SOLEIL
| DATES ECLIPSES DATES ÉCLIPSES | | | | | 1916 II 3 | totale. 1933 | VIII 21 | annulaire. | 1916 VII 30 | annulaire. 193% II 14 | totale. 1916 XII 2% | partielle. 1934 VIII 10 | annulaire. 1917 1 23 | partielle. 1935 I 5 | partielle.
IPOd7 VI 19 | partielle. 1935 II 3 | partielle. 1917 VII 19 | partielle. 1935 VI 30 partielle. 1917 | XII 14 | annulaire. 1935 | VII 30 | bartielle. 1918 VI 8 | totale. 1935 XII 25 | annulaire.
1918 XII 3 | annulaire. 1936 VI 19 | totale.
1919 V totale. 1936 | XIL 13 | annulaire.
1919 XI 22 | annulaire. 1937 VI 8 | totale.
1920 V 18 | partielle. 1937 XII 2 | annulaire | 1920 XI 10 | partielle. 1938 V 29 | totale 1921 | IV. 8 | annulaire. 088 x 22 Gele 1921 | X 1 | totale. 1939 IV 19 | annulaire. | 1922 III 28 | annulaire. 1939 X 12 | totale. | 1922 | IX 21 | totale. 1940 IV 7 | annulaire. 1923 III 17 | annulaire. 1940 X 1 | totale.
1923 | IX 10 | totale. 1941 III 27 | annulaire. | 1924 JII 5 | partielle. 1941 IX 21 | totale. | 1924 VII 31 | partielle. 1942 HT 16 partielle. 1924 | VIII 30 | partielle. 1942 | VIIT 12 | partielle. 1925 1 24 | totale. 1942 IX 10 | partielle.
1925 VII 20 | annulaire. 1943 IT 4 | totale.
1926 1 14 | totale. 1943 | VIT 1 | annulaire. 1926 VII 9 | annulaire. 194% I 25 | totale.
1927 I 3 | annulre-totalc| 1944 VIII 20 | annulaire. 1927 V1 29 | totale. 1945 I 14 | annulaire.
1927 XII 24 | partielle. 1945 VII 9 | totale. 1928 V 19 | totale. 1946 1 3 | partielle.
1928 VI 17 partielle. 1946 V 30 partielle.
1928 XI 12 | partielie. 1946 VI 29 | partielle. 1929 V 9 | totale. 1946 XI 23 partielle.
1929 | XI 1 | annulaire. 1947 V 20 | totale.
1930 | IV 28 | annulre-totale.| 1947 XI 12 | annulaire. 1930 X 21 | totale. 1948 V 9 | annulre-totale, 1931 IV 18 partielle. 1948 NOT totale.
1931 IX 12 | partielle. 1949 IV 28 | partielle. 1931 X 2 | partielle. 1949 XX, 21 partielle.
1932 II1 7 | annulaire. 1950 III 48 | annulaire. 1932 VIII 31 | totale. 1950 IX 12 | totale.
1933 II 24 | annulaire.
107. Les marées. — Nous arrivons maintenant au second phénomène causé par les actions de la Lune et du Soleil : nous voulons parler des marées (1).
Tous ceux qui ont passé deux jours au bord de la mer, sur nos côtes de Bretagne ou de Normandie, ont une notion expérimentale du phénomène de la marée : ils ont vu le niveau de
(1) Nous ne nous occuperons ici que du phénomène des marées au point de vue astronomique. Le lecteur qui voudrait avoir des détails plus complets sur les marées les trouvera dans un volume de la même collection in-4°, La Mer, par M. Clerc-Rampal, avec préface de M. Alphonse Berget.
CES
la mer s'élever peu à peu, atteindre une hauteur maxima, et redescendre ensuite; de plus ils ont constaté qu'en 2% heures et 50 minutes, il se produisait deux hautes mers et deux basses mers.
