Capella, 17. Fomalhaut
8. Procyon. 18. 6 de la Croix du Sud 9. Bételgeuse. 19. Regulus.
10, : du Centaure. | 20. Pollux.
Les astronomes allemands classent souvent dans la 1'° gran deur une 21° étoile : Déneb ou x du Cygne.
Les étoiles se classent, de grandeur en grandeur, jusqu'à la sixième, qui marque la limite des étoiles visibles à l'œil nu. Cependant, certains observateurs étant doués d'un organe visuel pouvant apercevoir sans le secours des instruments jusqu'à la 7° grandeur, c'est ce degré que l’on considère aujourd'hui comme la limite extrème des étoiles visibles à l'œil nu.
Au delà de la 7° grandeur, les étoiles ne sont plus visibles que dans les instruments d'optique : lunettes ou télescopes, et l’on peut ainsi apercevoir les étoiles jusqu'à la 17° grandeur. Les étoiles dont l'intensité lumineuse est inférieure à la 17e grandeur ne sont connues que par les photographies du ciel et par l'impression qu'elles laissent sur les plaques qui font, grace au mouvement de l'équatorial photographique, des poses prolongées.
En général, les mesures photométriques ont montré que, de deux astres qui sont classés dans deux ordres de « gran-
deur » consécutifs, le plus brillant l'est 2 fois et demie plus
que le moins brillant, c'est-à-dire que son éclat est 2 fois et demie plus fort. Cet éclat peut se déterminer expérimentalement au moyen de photomètres spécialement construits pour les mesures stellaires, et, dans ces mesures, on prend, comme unité d'éclat, celui de l'étoile Arcturus : on mesure alors l'éclat
Ces disques blancs sont proportionnels aux ECLATS des étoiles de GRANDEURS correspondantes
d'une étoile en unités et en dixièémes. Et, comme il y a des étoiles, comme Canopus et Sirius, par exemple, qui sont plus brillantes qu'Arcturus prise pour unité, la mesure de leurs éclats est affectée du signe moins.
147. Nombre des étoiles visibles. — Quand on regarde le ciel par une nuit claire, on est impressionné par le nombre, en apparence incalculable, des points lumineux qui en tapissent la voûte sombre. Mais quand on passe à la numération isolée des étoiles, on constate que le nombre de celles qui sont visibles à l'œil nu est bien inférieur à ce que l'imagination avait déduit de la première contemplation du firmament,
En admettant (ce qui est vrai pour la plupart des observateurs) que la 6° grandeur marque la limite de visibilité à Pœil nu, les astronomes ont compté un peu plus de 7600 étoiles visibles directement sans le secours des instruments d'optique, et, pour la moyenne des observateurs, ce nombre ne dépasse
ÉDOMÉESMMNISIBLES ET LEURS
6 CRANDEURSE 141
Un ÉQUATORIAL PHOTOGRAPHIQUE (de l'observatoire de Barcelone)
pas 6000. Comme, d'autre part, on n'aperçoit à la fois qu'une moitié de la voûte céleste, et que les étoiles d'éclat plus faible sont invisibles près de l'horizon, il en résulte qu'on ne peut guère voir, d'un point donné de la Terre, plus de 2 000 à 2 500 étoiles à l'œil nu.
En admettant le chiffre total maximum de 7600 étoiles
visibles à l’œil nu sur le ciel entier, elles se répartissent ainsi : 20 étoiles de première grandeur 53 — deuxieme = < — troisième — 206 = quatrième — 1 740 — cinquième — 5 170 — sixième
Nous avons déjà dit-que certains observateurs, doués d'une vue particulièrement sensible, peuvent apercevoir à l'œil nu les étoiles de 7° grandeur; toutefois ils Sont peu nombreux; il convient donc de limiter à la 6° grandeur la visibilité des étoiles sans le secours des instruments d'optique.
Quant aux étoiles visibles dans les instruments d'’astro nomie, lunettes ou télescopes, leur nombre s'est vite augmenté à mesure que croissaient la puissance et la perfection des ins truments.
Ainsi, en 1830, Jérome de Lalande dressait un catalogue de 48 S00 étoiles reperces, En 1862, l'astronome \rgelander a élevé ce nombre à 32% 200 étoiles et, à partir de 1865, les observatoires arrivaient en quelques années à cataloguer près de 500 000 étoiles, jusqu'à la 9° grandeur inclusivement. Aujourd'hui, grace à la « carte photographique » du ciel, les plaques sensibles enregistrent jusqu'à la 2/° grandeur et permettent le dénombrement de près de six cent millions d'étoiles.
Avant l'établissement de la carte photographique du ciel, les principaux catalogues d'étoiles, sans remonter à ceux d'Hipparque et de Ptolémée, sont ceux d’Argelander, continué par Schœnfeld, ceux de Poulkowa et de Greenwich, ainsi que des catalogues « par zones » dressés par Bessel, Gould et d'autres astronomes; Lalande avait dressé un catalogue détaillé.
