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L'INTERVENTION

NEBULEUSES 67

DES

Une énigme du Ciel : La BAIE SOMBRE (Dark Bay)

cules qui sont expulsées de ces astres par la violence de leurs éruptions, comme on peut le constater sur le Soleil par l'examen de ses protubérances.

Ces « poussières cosmiques » errent ainsi dans l’espace interastral; elles constituent les queues des comètes, queues qui sont toujours tournées à l'opposé du Soleil, comme si cet astre « soufflait dessus », circonstance qu'explique très simplement la pression de radiation; elles constituent sans doute l'atmosphère de la couronne solaire elle-meme.

Mais, chose caractéristique et particulièrement importante ces poussières sont électrisées, et électrisées négativement, l'étoile qui les a lancées dans l'espace restant chargée positivement. Celles de ces poussières qui proviennent du Soleil peuvent arriver jusqu'à la Terre, où elles produisent, dans l'atmosphère terrestre, les aurores polaires et d'importantes manifestations électriques et magnétiques.

170. Intervention des nébuleuses. — Voici donc l'espace parcouru par des particules errantes chassées loin des soleils par la pression de radiation.

Si ces soleils existaient seuls dans l’espace, si leurs radiations calorifiques n'étaient pas arrêtées en cours de route, ils donneraient au ciel l'apparence d'une coupole de feu continue,et toute vie serait ainsi détruite, par suite de l'émission continue de rayons ultra-violets qui en résulterait.

Mais il y a dans l’espace des corps froids, qui ont précisé ment pour mission d'arréter au passage quelques-unes des radiations nocives émises par le Soleil. Ces corps /roids sont les nébuleuses, dont nous avons déjà donné les descriptions et les formes variées. Leur composition a été décelée par l'analyse spectrale. Comme nous l'avons dit plus haut, on y trouve un spectre composé de raies brillantes, caractéristiques des gaz incandescents, et, parmi ces raies, on trouve celles de l'Aydrogène, celles de l'hchium et celles d'un corps encore inconnu sur

Photogr. de l'observatoire du Mont Wilson montrant une NÉBULEUSE OBSCURE qui arrête la lumiere

Reésion du Ciel voisine de l'étoile 5 d'Or venant des astres situés derriere elie

la Terre, et auquel on a donné, faute de mieux, le nom de nébulium.

L'hélium provient de la désagrégation moléculaire des com posés radioactifs qui se trouvent dans la croûte solide peut-être

tous les Corps sans excCcption.

1es pra de la décomposition atomique de

Avec l'hydrogène,

netes et, meme, il se difluse dans l’espace et, là, les molécules très raréfiées de ces deux gaz constituent le « l'arrivée d'un noyau adventif de masse appréciable pour que la

lhydro

gène nous apparaissent comme les termes derniers de la désa

milieu nébulaire milieu qui n'attend que

condensation se fasse autour de lui. Ainsi lhélium et

grégation de la maticre.

Mais les nébuleuses présentent, presque toutes, des centres pren

comme le pensait Laplace, par la

de condensation, des noyaux ». Comment ces noyaux

nent-ils naissance ? Est-ce,

au refroidissement continu? ou,

traire, comme le pense Arrhenius, des

seule contraction due au con

astres morts » sont-ils

arrivés, au cours de leurs pérégrinations, à pénétrer dans le milieu nébulaire et à y devenir centres de condensation en accumulant autour d'eux les atomes qui S'y trouvent ? Quelle

que soit la cause, le fait est acquis, et les étoiles proviennent des nébuleuses par condensation de matière. Etc'est là le point intangible de la conception de Laplace, celui sur lequel il n'y a pas à revenir:

Constituces par des gaz à l'état de la plus extrème raréfa tion, état dont nous pouvons avoir une idée par celui de l'inte rieur d'un tube de Crookes à ravons X,ces nébuleuses arrètent au passage les poussières cosmiques chassées loin des soleils par la pression de radiation; possédant une chaleur spécitique nésative, leur lieu

cette température doit donc être très basse, par suite d'ailleurs

temperature, au d'augmenter, diminué

de la raréfaction extrème du milieu gazeux qui les constitue et qui comporte une absence de mouvements moléculaires te rieurs, c'est-à-dire des chocs pouvant donner de la chaleur

