I PREMIER GROUPE SECOND GROUPE
OATSMEO TAXE 0,17x30=— 2,1 Jupiter. | 0,17x1—0,34 Mercure. 0,3% x 30—10,2 Saturne.
0,147+x4=—0,68 Vénus. 0,6z x30—20,4 Uranus.
0,17x6=1,02 Terre. | 1,02-30—30,6 Neptune.
0,17x8S—1,36 Mars. | 1,36x30=—40,8 Y.
6,17*16—2,72 Petites planètes.
L'accord des distances déduites de la loi de Reynaud avec les distances planétaires réellement mesurées est des plus remarquables et, en tout cas, beaucoup plus approché que pour la loi de Bode.
Nous verrons, en étudiant les Satellites de Jupiter et de Saturne, que la loi Reynaud s'applique également à ces systèmes de petits corps qui, gravitant autour d’une planète centrale, représentent, en quelque sorte, des réductions du Système solaire.
On remarquera que la loi assigne une distance 0,17 à la pointe intramercurienne inconnue, X ( Vulcain), et la distance 40,8 à la planète ultraneptunienne inconnue, Ÿ (Pluton). Quant au « facteur originel », 0,17, il est déduit par l’auteur de considérations théoriques qui l’'amènent à envisager un nombre limite ayant, précisément, cette valeur 0,17.
116. Quelques détails sur les différentes planètes. — Mercure. — Comme nous l'avons déjà dit, Mercure est difficilement visible à l'œil nu, à cause de son faible éloignement du Soleil qui fait que la planète est presque toujours noyée dans la lumière de l'aurore, ou dans celle du crépuscule.
Nous avons dit, au $ 112, que la plus grande digression de Mercure n'était que de 29 degrés; cela tient à ce que c'est une planète inférieure, c'est-à-dire dont l'orbite est entièrement contenue à l'intérieur de l'orbite terrestre.
Mais quand on peut l'observer avec une bonne lunette, on constate, au premier abord, une particularité très intéressante : Mercure a des phases, comme en présente la Lune dans son mouvement combiné autour de la Terre et du Soleil.
Lorsque Mercure apparait net, le soir, à l'horizon, sa forme est celle d'un disque lumineux.
Mais, à mesure qu'il s'éloigne du Soleil, une des moitiés du disque commence à s'ovaliser, absolument comme le fait celui de la Lune quand elle passe de la phase de la nouvelle lune à celle du premier quartier. Puis, cette ovalisation va en augmentant jusqu'à ce que la moitié du disque lumineux de la planète soit obscurci; Mercure présente alors l'aspect d'un demi-cercle lumineux.
Puis son mouvement recommence dans le sens opposé; la moitié lumineuse du disque se rétrécit encore jusqu'à en faire un simple croissant qui va en diminuant de plus en plus, et enfin la planète arrive à la position qui correspond à l'obscurité du disque tout entier, position qui correspond, pour la Lune, à celle de la nouvelle lune.
Alors les phénomènes reparaissent en sens contraire, mais à l’orient du Soleil cette fois: d'abord un mince croissant qui va en s'élargissant, puis un demicercle lumineux, puis un demi-cercle flanqué d’un ovale grandissant jusqu à l'apparence du disque lumineux complet.
Il y a, toutefois, une différence essentielle entre les phases de Mercure et les phases de la Lune; notre satellite conserve à peu de chose près le même diamètre apparent au cours de sa révolution autour de la Terre, tandis que les dis-
tances qui nous séparent de Mercure changent avec les phases, et changent assez pour modifier considérablement le diamètre apparent de l'astre:le croissant est, d’une façon très sensible, plus grand que le demi-disque, et celui-ci plus grand encore que le disque complet
117.Observation des phases de Mercure. — Du moment que Mercure présente des « phases », il est du plus grand intéret d'observer planète au moment où elles se produisent; l'obliquité de l'éclairage solaire sur le cercle « terminateur » fera alors ressortir les accidents du relief du sol mercurien, absolument comme elle fait mieux ressortir, par la vigueur des ombres propres et par les ombres portées, le relief de la Lune au moment des quadratures qu'à l'époque de la pleine lune.
Tout d'abord, les phases de Mercure présentent un caractère particulier, et bien digne d'être étudié avec soin : la phase observée est toujours plus petite que la phase calculée, et cela, parfois, d'une façon très notable. Nous disons « parfois », car d'après les belles observations de M. LL. Rudaux dans son observatoire de Donville; cette différence ne parait pas avoir une valeur constante.
La majeure partie de ses observations a été effectuée lors des
PHASES et DIMENSIONS APPARENTES de Mercure.
élongations orientales (ou du soir) et, pour ces périodes, il & toujours trouvé la phase déjà « en croissant » . alors que la planète arrivait à l’'élongation et aurait dû se montrer comme un demidisque parfait. La bissection du disque se mani este donc avant l'époque à laquelle elle devrait théoriquement se produire. La moyenne de cette avance est de trois à quatre jours ; mais, comme nous l'avons dit plus haut, ce chiffre var ie entre deux et cinq jours. Pour les élongations occidentales (ou du matin), le méme phenomène a lieu, mais en sens inverse, naturellement. La bissection du disque par le terminateur ne se manifeste qu'après lélongation, avec un retard qui parait du même ordre que l'avance pour les digressions orientales.