Struve avait cru remarquer que, Jusqu'à la 6° grandeui inclusivement, le nombre des étoiles de chaque classe est environ le triple du nombre des étoiles de la classe précédente
Cette loi est à peu près exacte, car, en l'appliquant au nombre des étoiles jusqu'à la 1S° grandeur, qui était, il y a
EES
Un coin du ciel dans la constellation du Cygne; les ÉTOILES pourvues de rayons sont les seules qui soient visibles a l'ŒIL NU.
peu de temps encore, la limite d'observation par voie photographique, on arrive à calculer la somme des 18 premiers termes d’une progression géométrique dont le 1°" terme est 20 (nombre des étoiles de 1"° grandeur) et dont la raison est 3; on trouve ainsi environ 600 millions. Or, le nombre des étoiles observées parait étre de 500 millions ; c'est donc un accord satisfaisant avec les faits.
Par des considérations théoriques, lord Kelvin d’une part et Henri Poincaré d'autre part estiment le chiffre des étoiles observables à 1 milliard. Le nombre calculé par la loi de Struve est donc intermédiaire entre les deux.
148. Description du ciel et des constellations. — Les alignements. — Aujourd'hui que l'on connait, pour chaque étoile, son ascension droite et sa déclinaison consignées sur les catalogues des observatoires, on peut dresser des cartes du ciel, ayant comme coordonnées les ascensions droites et les déclinaisons, tout comme on a dressé des cartes terrestres ayant comme coordonnées la longitude et la latitude géographiques de différents points du globe.
Un moyen bien simple de s’entrainer à reconnaitre les constellations dans le ciel consiste à comparer l'aspect de celui-ci à une carte céleste. Mais quand on n'a pas de carte du ciel à sa disposition, on peut cependant, à l'aide de certains points de repère, retrouver par des alignements successifs les principales constellations. Dans nos régions de la France, le point d'où l’on part est la constellation de la Grande Ourse, constellation circumpolaire toujours située au-dessus de l'horizon dans nos pays. Pour l'observer, il faut se tourner dans la direction du nord.
La constellation de la Grande Ourse ou du Chariot renferme sept étoiles principales, toutes A de 2° grandeur, à a l'exception de l'é- + co toile à qui est de
PL 1 L 3 grandeur. Les GOCICE étoiles <, €, n, forment la queue de la Grande Ourse; on appelle parfois cette
% À Ca ©
constellation du nom de Chariot :
alorsles quatre étoi les «, 6, y, à, figurent les roues du véhi-
cule, et €, C 1, en
représentent le éimon, ou encore les
Les POSITIONS à GR OURSE (à 9 heures du soi ÉRI EPOQUES
ANDE NTES
CONSTETLEATMTIONS
chevaux du Chariot, que l’on appelait, au moyen âge, le « Chariot du roi David ».
Or, la ligne 6, prolongée dans la direction de + d’une longœueur égale à 4 n, passe à côté d’une étoile de 2° à 3° grandeur, qui a une importance considérable ; à cause de sa grande proximité du pôle céleste, elle parait, en eflet, à peu près immobile au milieu du ciel, dont le mouvement apparent semble ainsi se faire autour d'elle. On l'appelle l'étoile polaire.
La connaissance de l'étoile polaire facilite l’orientation; il suffit de se tourner de façon à l’avoir devant soi pour faire, en même temps, face au nord, tourner le dos au sud, avoir l'est à sa droite et l’ouest à sa gauche.
La Polaire est la troisième étoile de la queue d’une constellation semblable en tous points à la Grande Ourse, mais plus petite qu’elle et tournée en sens inverse; on l'appelle la Petite Ourse.
Si nous joignons par une ligne droite à de la Grande Ourse à l'étoile polaire et que nous prolongions cette ligne d'une quantité égale à elle-même, nous arrivons à une constellation représentant vaguement un cerf-volant en losange avec sa queue, et que l’on appelle Cassiopée, constellation toujours diamétralement opposée à la Grande Ourse par rapport à l'étoile polaire.
Si nous prolongeons maintenant au delà de la Polaire la ligne qui nous a servi à en déterminer la position, nous rencontrons une constellation formée d'un carré de magnifiques étoiles, et qu'on appelle le carré de Pégase. La 4° étoile de ce carré est x d'Andromède. Si l'on joint « de Pégase et x d'Andromède, on trouve les étoiles 5 et y d'Andromède qui forment également comme la queue d’un cerf-volant qui serait le carré de Pégase.
Cette queue se continue et se termine par l'étoile « de la constellation de Persée, figurant une sorte de barrette fixée à la queue de ce cerf-volant, qui a quelque analogie d’aspect avec celui de la Grande Ourse. L'étoile x de Persée se trouve encore sur un autre alignement: celui de x y du rectangle de la Grande Ourse.
La ligne «6 de la Grande Ourse, prolongée du côté opposé à la Polaire, traverse la belle constellation du Lion dont l'étoile z, de 1": grandeur, porte le nom de Régulus.
La seconde diagonale 5 à de la Grande Ourse, prolongée du côté de 6, va rencontrer x et £ de la constellation zodiacale des Gémeaux. Ces étoiles x et 5 sont nommées Castor et Polluz. Cette ligne à 6, après avoir laissé à sa droite la superbe étoile de 1r grandeur Procyon, de la constellation du Petit Chien, va rencontrer ensuite l'étoile la plus brillante visible au ciel boréal, Sirius, de la constellation du Grand Chien.
