‹ Le ciel. Illustré sous la direction de Lucien RudauxChapitre 150 sur 390 · FILANTES · texte numérisé non relu

FILANTES

étre

CORPUSCULES magnétiques, probablement d'origine MÉTÉORIQU E, recueillis dans la neige (L. Rudaux).

Ces radiants ne sont pas simultanément en activité : les uns fonctionnent pendant plusieurs mois de l’année, et on les nomme pour cela des radiants permanents. Les autres (et c'est le plus grand nombre) nesont en activité que pendant quelques jours consécutifs, mais alors cette activité parait surexcitée et cela d'autant plus que la période de vie du radiant est plus courte.

On cite des exemples classiques de l’activité extraordinaire de certains radiants et, en particulier, celui qu'a observé à Rome le R. P. Denza dans la nuit du 27 au 28 novembre 1872; au cours de cette nuit, il observa plus de 30000 étoiles filantes, et, au moment du maximum, on peut estimer leur nombre à plus de #00 par minute.

D'autre part, c'est un fait d'observation que les radiants reparaissent périodiquement. Deux d'entre eux surtout se font remarquer par la régularité de leurs apparitions : le premier, qui apparait aux environs du 10 août dans la constellation de Persée, donne naissance à cette véritable pluie d'étoiles filantes que l’on observe alors et que l’on appelle, à cause de leur origine, l’essaim des Perséides; le second se montre aux environs du 12 novembre dans la constellation du Zion et donne naissance à l’essaim d'étoiles filantes appelé essaim des Léonides.

Les météorologistes attribuent une grande importance à ces deux essaims pour expliquer les particularités de température de l'« Eté de la Saint-Martin » et des « Saints de glace qu'au 11 novembre, l’'essaim des Léonides se trouve de l’autre côté de la l'erre par rapport au Soleil, et sert aussi de réflecteur à la chaleur de celui-ci, de là le surcroit de température qui constitue l'Eté de La Saint-Martin. Au contraire, six mois après, les 11, 12 et 13 mai, cet essaim, placé alors entre la l'erre et le Soleil, arrèterait une partie de la chaleur de l'astre : froids caractéristiques de ces trois jours, dont les saints corsaint Pancrace, saint Mamert et saint Servais, sont appelés les Saints de glace.

», parce

d'où les respondants :

La régularité avec laquelle les radiants ramènent chaque année leurs essaims d'étoiles filantes est une indication précieuse pour remonter à l'origine de ces métcores.

Le Soleil, en eflet, n'est pas fixe dans le ciel, mais chemine vers l'étoile Wega à la vitesse de 20 kilomètres à la seconde. Si donc la l'erre, en parcourant son orbite, rencontre tous les ans les mêmes essaims, c'est que ceux-ci participent également au mouvement d'ensemble du système solaire, pour pouvoir se retrouver à point nommé sur la route de la lerre,

Les corpuscules solides qui constituent les étoiles filantes doivent donc décrire autour du Soleil des trajectoires fermées, elliptiques à la façon des comètes. Et comme, d'autre part, les

l’on a faites sur les étoiles filantes monpropre », abstraction faite de celle de la , est sensiblement la mème que celle des 1 de rechercher dans les comètes l'origine t des météorites.

leur noyau constitué par des morceaux so-

l ucues sont formées de molécules gazeuses et de fines particules de « poussières cosmiques » sur lesquelles agit

la pression de radiation engendrée par la lumière solaire. Ceux le ces morceaux, assez petits, qui pénètrent dans l'atmosphère terrestre deviennent des étoiles filantes.

Les comètes sèment, abandonnent sur l'itinéraire de leurs trajets allongés, ces débris qu'elles renferment et qui demeurent obscurs tant qu'ils-sont dans l'espace vide qui sépare les corps célestes les uns des autres; on ne peut mieux les comparer qu'à un chapelet dont les grains seraient plus ou moins pressés. Les parties épaisses du chapelet constituent les « essaims » d'étoiles filantes.

A des époques déterminées, la Terre rencontre ces « colliers » cométaires qui, obscurs dans le vide intersidérai, deviennent incandescents en traversant l'atmosphère terrestre dont le frottement les échaufte et les volatilise; ce sont alors les « pluies d'étoiles filantes ».

Ainsi les étoiles filantes proviennent des comètes dont elles sont les débris, les produits de désagrégation. S'il en est ainsi effectivement, on doit pouvoir déduire leur trajectoire de celle des comètes. C’est en effet ce que l'observation confirme.

La grande comète de Biéla, dont nous avons déjà parlé, était formée d'un gros noyau que terminait une petite queue rectiligne. Un dédoublement se produisit dans le noyau; ce dédoublement s’accentua de plus en plus à chaque nouvelle apparition de la comète, apparition qui avait lieu tous les six ans.

En1852,c'étaitdeux novaux cométaires, au lieu d'un, qui étaient nettement visibles.

Mais on ne les revit, ni en 1859, ni en 1866, dates auxquelles le calcul indiquait que leur orbite devait couper celle de la Terre. Il en fut de méme en 1872, au mois de novembre. Seulement, cette annéelà, on put observer, le 27 novembre, une véritable pluie d’étoiles filantes : c’est celle qu'observa le Denza à Rome,

où il compta plus de 30 000 étoiles filantes en six heures. Ce cas n'est pas isolé; les « courants météoriques » ont chacun «leur comète », et ces courants sont tellement nombreux que la Terre en croise chaque jour sur sa route à travers l'espace. Celui des Léonides suit exactement l'orbite de l'ancienne comète de Tempel, observée en 1866. Celui des Perséides suit l'orbite de la troisième comète de 1862, comète que l’on n’a pas revue, car sa période est de 121 ans, mais dont l'orbite est marquée par un de ces «chapelets » à grains innombrables dont nous parlions précédemment. L'orbite de cette comète est une immense ellipse dont le

DÉDOUBLEMENT de la comète de Biéla :

en 1846, d'apres Struve ; 2.En 1852, d'après le P.Secchi. P

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