Mais, outre ces anomalies apparentes de l'aspect du cercle « terminateur » qui sépare l'ombre de la lumière, on peut remarquer l'apparence suivante : tres souvent, le « terminateur », au lieu de se presenter sous l'aspect d’une ligne géomérique très nette, comme ce la devrait étre pour le cercle qui sépare, sur un globe régulier, obscure, apparait avec des déviations, des déformations qui prouvent bien Pirrégularité de la surface illuminée par les rayons solaires.
Souvent, aussi, la corne australe s'est montrée tronquée, émoussée. En général,
la partie éclairée de la partie
et la phase
Aspect de Mercure en QUADR ATURE (Différence entre la phase OBSERVI CALCULÉE) un grand aflaiblissement de lumière par
MERCURE se montre toujours dans les brumes de l'horizon
ces déformations correspondent aux diverses configurations du disque; les saillies vers l'extérieur paraissent provoquées par les régions claires trent surtout quand des taches sombres occupent partiellement le terminateur.
: les dépressions, au contraire, se rencon-
Les taches sombres, qui parsèment la surface de la planète, sont au moins aussi apparentes que celles de Mars. Elles sont, toutefois, d'une observation difficile à cause de la petitesse du Elles sont, tantot vaguement circulaires, tantôt de forme allongée. Leur coloration est grise avec des teintes plus ou moins foncées à planète, au moins pour les régions qui ne sont pas occupées Sa des taches blan
disque.
tandis que le reste de 1
ches, présente une coloration générale jaunätre ou orangée, rap pelant celle de Mars.
Le bord du disque est blanc, très lumineux; d'une façon générale, la luminosité de l'image de Mercure décroit ces bords vers le centre, qui peut, pariois, se montrer assez sombre.
Outre ces aspects, on note des taches claires plus où moins blanches, dont les figures ci-jointes montrent de bonnes obser vations. Ces taches sont de deux sortes. Les unes sont parfois très vagues, semblent avoir des connexions avec certaines par ticularités du disque ou mème les dessiner:
blanches, sont souvent délimitées en forme de
les autres, tres calottes » et occupent les cornes de la phase, c’est-à-dire, par rapport au Soleil, les points Nord et Sud. Ces dernières ont une grande analogie avec les calottes polaires de Mars.
Toutes ne paraissent pas avoir la mème fixité que les taches sombres; de sorte que si, parmi elles, il en est qui soient dues à de véritables régions plus claires du sol mercurien, elles dot vent cependant, pour le plus grand nombre, ètre causées pal des phénomènes d'ordre essentiellement temporaire.
Comment expliquer ces apparences dont quelques-unes peuvent sembler bizarres?
D'abord, cherchons la raison qui fait paraitre les phases observées différentes des phases calculées. M. Rudaux pense qu'il faut la chercher dans la structure méme du sol de la planète.
Supposons-lui, en ellet, une surtace tres riche en « accidents », comme celle de la Lune, par exemple. À ration de l'ombre et de la lumière, il
limite de sépa
produit, dans ces conditions, grace l'éclairage qui rase le sol, une exagération des ombres portées, exagération qui à pou résultat d'obscureir la majeure partie de ces régions, De plus, les parties éclairées par ces rayons rasants reçoivent moins de lumière que si elles étaient éclairées normalement par les rayons solaires, y aura donc, au voisinage du téerminateur,
106 OUELOUES
rapport au reste de la surface du disque; la fizure schématique cijointe le montre clairement.
\u centre de celuici, l'aspect doit étre encore plus accentué que vers les cornes ou tous les détails sont, de plus, resserrés en perspectiveetse présentent les uns devant les autres, masquant ainsi les parties basses noyées dans l'ombre.
fl en résultera que les cornes paraitront posséder un éclat total supérieur à celui du centre. D'où un assombrissement apparent au milieu du terminateur, qui aura pour effet de faireapparaitre celui-ci comme « creusé ». Par suite, au moment de la bipartition du disque, la phase peut paraitre concave.
Ces apparences sont encore exagérées par la présence, à peu près certaine, d’une atmosphère à la surface de Mercure,
Explication schématique de la DIFFERENCE D'ASPECT des phases.
atmosphère qui a été observée par plusieurs astronomes qui lui attribuaient l'espèce d’auréole dont la planète parait entourée, quand elle passe devant le disque du Soleil. Cette atmosphère différencie nettement Mercure de la Lune, dont le sol présente, lui aussi, de nombreux accidents, mais qui est à peu près complètement privé d'enveloppe gazeuse. Cette atmosphère expliquerait l'illumination plus grande des bords du disque par superpositions, de plus en plus considérables, des couches éclairées.
Quant aux taches blanches, et surtout quant aux calottes polaires, ont-elles une origine météorologique? Sont-ce des nuages sur la planète, des accumulations de glaces vers ses pôles? C'est ce qu'il est assez difficile de décider. Les altitudes des montagnes mercuriennes sont considérables; leur valeur parait être, en moyenne, de 4000 à 5000 mètres, par analogie avec celles de la Lune.
le Mercure d'après les observations suivantes :
ril 1892). — 3. Comas-Sola (29 juin 1900 te ‘udaux (21 sept. 1898 et 1°" juin 1915)