serpentines avec les météorites pierreuses éruptives. — Dans le cours d'études minéralogiques relatives à la serpentine, et non encore terminées, nous avons été frappé des analogies extrêmes de structure que présente cette roche avec les météorites do ce groupe de Chantonnay qui vient d'être cité. Examinées en tranches minces au microscope, ces météorites présentent rigoureuse-

ment le même aspect que la serpentine, c'est-à-dire qu'elles ontla même structure que celle-ci. Des deux parts se montre une cristallisation également confuse, à laquelle parliri|n'iil touk's li;s molécules de la masse.

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menls lilhoïdcs , des grains métalliques dissémines. Enfin, et ce caractère est d'importance capitale , étudiées plus en grand, la pierre de Chantonnay et la serpentine sont remarquables parle nombre des surfaces frottées qu'elles contiennent.

Tout le monde connaît les miroirs de glissement des serpentines : ce sont des surfaces laminées, étirées et comme émaillées. Or, à la couleur prés, ces surfaces se retrouvent identiques dans la roelie météoritique qui nous occupe.

De cette comparaison entre la structure des deux roches on est évidemment en droit do conclure à une très-grande similitude dans les conditions de formation .

Analogies et différences de composition des serpentines avec les météorites pierreuses éruptïvet. — Si maintenant, passant de cette étude physique à un examen chimique, on compare la composition des deux roches, on trouve entre elles des analogies bien remarquables. La base, comme on l'a vu, est constituée des deux parts par des silicates magné-

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siens, les uns hydratés et les autres anhydres, dans In masse terrestre, complètement anhydres dans la masse météoritique ; et la composition quantitative de ces silicates se trouve extrêmement voisine, abstraction faite de l'eau, bien entendu.

La nature des minéraux métalliques disséminés donne lieu à une comparaison du même genre. Lu pierre de Chantonnay renferme du fer métallique , delà troïlite, du fer chromé; la serpentine, de l'oxydulc de fer, de la pyrite, du fer chromé. La différence, très-faible, comme on voit, so réduit à un état plus oxydé du fer et plus sulfuré de la pyrite.

Évidemment, il suffit d'admettre que la météorite ait été soumise à une influence hydratante convenable pour comprendre qu'elle se soit transformée en roche de nature scrpenlincuse, et cela sans que sa structure oit eu besoin de subir aucune modification.

Ce dernier point conduit aussi, d'une manière inévitable, à considérer la roche de Chantonnay ellemême comme éruptive; c'est l'opinion que nous avons défendue plus haut.

Relations totales des serpentines avec les météorites pierreuses éruptîues. — Pour résumer cette comparaison, et en admettant, ce que nous cherchons à démontrer, que les météorites fournissent dos échantillons de nature à faire connaître les roches terrestres

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rendues inaccessibles à nos investigations par la profondeur de leur gisement, il parait résulter de ce qui précède que rien ne justifie l'opinion d'après laquelle les éruptions do serpentines prouveraient l'existence d'un réservoir infra-granitique de ces roches.

Pour nous, la roche normale, c'est celle qui forme entre autres la météorite d'Aumalo ; les filons qu'elle remplit ont pris, par suite du mode spécial de refroidissement, et surtout parsuilc des actions mécaniques quis'ysont développées, l'aspect pseudo-fragmentaire caractéristique de la pierre de Chantonnay . Quant aux serpentines, analogues ainsi aux malachites qui couronnent les filons de chalkopyrite par exemple, elles représentent les têtes dos filons de chantonnite, et no sont par conséquent qu'un produit de l'altération de ceux-ei sous l'influence des agents superficiels.

Transformation artificielle de la serpentine en une roche méléoritique. — Nous émettons cette hypothèse avec d'autant plustle confiance, que l'expérience nous a permis de la contrôler d'une manière très-précise, en nous donnant le moyen de repasser de la roche terrestre, c'est-à-dire de la serpentine, à la roche météoritique. Ce point nous parait mériter quelques développements.

Jusque là on n'avait réalisé la reproduction ar-

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tificiellc d'aucune météorite, du moins à l'aide de matériaux terrestres, car on a vu précédemment comment nous avons pu réaliser la synthèse de certaines météorites au moyen d'autres pierres de même origine. Nos recherches sur le métamorphisme mé- Eéoritique, résumées dans la première partie, en nous faisant envisager !o problème sous un jour nouveau, nous conduisirent d'une manière toute naturelle à réaliser l'imitation de l'un dos types les mieux caractérisés do roches cosmiques. Voici les considérations qui nous amenèrent à ce résultat.

