‹ Le ciel. Illustré sous la direction de Lucien RudauxChapitre 160 sur 390 · LES ÉTOILES · texte numérisé non relu

LES ÉTOILES

que celle du Soleil ne comporterait qu'un nombre de 44 chiffres, exprimée en milligrammes !

Connaissant la parallaxe des étoiles, on peut mesurer leur diamètre réel, d'après leur diamètre apparent, puisque leur distance est connue à l’aide de la parallaxe. Les mesures photométriques permettent également de faire sur ce sujet des conjectures plus ou moins entachées d'incertitude.

Ainsi, d'aprés la loi de l'intensité lumineuse, qui décroit proportionnellement au carré de la distance, notre Soleil, reculé à la distance de l'étoile Wega, serait 47 fois moins lumineux que cette étoile. Wega est donc un astre beaucoup plus grand que le Soleil. Toutefois, l'incertitude où l'on est sur les détails des rayonnements respectifs des deux astres, sur leurs températures, sur celles de leurs photosphères, affecte profondément ce résultat qui ne peut être donné qu'à titre d'indication générale.

Ainsi, on peut déduire que Sirius est beaucoup plus grand que notre Soleil; que la Chèvre est plus grosse encore. Rigel, l'étoile la plus brillante de la belle constellation d'Orion, a une parallaxe absolument nulle; elle doit donc être, quoique de première grandeur, extrèmement éloignée de nous, ce qui est confirmé, d’ailleurs, par le fait qu'elle ne parait avoir aucun mouvement propre apparent. Etant donné d'une part son éclat exceptionnel, d'autre part sa distance immense, on peut affirmer qu'elle est des centaines de mille fois plus grosse que notre Soleil. Quant à Canopus, visible seulement dans l'hémisphère austral, dans la constellation du Navire, et qui est la plus grosse étoile visible dans le ciel, elle est, peut-être, plus d'un million de fois plus grosse que notre Soleil.

Nous verrons, en étudiant les méthodes nouvelles d'observation, comment on a pu arriver aujourd'hui à connaître avec précision les grandeurs et les distances d'un nombre bien plus grand d'étoiles. Nous verrons aussi, en parlant des derniers progrès de l'Astronomie, comment on peut déterminer la température des étoiles et mesurer directement, à l’aide des interférences de la lumière, le diamètre -de quelques-unes d'entre elles. :

152. Les étoiles multiples. — Parmi les étoiles qui nous paraissent comme des points lumineux quand on les observe à l'œil nu, il en est un grand nombre qui, observées au contraire à l’aide d'un instrument un peu puissant, se dédoublent en deux autres, très proches l’une de l'autre. Il en est même qui se décomposent en {rois ou un plus grand nombre d'étoiles élémentaires, très rapprochées les unes des autres, et dont les rayonnements sont même, parfois, de couleurs différentes : ce sont les étoiles doubles et les étoiles multiples.

Remarquons tout de suite qu'il existe, dans les étoiles doubles, deux catégories bien distinctes.

Les unes paraissent doubles par une simple coïncidence de direction qui aligne à peu près l'un contre l'autre les rayons visuels allant à deux astres, souvent très éloignés et qui ne font que se « projeter » très près l’un de l'autre sur la voûte céleste; elles constituent ce qu'on appelle une étoile opfiquement double; ce n'est alors qu'une simple apparence.

Mais il en est tout autrement des étoiles doubles du second groupe, de celles qui sont constituées par deux étoiles brillantes, rapprochées l’une de l’autre, gravitant l’une autour de l'autre en obéissant aux lois de l'attraction universelle : celles-là constituent des étoiles physiquement doubles et intéressent au plus haut degré la curiosité des astronomes.

C'est ainsi que Sirius, par exemple, la plus brillante étoile du ciel boréal, n’est pas seule : elle a un compagnon (c'est sous ce nom qu'on a désigné la seconde étoile qui gravite autour d'elle).

On avait constaté depuis longtemps que le mouvement de déplacement dont cette étoile est affectée (nous parlerons plus loin des mouvements propres des étoiles) n'est pas uniforme et présente, au contraire, un certain nombre d'irrégularités. En 1850, l'astronome Peters, attribuant ces irrégularités à l'action perturbatrice d'un astre voisin, avait calculé l'orbite que devait avoir théoriquement cet astre. Ce « compagnon de Sirius », qui est une étoile de 8° grandeur, fut aperçu pour la première fois en 1862; une fois qu'il put être observé régulierement, on constata qu'il avait eflectivement l'orbite prévue par la théorie. Il semble mème qu'un troisième astre occasionne d'autres perturbations encore.

La distance colossale à laquelle se trouve Sirius fait que les deux étoiles paraissent coincider; en réalité leur distance

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moyenne est de plus 5 milliards de kilomètres. Et l'on a pu déduire de la vitesse du mouvement de son « compagnon » que la masse de Sirius était environ 15 fois plus forte que celle

© Ô N F1G. 120. — ORBITE APPARENTE du compagnon de Sirius, d'après Aitken.

de notre Soleil. Nous verrons, un peu plus loin, un cas analogue pour l'étoile A/gol.

Les astronomes ont pu cataloguer plusieurs milliers d'étoiles doubles. En voici quelques-unes, dont les noms sont suivis du temps employé par l'étoile satellite pour effectuer une révolution complète autour de l'étoile principale :

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