Il n'est pas besoin d'être grand expert en matière d'astronomie, pour rapprocher ce phénomène d’un autre phénomène céleste qui a exactement la méme période, 24 heures 50 minutes :
passage de la Lune au méridien du lieu.
Il est donc naturel de chercher, dans notre satellite et dans la loi de ses déplacements autour de la Terre, la cause principale qui donne naissance à la marée.
Toutefois, il importe d'observer attentivement les différentes particularités que présente ce majestueux phénomène.
Ainsi, comme nous l'avons dit, il y a deux hautes mers (ou pleines mers) et deux basses mers dans l'intervalle de 24 heures 50 minutes qui sépare deux passages consécutifs de la Lune au méridien supérieur du lieu de l'observation: l'intervalle moyen entre deux pleines mers consécutives est donc de 12 heures 25 minutes; mais la basse mer intermédiaire n’occupe pas exactement le milieu entre ces deux pleines mers, et l’on a observé que la mer ne mettait pas exactement le même temps à monter et à descendre. Au Havre, par exemple, la mer met 2 heures 8 minutes de plus à descendre qu'à monter; à Brest, la différence n'est que de 16 minutes.
En outre, dans une mème mer, dans deux ports voisins, et le mème jour, la hauteur dont s'élève la mer peut être très diflérente; ainsi, tandis que la marée est de6%,25 à Granville, elle n’est que de 2%,82 à Cherbourg. La hauteur de la marée n'est pas, non plus, dans un même port, la même deux jours de suite.
En un point donné, la hauteur de la pleine mer varie proportionnellement à un coefficient qui est le même pour tous les ports à un jour déterminé et qu'on appelle le coefficient de la marée pour ce jour-là. Ce coefficient varie autour de l'unité et ses valeurs sont comprises entre 0,26 et 1,19. Quand le coefficient de la marée est égal à 1, cela veut dire que, ce jour-là, la mer s'élève au-dessus de son niveau moyen, dans le port considéré, d’une quantité égale à ce qu'on appelle l'unité de hauteur pour le port en question.
Par exemple, à Granville, lobservation prolongée a fait voir que la diflérence entre le niveau des hautes mers et des basses mers était de 12%,50 quand le coefficient de la marée était égal à l'unité : c’est la moitié de ce nombre, soit 6,25, qui constituera l'unité de hauteur pour Granville. Pour Cherbourg, port pourtant très voisin du précédent, l'unité de hauteur n'est que de 2",82.
Si, un jour donné, le coefficient de la marée est de 1,18, cela vent dire que ce jour-là, à Cherbourg, la mer s'élévera audessus de son niveau moyen d'une hauteur égale à 2m,82 X 1,18, c'est-à-dire de 3,32.
Mais le fait le plus caractéristique de l'observation régulière des marées est la variation continue de leurs hauteurs pendant plusieurs jours consécutifs. Ainsi les observations les plus simples montrent que les grandes marées ont lieu vers les syzygies et que les plus petites marées ont lieu, au contraire, aux quadratures de la Lune, c'est-à-dire aux premieret dernier quartiers.
En outre, on constate que la hauteur des marées varie avec
c'est le
LE CTEL.
-e promontoire de Granville à MAREE HAUTE.
CI, Rudaux.
Le promontoire de Granville à MARÈE BASSE
les déclinaisons de la Lune et du Soleil et avec les distances de ces astres à la Terre. Elle est d'autant plus grande que la Lune et le Soleil sont plus rapprochés de notre globe et sont euxmémes plus voisins du plan de l'équateur. Ainsi, les marées les plus hautes de l’année se produisent aux environs des syzygies voisines des équinoxes; de méme les marées les plus
faibles ont lieu aux quadratures voisines des solstices.
10S. Explication du phénomène des marées, — De tout cela il résulte que c'est la Lune qui doit être la cause détermi nante du phénomène de la marée, mais que c'est le Soleil, par la position qu'il occupe dans le ciel par rapport à la Lune et à la Terre, qui doit être le facteur modi/icateur de leur intensité.
