‹ Le ciel. Illustré sous la direction de Lucien RudauxChapitre 136 sur 390 · URANUS · texte numérisé non relu

URANUS

DIMENSIONS comparées d'Uranus et de la Terre.

spectrophotographiques de la planète. On peut affirmer déjà, d'après cette série de recherches commencée en 1902, que la rotation d'Uranus est très rapide, c'est-à-dire qu'elle a lieu dans un intervalle de 10 à 12 heures probablement, mais qu'elie est rétrograde, c'est-à-dire qu'elle se fait dans le sens contraire de celle du Soleil et de toutes les autres planètes.

L'analyse spectrale de la lumière de la planète a montré nettement qu'il existe autour d'Uranus une atmosphère qui renferme de la vapeur d'eau, car on en observe les lignes d'absorption caractéristiques; on y trouve en outre des lignes qui indiquent De que l'hydrogène s'y &/ 1 trouve en grande Ô proportion, et cer- | taines raies, comme SZ | | pour Jupiter et Sa- 11/7 || turne, y semblent in- | diquer la présence by,h degazencore incon- = nus sur la Terre, et peut-être analogues à l'hélium et à l'hydrogène.

Comme Saturne et comme Jupiter, Uranus doit donc ètre un monde en formation inachevée.

Sa grande distance au Soleil fait qu'il reçoit de cet astre 360 fois moins de chaleur que la Terre. Si donc la vapeur d'eau existe dans son atmosphère, c'est que l'eau emprunte à la planète elle-même, à défaut du Soleil, la chaleur nécessaire à sa vaporisation; cela tend à confirmer l'hypothèse que la planète est encore, sinon incandescente, du moins à une température très élevée, et que sa surface n'est peut-être même pas solidifiée complètement.

Quatre lunes ou satellites gravitent autour d'Uranus; le tableau suivant donne leurs caractéristiques :

F1G. 106. —- INCLINAISONS et DIMENSIONS des ORBITES des satellites d'Uranus

DISTANCE en (le rayon DUREE INCLINAISON

NOMS de la de la planète : le l'oibite.

est l'unitt ROMAN EIONEE Ariels. secte 7,04 | 976$ Umbriel.... 9,91 | SRE 98° 21” Hitaniass 16,11 8j.26h.56'29" 97° 47 Oberon..... 21,54 131-44h°72%6% 97° 54

Les deux derniers ont été découverts par William Herschel en 1787; les deux premiers par Lassel, en 1851. Comme on le voit par la valeur de leurs inclinaisons, ces

LA PLANETE

satellites tournent dans des plans presque perpendiculaires à celui de l'orbite de la planète. Leur mouvement, regardé de loin par un observateur qui examinerait la projection de l’ensemble du système solaire, est donc en sens inverse du mouve-

ment des satellites des autres planètes : il est rétrograde. Il en

TT

F1G. 107. — Le grand télescope de William Herschel (d'apres un dessin de l'époque).

est de même du mouvement de rotation de la planète elle-même dont l’axe est presque dans le plan même de son orbite. Nous avons vu, d'ailleurs, que les études spectroscopiques avaient confirmé cette maniere de voir. Le sens de rotation des satellites d'Uranus est donc le même que celui des derniers satellites de Jupiter et de Saturne. Ils semblent constituer un premier « groupe » qui suivrait la loi des distances de Reynaud.

130. Neptune. — Jusqu'au milieu du xix° siècle, la planète Uranus fut considérée comme le dernier élément du système solaire, et l'observation du ciel, qui avait amené la découverte des autres planètes, n'avait en aucune façon augmenté le nombre de celles-ci. Mais il était réservé au calcul mathématique de montrer sa toute-puissance et son infaillibilité là où s'arrêtait l'observation directe. C’est, en eflet, par le calcul que fut découverte la dernière planète de notre système, la planète Neptune, et cette découverte est la gloire d'un astronome français justement illustre, Le Verrier.

Les astronomes avaient constaté depuis longtemps certaines perturbations dans la marche d'Uranus; on avait bien cherché à les expliquer par le voisinage de Saturne et de Jupiter; mais on ne tarda pas à s'apercevoir que cette explication ne suffisait pas, et Le Verrier, alors répétiteur à l'Ecole polytechnique, à cette école qui est le plus beau fleuron de la couronne scientifique de la France, entreprit d'en rechercher la cause en l'attribuant à une planète inconnue, dont l'orbite serait située au delà de celle d'Uranus et dont la masse serait l'inconnue du problème.

Comme il lui fallait une donnée numérique at départ de ses calculs, il admit d'abord que la distance de l'astre inconnu devait être donnée en ajoutant un terme à la série fournie par la loi de Bode, et, par conséquent, il supposa que la planète inconnue devait graviter à la distance du Soleil 387, celle de la Terre étant 10. Il calcula alors, en appliquant les lois de la mécanique céleste, quelles devaient être la masse et la vitesse de translation de la planète inconnue pour produire sur Uranus les perturbations observées. :

Les calculs durèrent plus de douze mois; enfin, le 31 août 1846, il présentait à l’Académie des sciences le résultat de ses longues études; il établissait la distance exacte de la planète inconnue au Soleil, distance qui était 350 au lieu de 587, et il indiquait sa position exacte dans le ciel. Et le 23 septembre un astronome de Berlin, Galle, ayant dirigé sa lunette sur le point

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