Nous venons de montrer combien les serpentines se rapprochent des niéU'oriles fîi'isi's par leur structure et par certains traits de leur composition, en même temps qu'elles s'en écartent par la présence do l'eau et d'un excès d'oxygène. Si on veut tenter leur transformation en roche im'léoiïtique, le mode opératoire se trouve, par cela même, limité à un trèspetft nombre de moyens. En effet, il no faut avoir recours à aucune manipulation de nature à modifier la structure de la roche traitée. Par conséquent, la fusion, qui se présente naturellement à l'esprit quand on songe à des expériences do ce gonro, doit être expressément écartée, car on sait déjà combien les produits de fusion des météorites diffèrent profondé-

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ment de celles-ci, pour la structure et môme pour la composition minéralogique.

D'un autre côte, la différence do composition entre la serpentine et les roclies météoritiques consistant dans la présence de l'eau chez la pierre terrestre et dans l'état plusoxydé do certains de ses éléments, il faut recourir à un procédé à la fois déshydratant et réducteur. Or, on ne peut espérer de réaliser cette double condition à la température ordinaire : le rouge est absolument nécessaire pour que la serpentine perde toute son eau, et au-dessous do ce point thermomélriquc, le fer oxvdulé ne saurait être réduit.

La conclusion pratique de ces diverses remarques est que l'on devra opérer entre le rougo et le point de fusion des matières en expériences.

Mais alors une nouvelle difficulté apparaît : comme nous l'avons vu dans la première partie, les météorites grises subissent dès le rouge une modification profonde : elles deviennent noires et identiques suivant leur structure à la roche qui constitue la pierre de Tadjéra ou à celle qui forme la pierre de Stav.ropol.

Donc, dans l'état actuel de nos méthodes, il serait chimérique de tenter, au moyen de masses terrestres, la synthèse des météorite? grises, et l'on doit prendre

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pour Init la reproduction des roches cosmiques métamorphiques. Pour résoudre ce prohlèmc il faut, comme on voit : en premier lieu, ne pas modifier la structure de la serpentine; ensuite, lui faire perdre toute son eau ; amener les grains de feroxydulé qu'elle contient à l'état métallique; enfin, faire subir à ses minéraux, silicatés la modification moléculaire rendue si sensible, chez les météorites métamorphiques, par l'apparition de la coloration noire.

Nous avons réuni lotîtes ces conditions en soumettant simplement de la serpentine à l'influence simultanée île la chaleur ronge et d'un courant de gaz hydrogène pur. Si l'on opère dans un tube de verre chauffé par une lampe à gaz, on voit au bout de peu de temps la roche perdre son eau et acquérir une nuance noire qui devient do plus en plus foncée, et qui est tout à fait pareille à celle de la météorite de Tadjéra.

La coloration noire apparaît dès que la température rouge est atteinte. L'expérience se fait si aisément qu'on peut employer un tube à gaz de verre blanc ordinaire : avant que ce verre, pourtant si fusible, se ramollisse, la coloration noire est parfaitement sensible.

Toutefois, dans ces conditions, la transformation n'est que superficielle, et pour l'obtenir plus profonde

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il faut faire usage d'un tube de porcelaine chauffé par un feu de coke. Alors le produit est au poinl de vue physique, qui frappe tout d'abord, complètement analogue à la pierre de Tadjéra, et ne parait en différer que par une dureté et une densité un peu moindres, quoique beaucoup plus grandes que celles de lu serpentine. Ainsi, la pierre de Tadjéra ayant une densité de 3.59, une serpentine tendre de la vallée d'Aostc qui pesait 2.43 monta à 3.37 après sa transformation. La différence que nous signalons entre le produit de l'expérience et la pierre algérienne résulte peut-être des pressions auxquelles la météorite a sans doute été soumise, et qu'on ne reproduit pas dans le laboratoire ; d'un autre côté, l'eau et l'oxygène extraits laissent évidemment un vide qui n'existe pas dans la pierre naturelle.

Quoi qu'il en soit, l'examen chimique montre entre le produit de l'expérience et la météorite qu'il fallait reproduire une conformité parfaite. En choisissant convenablement la variété de serpentine sur laquelle on opère, on peut arriver à une identité absolue. Si on fait usage d'une roche pulvérisée, l'expérience marche plus vite, et l'on obtient un résultat tout pareil à celui que donne la pulvérisation pure et simple de la météorite de Tadjéra.

L'expérience de synthèse qui vient d'être décrite

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