LES CLASSES D'ÉTOILES
rences que le simple examen des étoiles permet de faire entre elles, d’après leurs seules inégalités de coloration.
Si maintenant on étudie ces différentes étoiles à l'aide du spectroscope, on peut serrer les différences de plus près.
Dès l'année 1867, le P, Secchi, le savant jésuite directeur de l'observatoire du collège Romain et l’un des fondateurs de la
spectroscopie astronomique, avait classifié toutes les étoilesen
quatre types principaux :
Le premier type de Secchi est celui des étoiles blanches, comme Wega, comme Sirius, dont le spectre est caractérisé par deux grandes raies, l’une dansle bleu, l’autre dans le violet; les plus brillantes des étoiles de ce type montrent, en outre,
une troisième raie dans l'extrême violet.
Cette classe est la plus nombreuse; elle renferme certainement plus de 50 pour 100 des étoiles connues : par exemple Wega, Sirius, Allair, Procyon. Les grosses raies de leur spectre sont celles de l'hydrogène et du magnésium, et indiquent une température extrêmement élevée, qui correspond au blanc éclatant de la lumière qu’elles émettent par rayonnement.
Le second type de Secchi comprend les étoiles dont le rayonnement est jaune d'or : leur spectre comporte un nombre très considérable de raies fines, analogues aux raies noires qui strient le spectre solaire ; on y trouve entre autres du fer, du carbone, du silicium, du calcium, de l'hydrogène, du cuivre, de l'argent, du plomb..…, mais on n'y rencontre ni or, ni platine. La présencede l’oxygène est douteuse et soupçonnée dans les spectres de certaines étoiles. Parmilesétoiles de ce type, citons notre Soleil,
Arcturus, Aldébaran, Cappella, la Polaire, « du Cygne et « de la Grande Ourse.
Le troisième type de Secchi
Casse 1 (Efoiles blanches)- Snectre de x Lyre (Vega)
G lasse Il /£forles ve - Spectre de x Hercule
Echelle des longueurs d'onde { Disnersion nrismatique)
La deurième classe comprend les éfoiles à hydrogène : cette fois l’hélium a disparu et l'hydrogène domine; les raies du calcium, les raies si nombreuses du fer y sont faibles etétroites, ct leur spectre s'étend très loin dans l’ultra-violet. A cette classe d'étoiles appartiennent Wega, Fomalhaut, Sirius. Elles forment, avec la classe précédente, le premier type de Secchi.
La troisième classe comprend les éfoiles du type SoLaIRE, et leur spectre présente le même aspect que le spectresolaire : très nombreuses raies métalliques, d'ailleurs faibles et étroites. Dans cette classe, on peut ranger d’abord notre Soleil, puis Arcturus, Aldébaran, l'Étoile polaire, Cappella, etc.
La quatrième classe est celle des étoiles à spectre cannelc. Leur couleur est rouge ou rouge orangé et plusieurs d'entre elles sont des étoiles variables. Leur spectre se compose d'un double système de raies ; sur un ensemble de raies fines analogues à celles du spectre solaire se projettent quelques bandes sombres dont l'origine est mal connue, et que l’on attribue à la présence d'oxydes métalliques. Cela serait alors l'indice d’une température relativement basse, ce qui concorderait avec la couleur rouge orangé que présente la lumière rayonnée par ces étoiles, par mi lesquelles ilconvient de citer Bételgeuse, Antares, 4 d'Hercule, etc.
La cinquième classe est celle des étoiles à carbone. Leur couleur est rouge vif, leur spectre présente une série de bandes, mais d'une constitution différente de celles de la quatrième classe, et qui permet de les attribuer au carbone. Ce sont presque toutes les étoiles de faible grandeur et invisibles à l'œil nu. L'hé lium, l'hydrogène etle calcium ne figurent pas, par leursraies, dans le spectre des étoiles de cette classe, mais on y aperçoit quelques raies brillantes. Sur
comprend les étoiles jaune T0 250 "600 ‘230 orangé et rougeàtres. Leur PET TS spectre est formé de larges régions claires, au nombre de 6 ou 7, séparées par des séries de raies noires et par des bandes plus obscures, dont l’arète est tournée vers le violet, et quise dégradent insensiblement vers le rouge. Beaucoup d'étoiles de cette classe sont des étoiles variables et les raies de l'hydrogène s’y font rares, jusqu'à disparaître; mais, en revanche, celles des autres métaux s'y développent à profusion. On a reconnu au cours de ces dernières années que les bandes dont nous venons de parler étaient probablement dues aux oxydes de manganèse et de titane,et on les a rapprochées du spectre fourni par les taches solaires. Citons comme étoiles de ce type : Bételgeuse, Antarès, 6 de Pégase.