C'est Newton qui a donné la première explication de ce grandiose phénomène, et cette explication il l'a trouvée dans la loi, découverte par lui, de l'attraction universelle, Nous allons la résumer en quelques mots.
Terre ait la forme d'un corps sphérique ouvert d’une mince couche d’eau; nous rendre compte de la figure d'équilibre que prendrait cette couche liquide si la Terre restait immobile, en étant Lune (2 soumise à l'attraction d'une seule masse voisine, celle de la Lune par exemple (fig. 99).
Dans ces conditions, la force attirante résultant de l’action de cette masse agit sur les molécules d’eau les plus voisines, sur celles qui sont tournées de son côté, en M; elles les attire vers elle et, par conséquent, le niveau de la mer s'élèvera légèrement dans la direction de la Lune, direction dans laquelle se formera une sorte de «bourrelet »liquide.
Comme la quantité d’eau existant dans la merest limitée, celle qui s’en va former le bourrelet est empruntée à la masse de la partie restante, et il y aura par conséquent une dépression dans la direction perpendiculaire à celle de la Lune, c'est-à-dire en P.
On pourrait croire que cette dépression est encore plus forte du côté opposé à l'astre attirant, c'est-à-dire en M'; nous allons voir qu'il n'en est rien et qu’au contraire il doit y avoir, sur la partie de l'Océan diamétralement opposée à la Lune, un second bourrelet liquide analogue au bourrelet M.
En effet, la molécule d'eau placée en M est soulevée vers la Lune parce que celle-ci l’attire plus qu'elle n'attire le centre de la Terre, placé en T à une distance plus grande; la distance de la Lune à la Terre étant 60 fois le rayon de celle-ci, la différence des distances sera donc 1/60.
Mais, pour la même raison, le centre de la Terre T est plus rapproché de la Lune que la molécule d’eau placée en M'; celle-ci sera donc attirée avec moins d'énergie que le centre de la Terre, et ce centre devra être « en avance » sur la molécule M'; autrement dit, celle-ci devra se trouver « en retard » sur le centre de la Terre par rapport à la Lune. Elle devra donc rester en arrière et, par suite, contribuer à former ainsi le second bourrelet liquide placé en M’. La différence des distances de la Lune au centre T et à la molécule M' est 1/61 ; elle est donc un peu plus faible que celle qui s'exerce en M, quoiqu'elle en soit très voisine; le bourrelet M'sera donc un peu moins accentué que le bourrelet M, mais il existera.
Les seules masses qui puissent agir d'une façon sensible sur les eaux de l'Océan sont celle de la Lune et celle du Soleil; mais il est facile de voir que si l'action du Soleil est importante à cause de l’'énormité de sa masse, qui est 324 000 fois celle de la Terre, l’action de la Lune, malgré la faible masse de cet astre, est cependant prépondérante à cause de sa proximité de la Terre, dont elle n’est séparée que par une distance égale à 60 fois le rayon terrestre, tandis que la distance du Soleil à notre globe est plus de 23000 fois le rayon de celui-ci.
Or les attractions sont en raison inverse du carré des distances. Si l'on effectue les calculs d’après les formules de la théorie du potentiel, qui fait connaître la valeur des forces attirantes, on trouve que l’action de la Luneest, à celle du Soleil, dans les conditions de position où ces actions sont les plus grandes, environ comme 2,2 est à 1. Les marées lunaires sont donc beaucoup plus fortes que les marées solaires.
Comment se combinent, alors, les actions respectives de la Lune et du Soleil? D'une façon bien simple.
Quand les deux astres sont en conjonction ou en opposition, c’est-à-dire à l’époque des syzygies, leurs actions s'ajoutent ; l'attraction du Soleil agit dans le même sens que celle de la Lune pour « renforcer » les bourrelets M et M’; il y aura donc addition de leurs efforts et nous aurons une marée de viveeau; au contraire, quand le Soleil et la Lune sont en qua-
FIG. 99. — Explication des MARÉES.