Si l’on prolonge la ligne 6 y d'Andromède au delà de x de Persée, on rencontre une étoile de 1"° grandeur : c'est x du Cocher ou la Chèvre. Et la direction de à x de la Grande Ourse, prolongée au delà du Cocher, vient rencontrer la constellation du T'aureau, en passant près d’une magnifique étoile de l'e grandeur, Aldéran ou « l'œil du Taureau ».
Dans cette même constellation du Taureau sont les Pléiades et les Hyades; les Pléiades sont communément appelées, en France, « la Poussinière ». La ligne qui joint la Polaire à la Chèvre, prolongée au delà de la Chèvre, vient rencontrer Orion, la plus belle constellation du ciel.
Orion est une constellation équatoriale et renferme sept étoiles principales dont quatre sont en rectangle et renferment les autres qui sont en ligne droite serrée à l’intérieur, et constituent ce quon appelle le Baudrier d'Orion. Deux des sommets du rectan-
+ Austral
gle sont formés d é- Les POSITIONS successives de la CROIX DU
toiles de 1'° gran- SUD (à 9 heures du soir), aux DIFFÉRENTES deur ; ce sont : x ou ÉEPOQUES de l'année.
Bételgeuse et B& ou Rigel; la troisième, de 2° grandeur, est y ou Bellatrix. Quant à la ligne du Baudrier prolongée, elle va rencontrer Sirius du Grand Chien.
La queue de la Grande Ourse prolongée passe près d'une étoile de 1" grandeur, « de la constellation du Bouvier : c'est Arcturus, qui est, après Sirius, la plus belle étoile du ciel boréal. C'est Arcturus qui a été pris comme unité d'éclat pour la mesure des éclats relatifs des étoiles.
Enfin, sur le prolongement de laligne joignant 5 de la Grande Ourse, & de la Petite Ourse et « d'Andromède, se trouve le point y ou équinore de printemps.
Dans l'hémisphère austral se trouvent des étoiles dont plusieurs sont invisibles à Paris : notamment la Croir du Sud qui, par sa proximité du pôle austral, joue pour l'orientation pendant la nuit, dans l’autre hémisphère, le rôle de la Polaire dans la nôtre; l'étoile x du Centaure, la plus voisine de nous; elle n’est qu'à 41000 milliards de kilomètres de la Terre, de sorte que la lumière, qui chemine dans l’espace, à raison de 300000 kilomètres à La seconde, ne met que # années et un liers à nous arriver de cette étoile. Dans l'hémisphère austral brille encore Canopus, de la constellation du Navire, la plus éclatante et la plus grosse de toutes les étoiles qui brillent au firmament. Elle se trouve dans la constellation du Navire, et constitue un soleil plus de 3 millions de fois plus gros que le nôtre!
Nous donnons, sur de petites cartes, les aspects du ciel aux divers mois de l’année, à 9 h. 1/4 du soir. Pour chaque mois, il y a deux demi-cercles, l'un figurant la moitié nord de la voûte céleste apparente, l’autre la moitié sud; on peut y reconnaitreles principales constellations. Nous n'y avons pas fait figurer les planètes, dont les positions, qui changent d'une année à l’autre, sont indiquées dans les Annuaires astronomiques.
149. Modifications de l'aspect du ciel en un même lieu. — Si, lorsqu'on est placé en un lieu déterminé, à Paris, par exemple, on observe attentivement le ciel et ses constellations, tous les jours et à la même heure, par exemple à 21 h. 1/4 (9 h. 1/4 du soir), on constate que, si l’on a vu une constellation déterminée, Orion, par exemple, dans une direction bien repérée, trois ou quatre jours après, à la méme heure, cette constellation n'occupe plus la mème position : ce sont d’autresétoiles quisont venues prendre sa place.
Ce déplacement augmente avec le temps; si on mesure sa valeur angulaire, on constate qu'elle atteint 30 degrés par mois (ce qui fait deux heures en ascension droite). Si bien que, si nous avons vu, par exemple, Orion à l’est de l'horizon un certain jour, six mois après, à la même heure, il sera à l’ouest, ayant parcouru, en apparence, dans le ciel, un arc de 180 degrés.
C'est ce « déplacement apparent » qui nous oblige à donner nos petites « cartes de l'aspect du ciel » de mois en mois.
Nous les avons données pour 9 h. 1/4 du soir : c'est le moment où, dans nos régions, pendant l'été, la nuit permet les observations. Si, donc, on veut avoir l'aspect du ciel, au mois de janvier, non plus à 9 h. 1/4, mais à 11 h.1/4, c'est-à-dire deux heures plus terd, il faudra prendre la carte du mois suivant à 9 h. 1/4, c'està-dire celle de février.
La raison de ce « déplacement apparent » est des plus simples : elle tient à l'inégalité du jour solaire et du jour sidéral. Ce dernier est défini par le mouvement de la sphère céleste, tandis