‹ Le ciel. Illustré sous la direction de Lucien RudauxChapitre 148 sur 390 · COMÈTE · texte numérisé non relu

COMÈTE

DEAALLEY

Dessin de L. Rud'ux.

La QUEUE de la comète de Halley vue à l'aurore, le 16 mai 1910

découverte par M. Reid à l'observatoire du Cap, le 20 janvier 1922. Elle est inscrite sous la rubrique 1922 — I. Son mouvement diurne est — 56" en ascension droite et — 7' en déclinaison. Quant à son éclat, il est tres faible. Elle se trouvait, à la date de sa découverte, au sud-est de la petite constellation australe appelée la machine pneumatique.

138. La Terre a-t-elle des chances de rencontrer une comète ? — Cette question est une des plus fréquentes qui soient posées aux astronomes.

Elle résume en eflet une crainte, une sorte d'angoisse qui préoccupe l'esprit humain à la pensée d'un cataclysme possible qui mettrait, dans l'opinion générale, fin sinon à la Terre entière, du moins à l'existence d'une grande partie de ses habitants.

Nous allons essayer de répondre, aussi clairement que possible, à cette troublante question.

D'abord, la rencontre est-elle possible ?

Oui, elle l’est, car les orbites de plusieurs comètes coupent celle de la Terre. Il faudrait donc, pour qu'il y eût rencontre, que la comète et la Terre se trouvassent, au même moment, au point précis où leurs deux orbites se coupent.

Évidemment la chose est possible, mais si on lui applique les règles du calcul des probabilités, on trouve qu'il y a 251 millions de chances pour que lechocn'ait pas lieu, contre une seule chance pour qu'il se produise.

Voilà une première conclusionfaite pour nous rassurer un peu. Remarquons toutefois que les résultats du calcul des probabilités ne sont \rais que pour un nombreïin/inide cas, etnullement pourun cas isolé. Dans un tirage où il y a un million de billets, chacun d'eux n'a qu'un millionième de chance de sortir ; il yen a, cependant, un qui gagne le « gros lot ».

En second lieu, examinons ce qui se passerait suivant

que la Terre rencontrerait la tête ou la queue de {a comète.

Nous avons dit combien étaient cométaires.

faibles les masses Alors que la masse de la Lune, déjà si petite par rapport à celle de notre globe, en est la 80 partie, les masses des comètes en sont au plus La 200 000: partie et, même, souvent beaucoup moins. Malgré cela cette masse peutatteindre, comme pour le noyau de la comète de Halley, 30 millions de tonnes. réparties il est vrai sur un volume considérable, ce qui leur donne une très faible densité.

La tête de la comète est constituée par des fragments solides, par des météorites, blocs minéraux dont les dimensions vont du grain de poussière au bloc de plusieurs tonnes.

Évidemment, si de pareils blocs, tombant à la vitesse énorme de, 70 kilomètres par seconde, venaient à rencontrer la Terre, celle-ci n'en serait pas affectée dans son ensemble, mais le lieu de la chute serait fortement endommagé et, pour employer une familière, « 11 y aurait de la casse

locution : des monuments, des quartiers entiers d'une grande cité et beaucoup de vies humaines pourraient être détruits.

Ilen esttout autrement en ce qui concerne la queue. Celle-ci est constituée de molécules gazeuses très raréfiées et de particules, extrêmement ténues, que la « pression de radiation », provenant de la lumière solaire, oriente dans la direction contraire à celle de l'astre.

Le passage de la Terre à travers un milieu aussi raréfié serait certainement inaperçu, et, malgré la présence de gaz, comme le cyanogène, dont on a constaté les raies dans le spectre cométaire, il n'en résulterait aucune chance d'asphyxie pour les habitants de la Terre, ces gaz étant, dans les queues des comètes, à un ctat de raréfaction extrème.

D'ailleurs, le fait s'est certainement produit plusieurs fois dans l'histoire, et sans le moindre dommage pour nous.

Ainsi, le 30 juin 1861, une grande comète était visible dont la queue était, pour ainsi dire, « couchée » dans le plan de l'orbite terrestre : notre globe a donc dû traverser cette queue. Tout au plus les astronomes ont-ils pu constater une légère luminescence du ciel analogue à une très faible aurore boréale. Quant à la comète de Halley, revenue à nous en 1910, peut-être avons-nous traversé sa queue? la question n'est pas nettement tranchée. Le 19 mai 1910, la longueur de la queue était suffisante et s'étendait bien au delà de l'orbite terrestre; mais celle-ci l'a-t-elle coupée dans la soirée ou dans la nuit du 19 mai? C'est ce qui n'est pas prouvé. Ce qui est certain, c'est qu'aucun phénomène digne de remarque n’a été observé à cette occasion.

Dessin de L, Rudaux

La COMÈTE DE HALLE Y dans le ciel du soir au début de juin 1910, La comète s'en va. et ne reviendra qu'en 1986

ue d’une comète est donc, d’une façon nous.

iles filantes. Quand on observe le ciel d’une r, au cours de chaque nuit, s’alluste des points brillants dont l'éclat est

s étoiles ordinaires; mais au lieu d’être, ci, fixes parmi les constellations, ces points brillants s'y meuvent avec une grande vitesse, en laissant derrière ne trainée lumineuse, à la facon des fusées des feux d’arti-

fice; puis ils disparaissent tres rapidement. Ce sont ces points brillants qui constituent les éfoiles

filantes.

L'apparition des étoiles filantes est tantôt un phénomène isolé, tantôt un phénomène collectif; cela veut dire, en d’autres termes, que tantôt ces apparitions sont rares et solitaires, tantôt au contraire elles sont périodiques et nombreuses.

Aussi les astronomes distinguent-ils entre les étoiles filantes

Aldébaran

RADIANT des PERSEIDES. (Etoiles filantes d'août.

sporadiques ou isolées et les étoiles filantes qui se rencontrent simultanément à certaines époques en constituant de véritables essaims.

Le mois d'août est une des époques de l’année où les étoiles filantes abondent, et la légende populaire les a baptisées du nom de « Larmes de Saint-Laurent ».

Plaçons-nous donc, au cours d’une soirée du mois d'août, en un lieu bien découvert, d’où l’on puisse observer aisément le ciel; nous sommes vite frappés de l'abondance des étoiles

filantes qui se manifestent à nos yeux sous forme d’étincelantes fusées.

Mais si, par la pensée, nous prolongeons les trajectoires individuelles de chacune de ces fusées, nous aurons vite fait de reconnaitre que toutes ces trajectoires semblent partir d’un méme point du ciel, situé dans la constellation de Persée. Ce point s'appelle le radiant de l’essaim d'étoiles filantes et cet essaim lui-même, à raison de la position de son radiant, s’appelle | l P rséides.

Nous ax nème, l’essaim des Lyrides, du 16 au 22 avril, dont le rad la Lure: celui des Orionides, du 9 au 29 octobre, iant est dans la constellation d'Orion ; celui des 1 iu 17 novembre, dont le radiant est dans la const Lion; l'essaim des Andromédéides, du 25 au 30 nover le radiant se trouve dans la constellation d'Androm iutres dont on trouvera la nomenclature dans les annu: ronomiques.

Ainsi, toutes les étoil semblent sortir du même point; en réalité, c’est là et de perspective, comme

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