‹ Le ciel. Illustré sous la direction de Lucien RudauxChapitre 21 sur 390 · EXPÉRIENCE DU PANTHÉON · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCE DU PANTHÉON

L'expérience du pendule de Foucault, au Panthéon, en 1852. (Reproduction d'une gravure de l'/lustration de l'année.)

Telle est l'expérience de Foucault.

Elle a été, à l'occasion du cinquantenaire de sa date (en 1902), répétée solennellement au Panthéon, en présence des grands corps de l’État, sur l'initiative de la Société astronomique de France, dont le président était l’illustre mathématicien Henri Poincaré, et le secrétaire général M. Camille Flammarion.C'est l'auteur de ce livre qui avait eu l'honneur d'être chargé de la reconstitution de cette expérience.

Nous allons décrire, avec quelques détails, le dispositif employé à cet effet.

Tout d’abord, la boule du pendule était une sphere de plomb, traversée par un axe cylindrique en bronze, et pesant 18 kilogrammes; cette boule était la même qui avait servi au physicien Maumené à répéter autrefois 8 l'expérience de Foucault dans la cathédrale de Reims. Sous l'axe en bronze pouvait se visser une aiguille d'acier destinée à former le style; à son extrémité supérieure était fixé le fil.

Celui-ci était constitué par un fil d'acier de « corde à piano ». Ilavait été gracieusement fourni par M. Lyon, directeur de la maison Pleyel. Pour éviter que, par suite d'un serrage dissymétrique à sa partie supérieure, ce fil ne prit une direction privilégiée et prédominante (ce qui arrive quand on pince le fil dans les mâchoires d'un étau), M. Berget avait fait construire une filière en acier dans laquelle l'ex trémité du fil était tirée avec forcement; c'est cette filière qui servait d'organe de suspension au sommet de la voûte. De cette façon, le fil était serré symétriquement sur toute sa périphérie et aucune influence perturbatrice ne pouvait agir sur l'orientation de son plan d’oscillation (fr. 21).

L'expérience, qui fut admirablement réussie, était saisissante. Un observateur placé derrière le tas de sable le voyait

FIG. 20. — Le pendule, son STYLE et le tas de sable.

FIG. 21. — SUSPENSION du pendule de Foucault,

mordre par le pendule de façon que la brèche progressät toujours vers la gauche, ce qui prouvait que la Terre, entraînant le sable, se déplaçait vers la droite.

Nos photographies montrent plusieurs aspects de cette expérience; l’une d'elles (V. page 16) reproduit un moulage en plâtre exécuté sur le tas de sable mordu par le style, et qui montre la décroissance des oscillations. La longueur du fil était de 70 mètres et la durée des oscillations était de seize secondes,

18. Particularités de l'expérience du pendule de Foucault. — Quand on étudie de près cette magnifique expérience, quand on l'observe, non pas simplement au point de vue de la manifestation « qualitative » de la rotation de la Terre, mais au point de vue de sa mesure, on est immédiatement frappé d'une particularité qui, au premier abord, est un peu troublante, mais qui s'explique fort bien après un instant de réflexion.

On peut mesurer la vitesse avec laquelle progresse la brèche faite dans le sable; or, cette mesure, faite à Paris, conduit à cette conclusion que le plan d'oscillation du pendule doit paraitre accomplir un tour entier en frente-deux heures.

Mais ceci semble, à première vue, incompatible avec la

Le Professeur Berget et Camille Flammarion faisant l'essai de l'expérience du pendule de Foucault, au Panthéon, en septembre 1902

16 PAREICGUENRIMDES DE

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