GRAINS
Formation des GRAINS de Baily.
Au moment où le bord du disque lunaire noir est presque tangent intérieurement au disque lumineux du Soleil, il se forme, dans la mince partie éclairée qui forme la limite entre les astres, des sortes de « grains » noirs analogues à des grains de chapelet; la durée de leur apparition est de 6 à 8 secondes. Ces grains ont été observés plusieurs fois depuis 1836; il serait bien intéressant qu'ils fussent photographiés.
Il en est de même des rayons en brosse, qui semblent implantés dans le croissant lumineux lorsque celui-ci est très mince, et qui paraissent souvent partir précisément des emplacements correspondant aux grains de Baïilv.
Mais un phénomène vraiment impressionnant, c'est l'arrivée de l'ombre de la totalité.
Le cône d'ombre portée par la Lune sur la Terre avance, évidemment, dans le sens de la marche même de notre satellite, et puisque la Lune envahit le Soleil par l’ouest, c'est par l’ouest également qu'on pourra observer l'arrivée du cône d'ombre.
Cette arrivée se manifeste par
sombres
Les rayons en BROSSE.
la progression d'une grande tache ronde qui se propage à la surface du sol; si l'observateur est placé sur un milieu élevé, comme le sommet d’une montagne, le phénomène sera encore bien plus marqué; ille sera encore davantage pour un observateur placé en ballon ou en avion.
On peut voir également cette ombre se projeter sur des nuages éloignés. Tout ceux qui ont pu l’observer ont été frappés du caractère grandiose que présente son arrivée, que l'on a comparée, assez justement, à l'approche d’un orage violent et qui avancerait très rapidement.
Quelquefois on observe le cône d'ombre lui-même dessiné dans l'atmosphère, et se présentant alors comme une colonne noire, comme une fumée ou comme une sombre pyramide de vapeur.
Enfin, une apparence remarquable qui accompagne les éclipses totales de Soleil, c’est l’abaissement apparent du cel : le changement d’illumination de l'atmosphère, au commencement de la phase de totalité, fait prendre au ciel une apparence plus surbaissée.
Le phénomène est surtout frappant s’il y a, dans l'air, quelques nuages au voisinage du zénith; au commencement de la totalité, ils paraissent s’abaisser très rapidement pour se relever ensuite quand la totalité prend fin. Airy, qui se trouvait en Italie lors de l'éclipse de juillet 1842, raconte à ce sujet qu'au-dessus de sa tète était un nuage qui n'avait nullement attiré son attention auparavant, mais qui, au moment de la totalité, prit l'apparence d’un nimbus «plus noir que de la poix » et dont l'aspect était horriblement menaçant.
Il est hautement intéressant de noter les influences météorologiques et magnétiques que peut avoir l’éclipse.
Les résultats des observations barométriques pendant la