‹ Le ciel. Illustré sous la direction de Lucien RudauxChapitre 125 sur 390 · CANAUX · texte numérisé non relu

CANAUX

Variation d'étendue de la TACHE POLAIRE (26 iuin 10 oct. 1894).

teur de l'observatoire de Lyon, put faire remarquer que, étant donné le diamètre minimum qu'ils auraient dü avoir pour être visibles de la Terre, le produit de ce diamètre par leur longueur dépassait la totalité de la superficie de la planète ellemême !!

Mais ce n'est Non seulement on affirmait voir les : en 1555,

« dédoublaient

canaux, mais el qu'ils se l'astronome Schiaparelli annonça que les canaux aperçus auravant comme formant une ligne simple devenaient, à cer-

pa

tains moments, doubles, formés de deux canaux parallèles orientés suivant la même direction, comme les voies montante et descendante d'une ligne de chemin de fer ; seulement la dis-

tance qui séparait ces deux canaux était considérable et attei-

nait 200 ou 300 kilomètres.

Cette annonce bouleversa l'opinion : du coup, l'ingéniosité des Martiens ne fut plus mise en doute; ces canaux doubles devaient être de gigantesques «travaux publics » qui faisaient le plus grand honneur au corps des Ponts et Chaussées de la planète xaisine.

Ce fut alors que des projets furent édifiés pour avec les Martiens, en établissant dans degrandesplaines,comme dans celles de la Sibérie, d'immenses signaux formés de figures géométriques simples et qui seraient certainement perçus par les habitants de Mars dont l'ingéniosité, qui avait réalisé leurs canaux, avait dû également leur fournir de puissants télescopes. Et, un beau matin, une dépèche d'Amérique annonçait que les Martiens venaient de nous envoyer des signaux de feu ! Pour le coup l'émotion fut à son comble, et une dame riche, sous l'influence d'une excitation généreuse, fonda à l'Académie des Sciences un prix destiné à récompenser les travaux faits en vue de communiquer avec les autres planètes, excepté avec la planète Mars, pour laquelle la chose est trop facile!

Mais, à mesure qu'on se mit à étudier les canaux avec sang-froid et à l’aide d’instruments puissants, 1l fallut revenir peu à peu sur les enthousiasmes du début.

Alors que les observateurs qui se servaient d'instruments de grossissement moyen apercevaient toujours les canaux, ceux, au contraire, qui utilisaient de puissantes lunettes ne les apercevaient pas; ou, s'ils les apercevaient, c'était non pas sous la forme de traits continus, mais bien sous celle de petites taches sombres, alignées à la façon des grains d’un chapelet, et donnant dans un instrument d’une puissance insuffisante l'impression d’une ligne continue.

Cependant l’astronome américain Percival Lowvell a pu obtenir des photographies très nettes de ces canaux, ce qui parait en confirmer l’existence. De plus, les canaux semblent se continuer en ligne droite à travers les taches sombres et paraissent aboutir au voisinage des pôles de la planète. D'autre part, il y a toujours une tache sombre au point d'intersection de deux canaux.

Pour expliquer ces apparences, M. Lowell suppose que, sur Mars, il n'y a plus de mers : l’eau n'y circulerait plus que dans de grands canaux qui sont ceux que nous voyons. Les

causer

grandes taches sombres sont des plaines basses ; les taches claires seraient au contraire de hauts plateaux que, seuls, les canaux pourraient irriguer.

Les lignes que nous voyons dans les télescopes ne seraient, alors, pas les canaux eux-mêmes, mais seulement la bande de terre fertilisée par l'eau d'irrigation qu'ils lui apportent. Ceci parait confirmé par le fait que la teinte de ces lignes, qui doit ètre d'autant plus foncée que la végétation y est plus vive, subit des variations en rapport précisément avec les saisons.

Telles sont les hypothèses les plus vraisemblables émises jusqu ici pour rendre compte du rôle des canaux de Mars. Evidemment, ce ne sont que des hypothèses et il ne faut les admettre que comme telles,‘ surtout en présence des arguments

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Les CANAUX DOUBLES de Mars, d'apres Schiaparelli (1890

Mars : CANAUX et oasis, d'apres la carte de P. Lowell.

si positifs que certains savants ont donnés de la non-existence réelle des fameux canaux.

124. Les satellites de Mars Mars est escorté, dans son parcours autour du Soleil, de deux satellites qui gravitent au tour de lui; ils ont tous deux été découverts par l'astronome américain Hall, de l'observatoire de Washington. Il leur donna les noms effrayants de Phobos et de Deimos (la Crainte et la Terreur).

Phobos est très petit : il n'a que 10 kilomètres de diamètre : Deimos, également, n'en à que 12. Tous deux tournent à peu près dans le plan de l'équateur martien en décrivant des orbites sensiblement circulaires.

Mais ce quicaractérise ces satellites, c'est leur faible distance à la planète, en mème temps que la rapidité de leur mouvement de translation.

Ainsi Phobos accomplit une révolution autour de Mars en 7 heures 39 minutes. Et comme la durée de rotation de la planète est de 24 heures 37 minutes, il en résulte que le satellite tourne autour de la planète beaucoup plus vite que celle-ci ne tourne elle-même autour de son axe. De sorte que les Martiens (s’il en existe, peuvent voir cette Lune, qui leur est parti-

culière, se lever à l'occident et se coucher à l'orient. Chacun de

Le même hémisphere de Mars, d'apres M. Mentore Maggini (1920 ses « quartiers » ne dure que trois heures. Sa distance à la planète n'est que 2,7 fois le ravon de celle-ci. Elle est donc beau coup plus voisine de Mars que la Lune de la l'erre.

Deimos, le second satellite, a un diamètre de 12 kilometres environ ; situé à une distance de \lars égale da 61 fois le rayon de celle-ci, par conséquent à peu pres 9 1oIS plus wrande que Phobos, il accomplit sa révolution en 30 heures 17 minutes.

Ces deux satellites ont, pour les habitants de Mars, un diamètre apparent inférieur à celui du Soleil : les éclipses totales de cet astre sont donc inconnues des hvpothétiques habitants de notre planète voisine

STRUCTURE des régions sombres GUners) de Mars, d'après M, J. Coma

Orbites des deux SATELLITES de Mars )9

{ oct. 1909)

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