Le quatrième type de Secchi comprend les étoiles de faible éclat, rouge rubis; leur spectre comprend des bandes disposées inversement de celles de la classe précédente et plusétendues : on est d'accord pour les attribuer au carbone. Type : 19 des Poissons, 152 de Schjellerup.
Les classes 3 et 4 sont relativement peu nombreuses.
Tels sont, résumés très succinctement, les stades de l’évolution stellaire indiqués par le P. Secchi au début de l'astrospectroscopie.
Aujourd'hui, les résultats nombreux et variés, les spectrogrammes si précis obtenus avec des instruments d'une puissance extraordinaire, ont amené les astronomes à pousser plus loin leur classification, et l'on peut diviser toutes les étoiles, d'après leurs spectres, en deux grandes seciions : celles dont le spectre est un spectre d'absorplion, à raies noires, et celles dont le spectre est un spectre d'absorption sillonné de raies brillantes. Chacune de ces deux sections se subdivise elleméme en quatre classes, ce qui fait en tout huit classes d'étoiles.
La première classe comprend les étoiles à hélium. Les raies qui prédominent sont celles de l'hydrogène et de l'hélium; le fer, le calcium, le sodium ne s’y manifestent que par des lignes très faibles, et l'éclat des raies de magnésium prouve la haute température à laquelle sont portées ces étoiles, dans lesquelles il faut ranger Rigel, Regulus, 6 du Centaure, entre autres,
F1G. 124. — SPECTRES types des trois £grandes CLASSES d'étoiles.
250 étoiles de ce type, 7 seulement dépassent la 6° grandeur. Principaux types : 19 des Poissons, U de l'Hydre.
La sirième classe est celle des étoiles à spectre cannelé avec raies brillantes de l'hydrogène. Comme celles de la quatrième classe, ces étoiles sont rouge orangé; comme elles, elles présentent un spectre cannelé; mais ce qu'elles ont de particulier, c'est que ce spectre est strié de quelques-unes des lignes lumineuses qui caractérisent l'hydrogène. D'ailleurs toutes ces étoiles sont variables, et, parmi elles, il faut citer au premier rang l'étoile Mira Cet, de la constellation de la Baleine.
La sephème classe est celle des étoiles à hélium avec lignes brillantes, dont le spectre est identique à celu: des étoiles de la première classe, sauf qu'on ytrouve les raies brillantes caractéristiques de l'hélium et de l'hydrogène, souvent réduites à une seule. Toutes les étoiles de ce type sont variables ou temporaires; par exemple : R de l'Aigle.
Enfin, la huitième classe comprend les étoiles du type Wolff ct Rayet (des noms des deux astronomes qui les ont étudiées). Dans leur spectre, aucune raie caractéristique des métaux; seules les raies de l'hélium et de l'hydrogène se montrent, etle bleu et le jaune de leur spectre contiennent des radiations intenses et d’origine inconnue. Elles paraissent portées à une haute température et sont situées dans la Voie lactée et dans les nébulosités appelées les Nuées de Magellan. Elles sont presque toutes invisibles à l'œil nu. Parmi les centaines d'étoiles de ce type, les trois petites étoiles du Cygne et ; du Navire dépassent, seules, la 6° grandeur.
Il est remarquable que l'on retrouve, dans la constitution des soleils de l'Espace, la plupart des éléments qui constituent la Chimie des corps terrestres. C'est un argument de plus en faveur de l'hypothèse que nous donnons au chapitre de l'Origine et l'évolution des mondes (1).
Indigo Violet
(4) L'Annuaire du Bureau des longitudes, publié chaque année, donne les détails les plus précis sur les parallaxes stellaires, sur les spectres des étoiles, et, en général, sur tous les phénomenes célestes, dont il est le recueil officiel.