PA VOEUMIONSDES

1 température de ces nébuleuses SS 1S du zéro absolu, lequel est degrés au-dessous du zéro usuel ir température doit donc être infée zéro. C’est cette notion de la itiale de la nébuleuse primitive qui est la

tion que la science nouvelle ait apportée à conception de Laplace, qui supposait,au contraire, * primitive incandescente et à haute température.

ssous d

Le premier stade de l'existence des nébuleuses, obscures jusqu'à présent, est leur arrivée à l’incandescence, arrivée qui les rend ainsi visibles sur le fond noir du ciel.

Cette luminescence est précisément provoquée par la charge électrique apportée par les poussières cosmiques chassées loin du Soleil par la pression deradiation, et, sous l'influence de cette charge, le milieu devient lumineux, comme le devient le tube

de Crookes que l’on soumet à l'influence de l’effluve électrique.

171. Formation des noyaux et naissance des planètes. — Voilà donc la nébuleuse arrivée à la phase de la luminescence : elle va maintenant voir surgir des «noyaux » dans sa masse.

Ces noyaux peuvent apparaitre sous l'influence de diverses causes, dont la principale est l'intrusion, dans la masse nébulaire, d’un astre mort, comme la Lune par exemple : la condensation se fait immédiatement autour de cette masse adventive, et avec la condensation commence l'échauflement. Une autre cause de condensation se trouve dans l'arrivée de poussières cosmiques déjà agglomérées en météorites.

La condensation, en se faisant autour du noyau ainsi introduit dans la masse, dégage de la chaleur et peu à peu le noyau, grossissant sans cesse et s'échauffant sans tréve, arrive à l’incandescence, après avoir capté la plus grande partie de la matière raréfiée, qui constituait le milieu nébulaire.

La nébuleuse est alors parvenue à la phase stellaire.

La condensation qui se continue augmente à la fois, au centre de l'étoile ainsi née, et la température, et la pression. De la sorte, sous la double influence de ces températures et de ces pressions formidables, l’hélium et l'hydrogène, autrefois produits de la désagrégation de la matière qui constituait d’autres astres, deviennent le point de départ de l'intégration de la matière qui va constituer des astres nouveaux.

Ainsi, voilà un soleil né d’une nébuleuse, par condensation de la matière autour d’un noyau central.

Si des centres secondaires d'attraction se trouvent dans la matière nébulaire, ce sont autant de planètes qui naissent et gravitent autour de l'étoile principale. Si deux astres morts, se heurtant avec une vitesse fantastique, viennent à se rencontrer dans l’espace, leurs enveloppes se briseront à ce heurt formidable, et les matières ignées et explosives, accumulées à leur centre, seront libérées et s’échapperont latéralement en forme de jets gazeux à une très haute température. Ces jets s'échapperont en spirale à cause de l’obliquité du choc des deux masses, et une nouvelle nébuleuse sera ainsi produite, provenant de la

rencontre de deux mondes éteints. Au centre de cette nébuleuse sera un nouveau soleil, deux peut-être ou mème davantage. Cest par des rencontres de ce genre que l’on peut expliquer l'apparition étoiles nouvelles, comme la Nova Persei, comme les ét s nouvelles de l’Aigle (en 1918) et du Cygne en 1920).

Les noyaux ures qui peuvent se trouver dans la nouvelle nébuleu rmés des mêmes éléments que le noyau principal : ce so inètes qui sont nées. Et ici intervient

à nouveau la tl le I l'équateur du Sol de leurs anneaux, n \ neront dans le même

les portions détachées de ‘uvent donner, par condensation les planètes. Ces planètes tour-

1oyau principal. Il en sera de même de celles qui } nt de l’intrusion de noyaux

place :

La nébuleuse DOUBLE (M. 76) d'Andromède.

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