‹ Le ciel. Illustré sous la direction de Lucien RudauxChapitre 165 sur 390 · LA. VOIE · texte numérisé non relu

LA. VOIE

LACTEE

rées les unes des autres, en moyenne, par des distances équivalentes à celles qui nous séparent des étoiles les plus voisines de nous, on trouve que les plus lointains soleils de la Voie lactée doivent être au moins cinq cents fois plus éloignés de nous que ceux qui sont les plus proches, et comme la lumière de ceux-ci met D ans à nous parvenir, celle des étoiles situées aux limites extérieures de la Voie lactée doit mettre 2500 ans à nous arriver, ce qui comporte comme conséquence qu'un rayon lumineux met au moins 3000 ans à traverser la Voie lactée dans toute sa largeur, suivant un de ses diamètres. Celui-ci serait donc de 9 000 années-lumière. Nous verrons plus loin que ces distances, d’après les travaux récents, doivent être fortement augmentées.

Par suite de la forme aplatie de cet immense amas, son épaisseur est beaucoup moins grande que son diamètre. Et, cependant,sir John Herschel trouve qu'elle est quatre-vingts fois plus grande que la distance qui nous sépare des étoiles de 1e grandeur. On peut donc être certain que toutes les étoiles que nous pouvons apercevoir à l'œil nu sont comprises dans la Voie lactée.

Il n’y a peut-être d'exception que pou certains amas d'étoiles qui en seraient indépendants et pour des étoiles exceptionnellement grosses, comme Canopus du Navire ou Rigel d'Orion, qui, situées à des distances encore plus considérables de nous, ne seraient visibles à nos yeux qu'à cause de leurs dimensions colossales.

En considérant les étoiles de la Voie lactée comme des molécules qui constituent une bulle de gaz et qui y ont chacune leurs mouvements propres et indépendants, Henri Poincaré a appliqué à cet immense amas stellaire les formules de la «théorie cinétique des gaz ».

On sait que cette théorie, qui est une des plus solides de la physique contemporaine, considère un gaz comme formé d’un srand nombre de molécules matérielles qui s’entre-croisent et se meuvent dans tous les sens, à la façon d’une quantité d’abeilles qui seraient enfermées dans un vaste récipient. Ces molécules agissent, par attraction, les unes sur les autres, mais cette attraction n’est sensible qu'à des distances extrêmement faibles; elle disparait très vite en face de la vitesse imprimée aux molécules par leurs mouvements propres.

Au cours de cette perpétuelle « danse de Saint-Guy », les molécules heurtent les parois du vase qui les renferme; c'est l’ensemble de ces chocs qui constitue la pression que le gaz exerce sur le récipient qui le contient. Si l’on diminue le volume de ce récipient, on augmente le nombre des chocs, donc on augmente la pression. Il en est de même si l’on vient à chaufler la masse gazeuse.

Les étoiles de la Voie lactée remplissent sensiblement, aux dimensions près, les conditions des molécules d’une masse gazeuse. Elles ont des mouvements propres, comme nous le verrons plus loin; ces mouvements sont indépendants les uns des autres et se font dans tous les sens; enfin, aux distances qui separent ces étoiles les unes des autres, l'attraction est très faible; aussi peut-on considérer leurs tragectoires de déplacement comme sensiblement rectilignes.

C'est en partant de ces assimilations que l’illustre mathématicien, dans une des dernières leçons professées avant sa mort, calcula le rayon que devait avoir la Voie lactée, et trouva qu'il devait être environ mille fois plus grand que la distance qui nous sépare des étoiles les plus voisines de nous: et il trouva ainsi que le nombre total des étoiles qui la constituent devait être voisin d'un milliard.

[l est bien remarquable que ce nombre soit du mème ordre de grandeur que celui qui est déduit des observations photographiques, et qui, nous l'avons dit. est de 500 millions. Or,

Aspect d'un coin de la VOIE LACTÉE

900 millions et 1 milliard sont, en cette matière, des quantités tout à fait du mème ordre. Il en est de même du rayon de la Voie lactée, qui doit être cinq cents fois la distance des étoiles les plus proches, d’après Herschel, et mille fois d'après Henri Poincaré.

Et alors on peut se demander si nos télescopes et de nos lunettes deviendraitencore plus grande,

, au cas où la puissance de

nous découvririons encore d'autres étoiles. C'est peu probable, puisque le nombre des étoiles ment avec celui des étoiles « calculées

Seulement, ce qui peut arriver, c'est qu'il y ait au ciel d’autres que nous n'apercevons d'infiniment loin que sous forme d'amas nébulaires, non résolubles en étoiles.

Ce sont là, peut-être, les « Univers » lointains, formés comme le nôtre d'un ou de plusieurs milliards de soleils, entourés de leurs planètes respectives.

observées » concorde sensible-

Voies lactées

Et c'est dans ce sens qu'il faut entendre l'Infini de l'Univers général. Ajoutons enfin que, par les mêmes considérations théoriques, Henri Poincaré est arrivé à montrer que si l'ensemble dela Voie lactée est animé d’un mouvement de rotation, celui-ci ne peut être que très lent, et sa vitesse doit être d'un tour en 500 millions d'années.

DE

: le NUAGE d'étoiles de l'Ecu de Sobiesky

L'AMMVOTENT'AC:

Photographie prise à l'observatoire es, par E d (pose 5

155. Les étoiles variables et les étoiles temporaires. Le monde des étoiles est le siège de changements incessants.

u milieu de la foule des constellations familières que nous retrouvons chacune à son poste après des siècles d'observations voit ainsi que leur coloration, varier dans des limites considérables. Entin, pa un une nova comme disent les astronomes, fait subitement son appa

suivies, on l'éclat de certaines étoiles,

fois, dans une région obscure du ciel, astre nouveau, rition, et inversement des étoiles connues et inventoriées dispa ralssent.

Par exemple, les observateurs de l'antiquité, Ptolémée, tout comme Sénèque, donnaient Sirius comme une étoile rouge; aujourd'hui, elle nous apparait d'un blanc bleuâtre.

L'étoile omicron) de la constellation de la Baleine, que les astronomes désignent sous le { la Merveill Baleine), est remarquable par l'importance et la pério

dicité de ses fluctuations.

nom de hira Ceti

de la

La période de ses variations est de 3:

1 jours et 15 heures

Pendant quinze jours elle se présente comme une étoile de De

andeur ; sa lumière diminue ensuite, et diminue mème tel lement qu'au bout de trois mois elle devient invisible, Elle reste

ainsi dissimulée pendant cinq mois : alors elle reparait; pen

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