LATITUDES
Pgo) FIG. 7.
Les parallèles et les LATITUDES.
à-dire de l'arc E P. Un degré de latitude occupe donc, en moyenne, une longueur égale à la 90° partie du quart du méridien terrestre, c’est-à-dire une longueur de 111 kilomètres et 111 mètres; une minute de latitude représente la 60° partie de la précédente, c'est-à-dire 1 S52 mètres,et une seconde un peu plus de 30 mètres à la surface de la Terre.
Lalongueur d'une minute, c'est-à-dire 1 852 mètres, constitue ce qu'on appelle le mille marin : c'est une unité adoptée par les marines du monde entier; cette unité, on le voit, est ratfionnelle, comme le mètre : elle est une fraction exacte de la longueur d'un méridien terrestre.
On peut se demander, avec raison, pourquoi les astronomes et les navigateurs n'ont pas adopté la division centésima le de la circonférence, c'est-à-dire n'ont pas divisé le quart de méridien en cent parties au lieu de quatre-vingt-dix : cela serait, en effet, beaucoup plus facile pour les calculs, puisqu'un degré de ce système, ou un « grade », comme on l'a appelé, vaudrait exactement 100 kilomètres; une minute centésimale, un centième de grade ou « centigrade », vaudrait 1 kilomètre, et une seconde centésimale ou 1 « décimilligrade » vaudrait 1 décamètre.
Mais la raison de commodité s’est effacée devant les exigences de la Géométrie. En effet, le seul polygone que l’on puisse inscrire naturellement dans une circonférence de cercle est l'hexagone régulier, que l'on obtient en portant six fois le rayon sur la circonférence:le sous-multiple 6 de la circonférence en est donc une subdivision exacte, et, dans la division du quart de cercle en 90 degrés, c'est-à-dire de la circonférence entière en 360 degrés, son coté correspond à un angle au centre de 60 degrés ; tandis que dans la division centésimale du cercle, cet angle, qui est géométriquement un sous-multiple exact de la circonférence, se mesure par un nombre incommensurable : GG grades, 6666..., ce qui est inadmissible,
Le système centésimal est donc en résumé plus commode; à ce titre il est employé par les topographes, dont il abrège les calculs. Mais les astro nomes, dont les instruments précis exigent une exactitude rigoureuse, emploient toujours le système dit « sexagésimal ».
Remarquons en outre que si le mille marin, longueur d'une minute de méridien, est une mesure rationnelle employée par
FIG. 8. — Inscription de l'hexagone régulier dans une circonférence.
8 RPETEE
es marins de tous les pays, il n’en est pas de même du tandard mile ou statute mile), qui vaut métres : ce dernier est une mesure arbitraire et irration-
jui n'a aucun rapport avec les dimensions de la Terre.
S. La longitude : le méridien initial. — Mais, pour placer un point à la surface dela Terre, il ne suffit pas de savoir qu'il se trouve sur un parallèle déterminé : cela laisserait subsister
une indétermination sur sa position exacte. Il faut connaître une deuxième ligne sur laquelle il se trouve également. Cette deuxième ligne, c'est le méridien.
Imaginons (fig. 9) que nous divisions l'équateur, cette fois, en 360° ou, mieux, en deux fois 1800, à partir d’un méridien initial, en comptant 180° à droite et 180° à gauche. Imaginons en outre que, par chacun de ces points de division, nous fassions passer un méridien; nous partagerons ainsi la Terre, comme un énorme melon, en 360 tranches : 180 à l'est du méridien origine et 180 à l’ouest. Si nous numérotons les méridiens de 0° à 180° dans chaque sens à partir du méridien origine,nous appellerons longitude d'un point de la Terre le numéro du méridien qui passe par ce point. Lalongitude sera est ou ouest,suivant que le pointse trouve dans la partie à droite ou à gauche du premier méridien. Comme les intervalles entre deux méridiens successifs seraient trop grands pour qu'on püt repérer avec précision la position d’un lieu à la surface terrestre, on divise chacun des 180 intervalles en 60 minutes, et chaque minute en 60 secondes.
Dés lors, la position d'un point de la Terre est déterminée exactement si l’on donne sa longitude et sa latitude. Soit, par exemple, le point situé par 37 11’ 20” de latitude nord et 17° 12’ 32” de longitude est; nous savons sur quel parallèle il se trouve, nous savons aussi sur quel méridien; par conséquent sa position est à l'intersection du parallèle et du méridien annoncés.
Il y a toutefois une remarque à faire en ce qui concerne les longitudes; cette remarque est relative au choir du méridien initial à partir duquel on les compte.
Dans le cas des latitudes, nous avons une origine toute naturelle : c'est l'équateur; tandis que, dans le cas deslongitudes, il n'ya aucune raison de choisir un méridien plutôt qu'un autre. Aussi, chaque pays avait-il choisi comme« premier méridien » celui qui passait par l'observatoire de sa capitale.
Il en résultait une confusion très regrettable pour la comparaison des longitudes quand on se servait de cartes provenant de différentes nations. Ainsi, les cartes françaises comptaient les longitudes à partir du méridien de Paris; les cartesanglaises, à partir du méridien de Greenwich; certaines cartes allemandes, à partir du méridien de l'ile de Fer, etc.
Grace à une entente internationale, les divers Etats se sont
DERRESTPTRE
mis d'accord, et les longitudes seront désormais comptées uniformément à partir du méridien de Greenwich. Ainsi s'est faite une unification nécessaire, car elle correspond, comme nous le verrons dans un des chapitres suivants, à l'unification de l'heure sur toute l'étendue de la surface terrestre.
9. Peu d'importance du relief terrestre. — Dans les pages précédentes, nous sommes arrivés à la conclusion première que la Terre était sensiblement sphérique et que son rayon était de 6366 kilomètres.
Cette détermination n'est qu'approchée et nous aurons à revenir sur la façon dont on a pu établir rigoureusement la figure de la Terre. Mais il nous faut répondre dès maintenant à une objection bien naturelle : comment se fait-il que l'on puisse considérer la Terre comme ronde, étant donnés les accidents du relief géographique qui en hérissent la surface de montagnes, quelques-unes très élevées,qui y creusent des vallées ; étant données les fosses profondes que l'Océan recouvre de son manteau liquide?en un mot, comment concilier ce relief extérieur si tourmenté avec la forme sphérique que nous sommes amenés à concevoir pour la Terre?
Il suffit, pour répondre à cette objection, de considérer, non plus une petite région déterminée de la surface terrestre, mais la Terre dans son ensemble.
Qu'est-ce que la plus haute montagne de la Terre par rapport au diamètre de celle-ci? une quantité négligeable. La plus haute montagne du globe, le mont Everest, dans l'Himalaya, a une altitude de 8 800 mètres; ce n’est mème pas la 1 400€ partie du diamètre de la Terre. De sorte que si l'on voulait construire un globe destiné à figurer celle-ci, en lui donnant un mètre de diamètre, le mont Everest n'y figurerait, à l'échelle exacte de sa hauteur, que comme une saillie qui ne serait que de 7 dixièmes de millimètre.
Et il s'agit de la plus haute cime qui se dresse au-dessus du
FIG. 9. — Les méridiens et les degrés de LONGITUDE.
Pacifique À 9788 *
va)
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FIG. 10, — L'ÉPAISSEUR de l'écorce terrestre et ses plus érandes IRRÉGULARITÉS par rapport au rayon de la Terre.