‹ Le ciel. Illustré sous la direction de Lucien RudauxChapitre 22 sur 390 · L'EXPÉRIENCE. DE · texte numérisé non relu

L'EXPÉRIENCE. DE

ROIUICAUEA

Reconstitution de l'EXPÉRIENCE DE FOUCAULT, à l'occasion de son cinquantenaire (2 octobre 1902). M. Chaumié, ministre de l'Instructien publique, brûle le fil qui maïmtient la boule écartée. À $auche, M. Berget;

a droite, M. Camille Flammarion

réalité qui nous apprend que la Terre fait un tour sur elle-même, non pas en trente-deux heures, mais en vingt-quatre heures, puisque c'est précisément la durée de la rotation terrestre qui a servi à définir l'unité de temps appelée « le jour ». A quoi donc tient cet apparent désaccord entre l'expérience et la réalité des faits ?

Tout simplement à nos exigences vis-à-vis du pendule.

En effet, nous voulons que celui-ci, non seulement nous manifeste la rotation de la Terre, mais encore nous la manifeste autour d'un axe qui n'est pas celui autour duquel elle tourne, et qui, dans l’'espèce, est la verticale passant par le Panthéon. Nous allons voir que c'est ce « cahier des charges » supplémentaire, imposé par nous au pendule, qui est la cause de cette contradiction, tout apparente d'ailleurs.

Supposons, en eflet, que nous fassions l’expérience au pôle nord; dans ces conditions, la verticale du support qui soutient le pendule coincide avec l’axe de rotation de la Terre.

Un point du globe fera donc, en vingt-quatre heures, un tour entier autour du plan d'oscillation du pendule et celui-ci paraîtra, inversement, faire un tour en vingt-quatre heures, conformément aux prévisions de la théorie élémentaire.

Mais transportons-nous, maintenant, à l'équateur (/ig. 22), et faisons-y l'expérience de Foucault; la verticale du point de l'expérience sera O E M, perpendiculaire à la ligne des pôles. Matérialisons le plan dans lequel oscille le pendule et représentons-le par le carré P ; le pendule oscillera donc dans ce plan qui doit demeurer invariable; c'est le plan mème de l'équateur. Or, on voit que ce plan, perpendiculaire à l'axe de la rotation de la Terre, est lui-même invariable eflectivement. Le pendule n'eflectuera donc aucun mouvement apparent de déviation et le style dont il est muni repassera toujours dans le sillon tracé dans le sable lors de sa première oscillation.

On observe donc au pôle une vitesse apparente de rotation égale à celle de la Terre ; à l'équateur, une vitesse nulle; à une latitude intermédiaire, comme celle de Paris, on doit dès lors s'attendre à un résultat inter-

FIG. 22. — L'expérience du pendule de Foucault à l'ÉQU'ATEUR:elle ne montre aucun déplacement.

FIG. 23. — COMPOSITION des vitesses de rotation pour un lieu de latitude À.

lage de M. Can E

Moulage des empreintes décroissantes laissées par

le style sur le sable ; on voit le DÉPLACEMENT

de chaque sillon par rapport au précédent, ce qui montre la rotation de la Terre.

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