MONDES
adventifs de condensation, et qui, entrainées par le mouvement général de rotation, se mettraient, elles aussi, à tourner dans le même sens.
Il n'y aurait d'exception que dans le cas où, aux limites extérieures de la nébuleuse, un astre étranger se serait introduit, animé déjà d’une vitesse de rotation contraire qu'il aurait conservée ainsi que ses satellites, tout en pénétrant dans la zone d'attraction. C’est peut-être ainsi que les choses se sont passées pour les deux planètes extérieures de notre système, Neptune et Uranus, dont les satellites tournent en sens contraire, d'un mouvement rétrograde, ainsi que pour les satellites extrêmes de Jupiter et de Saturne.
Quoi qu'il en soit, à ce stade, la nébuleuse s’est résolue en un Soleil central et en un groupe de planètes tournant autour de lui.
Un système planétaire est né, c'est-à-dire un « Monde ».
172. L'évolution et la résurrection des Mondes. — Considérons un Monde ainsi engendré : ses planètes tournent autour de son Soleil; elles passent par les stades successifs que leur impose le refroidissement nécessaire qu'elles subissent dans l’espace ; elles se recouvrent d'une enveloppe solide, d’abord mince et convulsée, puis plus épaisse, sur laquelle la température, d'abord très élevée, s’abaisse peu à peu jusqu'à permettre les conditions de la vie organisée.
Alors la planète devient habitable:
la vie y évolue à son tour, passant par des formes perfectionnées à partir des formes rudimentaires du début. Puis, peu à peu, le Soleil central se refroidissant, le froid amènera la disparition de la vie à la surface des planètes, qui sera envahie par les glaces, provenant non seulement de la congélation des océans liquides qui les recouvrent, mais encore de celle des liquides provenant de la liquéfaction des gaz de leur atmosphère, à l'exception de l'hydrogène et de l'hélium qui auront résisté à la liquéfaction et à la solidification, et dont tous les atomes s'en iront errer dans l'espace.
Puis le Soleil central se refroidira lui aussi : il se recouvrira d’abord d'une croûte solide; mais son refroidissement ira beaucoup plus vite, car il ne recevra, lui, de chaleur d'aucun astre voisin. Il se recouvrira donc à son tour de glaces, et, une fois obscur et éteint, continuera à cheminer dans l'espace, entouré de ses planètes et enfermant sous son enveloppe creuse la formidable provision d’explosifs constituée par son noyau central.
Et cela continuera pendant des milliards de siècles, jusqu'à ce qu'il rencontre un autre Soleil également éteint. Alors, comme nous l'avons dit, la violence du choc, transformé en chaleur, volatilisera instantanément la matière qui constituera les deux astres, matière qui se réduira à des éléments essentiels : l'hélium et l'hydrogène; les jets spiraux s'échapperont et une nouvelle nébuleuse sera née, au centre de laquelle sera un nouveau Soleil; et autour de ce Soleil naitront et graviteront de nouvelles planètes.
Ainsi se sera faite la résurrection d'un Monde. Et le cycle éternel recommencera.
173. L’infini de l'Univers. — Nous connaissons maintenant non pas complètement le «pourquoi » de l'Univers, car la grande Cause qui l’a créé nous échappera toujours, supérieure qu'Elle est à notre faible raison, mais du moins « quelque chose » du « comment ». Ce « quelque chose », nous l'avons étendu à l'évolution des Mondes qui peuplent l'Univers.
Mais alors se pose à notre esprit une question qui va plus loin dans la direction du « comment ». Nous avons appris « comment » se font les mouvements célestes à l’intérieur du système solaire; nous voulons maintenant savoir ce qui se passe en dehors de ce système, et «comment » se comportent les astres qui peuplent, bien au delà de notre vue et même de notre pensée, les espaces infinis du ciel.
Tout d'abord, on peut se demander si l'Univers est infini.