‹ Le ciel. Illustré sous la direction de Lucien RudauxChapitre 227 sur 390 · CALENDRIER — GÉOGRAPHIE — NAVIGATION · texte numérisé non relu

CALENDRIER — GÉOGRAPHIE — NAVIGATION

205. Les applications pratiques de l’Astronomie.— Quand on a étudié la science du ciel, quand on en a parcouru les diverses étapes, quand on a abandonné son esprit aux réflexions profondes que suggère son étude, on peut être tenté de se demander quelquefois : « À quoi cela sert-il? » On se pose la question de savoir si, en dehors de la curiosité scientifique, en dehors de leur haute portée philosophique, ces études ont une utilité quelconque ?

Nous pourrions répondre déjà que, même si elles n'avaient d'autre utilité que celle d'augmenter le domaine de la Science pure, même si elles ne servaient qu'à éveiller en nous de hautes méditations et à donner naissance à des questions philosophiques, les études de l'Astronomie ne seraient pas inutiles, puisqu'elles serviraient à accroître le domaine des conquètes de l'esprit sur la matière et à faire progresser la pensée humaine par le travail qu'elles lui ont, de tout temps, imposé,

Mais, aujourd'hui, il faut aller plus loin et montrer des applications, pour ainsi dire, matérielles. Dans un siècle utilitaire comme le nôtre, une science doit à elle-même, doit à sa propre dignité de légitimer les sacrifices que l'on fait pour son étude en montrant l'importance immédiate de ses applications pratiques.

Eh bien! sous ce rapport mème, l’Astronomie ne sera pas prise en défaut; parmi ses applications vraiment utilitaires, nous signalerons tout d’abord le problème de l'heure, qui comporte deux parties bien distinctes : la détermination de l'heure et la conservation de l'heure ; puis le problème de la construction des cartes géographiques, dont l'utilité apparait de plus en

plus à mesure que progresse la rapidité des moyens de communication ; enfin les méthodes de la Géographie et de la Navigation, qui permettent à l'explorateur et au marin, isolés au milieu d'un désert de sable ou d’eau, de connaitre, en consultant les astres, la position précise qu'Hs occupent à la surface du globe terrestre.

Ce sont là, on le voit, des applications dont l'importance n'échappera à personne.

206. Le problème de l'heure. — On peut dire du problème de l’«heure » que c'est de lui qu'est née l'Astronomie. Il n'a pas fallu longtemps à l'homme, en eflet, pour constater que le mouvement des astres réglait le temps; que la hauteur plus ou moins grande du Soleil au-dessus de l'horizon marquait des divisions dans la durée du jour.

La nécessité de mesurer le temps est un besoin impérieux il est indispensable, en eflet, de pouvoir connaitre la durée que l’on peut accorder à son travail, à son plaisir, à son sommeil

Nous avons déjà dit un mot de cette question de l'heure au chapitre IT, à l'occasion de la rotation de la Terre; nous allons y revenir avec plus de détails.

La notion de l'heure à dû s'imposer à l'homme dès les débuts de l'humanité ; elle a dû prendre naissance dans son esprit dès qu'il s'est aperçu que les choses ont une durée et que la nuit succède au jour. C’est donc aux astres régulateurs de la succes sion des jours, des mois et des années, c'est-à-dire au Soleil et à la Lune tout d'abord, temps :

qu'il s'est adressé pour mesurer le les cadrans solaires et les clepsydres furent ses pi

roblème se présente à nous sous comme nous le disions en comde la détermination de l'heure et L'ReUTE.

l'heure se fait dans les observatoires.

Nous avons dit, en étudiant le Soleil, comment on définissait le «temps moyen »

sur lequel doivent être réglées les montres et les horloges. Les relations qui unissent le mouvement du Soleil fictif sur l’écliptique à celui du Soleil vrai et des étoiles permettent aux astronomes de connaître, à chaque instant, par les observations des passages des astres au méridien, quelle est l’heüre en « temps moyen » correspondant à une heure rigoureusement donnée en « temps sidéral » par le passage d’une étoile déterminée.

Ainsi c'est le mouvement diurne qui sert de gigantesque régulateur au mouvement des horloges si précises de nos observatoires. Grâce à la précision sans cesse croissante avec laquelle sont construits nos instruments, on peut « garantir » l'heure exacte à un dixième de seconde près, et on peut même espérer l’«obtenir » à un centième de seconde.

C'est sur le mouvement diurne des étoiles que sont réglées ce sont donc des pendules sidérales. On les règle par des observations faites à la lunette méridienne, en notant les passages d’une étoile fondamentale successivement devant les fils du réticule de l’oculaire. On note l'heure qu'indique le cadran de la pendule au moment de chaque passage. L’œil note le passage de l’astre au fil ; l'oreille permet, par l'audition du battement de la pendule, de noter la seconde à laquelle ce passage a lieu, et même Île dixième de seconde. C'est ce qu'on nomme la méthode par l'œil et l'oreille.

Pour augmenter encore la précision, on emploie le chronographe enregistreur, qui inscrit sur une longue bande de papier : d'une part, un trait continu, interrompu par des dents; ces dents sont tracées par un style actionné par un électroaimant commandé à la main par une clef de Morse; d'autre part, une seconde ligne est interrompue, chaque seconde, par le balancier de la pendule, ce qui inscrit les secondes. On peut méme inscrire les dixièmes de seconde et mème les centièmes, à l’aide des vibrations d’un diapason entretenu électriquement. La lecture de la bande de papier montre de suite à quelle fraction de seconde s’est produit le passage signalé par la dent qui rompt la continuité du premier trait. On a même pu, comme l’a réalisé le constructeur Gautier, avoir un chronographe sur la bande duquel s'inscrit, en caractères d'imprimerie, un chiffre qui indique le numéro d'ordre des minutes et des secondes.

Quant à lacconservation del’heure », c'est un problème tout à fait différent du premier et qui se résout par les horloges.

Les premières horloges furent des clepsydres où horloges dans lesquelles le temps était marqué par la durée d'un écoulement d’eau : c'est dans le même ordre d'idées que fut imaginé le sablier, instrument également fort ancien, qui mesure des intervalles de temps égaux par le temps que met une masse déterminée de sable à couler, par un orifice étroit, d’un récipient dans un autre.

Au moyen àge,on essaya des hormais elles ne furent vraiment précises que quand Huyrhens, en 1656, inventa les horloges

échappement dans lesquelles le

uvement des axes tournants porles aiguilles est réglé par les

ions d'un pendule, oscillations

sont isochrones, pourvu qu'elles ainsi que l'avait dé-

Un SABLIER.

les horloges types des observatoires

loges à poids ;

La CLEPSYDRE.

petites,

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