‹ Le ciel. Illustré sous la direction de Lucien RudauxChapitre 239 sur 390 · Ë ES · texte numérisé non relu

Ë ES

riennes ». La réforme du pape Grégoire XIII, en eflet, règle les années qui suivent le concile de Nicée en 325; M. Stanoïévitch propose que l’on fasse porter la régulation sur les années comptées à partir de la naissance de Jésus-Christ, c'est-à-dire sur les années de l’ère chrétienne tout entière.

Enfin, tout récemment, M. René Baire, professeur à la Faculté des sciences de Dijon, propose d'avoir 3 trimestres égaux (2 mois de 30 et un de 31, mais de réduire la semaine à 6 jours, en en supprimant le samedi, qui ne subsisterait que dans une semaine du mois de 31 jours. Les mois auraient ainsi 9 semaines au lieu de 4.

M. Deslandres, le savant directeur de l'Observatoire de Meudon, a soulevé la question du calendrier devant ses confrères de l'Académie des sciences, en février 1913, et a proposé de porter la question devant l'Association internationale des Académies qui devait se réunir à Pétrograd en 1913. La chose fut adoptée et l'Association internationale décida la création d'une commission dont la guerre a, malheureusement, arrèté les travaux. Il serait temps de reprendre cette question primordiale et de la porter devant la Société des Nations; elle parait ètre, de par sa nature, essentiellement de son ressort.

212. Le point de vue religieux et la date de Pâques. — Il faut maintenant regarder la question au point de vue religieux. Depuis l'établissement du christianisme et son immense diflusion sur la Terre, ce sont les fètes de l'Eglise qui sont devenues les fêtes générales : la Toussaint, Noël, Pâques, l'Ascension, l’Assomption, la Pentecôte, interviennent, au moins comme points de repère, dans tous les calendriers.

Or, parmi ces fêtes, les unes, comme Noël, la Toussaint, l’Assomption tombent à dates fixes; les autres, au contraire, comme Pâques, l'Ascension, la Pentecôte, tombent à des dates variables et sont les fêtes mobiles.

La variabilité de la date de Pâques, en particulier, qui peut, suivant les années, osciller du 22 mars au 25 avril, est une chose à la fois illogique et incommode:; on ne saurait envisage de réforme sérieuse du calendrier sans prévoir, en mème temps, la fixation de la fète de Pâques à une date invariable de l'année,

ÉERCONTEUM

té ecclésiastique.

ord que les fixations des dates de ruchent en rien au dogme proprement des traditions, respectables sans doute, 1e sont nullement intangibles.

Pâques est fixée à celle du premier dimanche après la pleine lune qui suit l'équinoxe de printemps : elle ne peut donc, en aucune façon, correspondre à la date exacte de la résurrection de Jésus-Christ. Quant à celle de Noël, ce n’est qu'à partir de l’année 336 qu'elle a été fixée au 25 décembre.

Dans ces conditions, l'Eglise romaine ne porterait aucune atteinte à l'intégrité du dogme en déclarant fixe la date de Pâques ou en changeant de quelques jours celle de Noël.

M: Baudrillart, l'éminent recteur de l’Institut catholique, membre de l'Académie française, estime que la réforme du calendrier peut certainement se faire d'accord avec l'Église, et qu'il y aurait, dans la pratique, tout avantage à laisser moins de jeu entre les dates extrèmes de Pâques.

La question est, ainsi, du ressort du Saint-Siège. M. Baillaud, l'actuel directeur de l'observatoire de Paris, répondant sur ce sujet à Camille Flammarion, au cours d'une séance de la Société Astronomique de France, lui fit observer que « la réforme du calendrier ne pouvait aboutir que moyennant l'accord avec les autorités ecclésiastiques ».

Un comité international, dont fait partie S. E. le cardinal Mercier, va se réunir incessamment à Rome pour étudier la question de la fixation de la date de Pâques et de l'établissement d'un jour « hors rang » ou « jour blanc », que l’on pourrait appeler le Jour de l'an. Ce comité est un de ceux qui composent l'Union astronomique internationale.

213. Le Comput ecclésiastique. — Cette question de la fète de Pâques nous amène à dire un mot des règles du Comput ecclésiastique qui servent à la fixer.

Le mot comput (du latin compulare, calculer) est l’ensemble des règles qui servent à préciser à l'avance la date de la fête de Paques pour une année déterminée.

Cette date, ainsi que nous l'avons dit plus haut, est fixée par celle du dimanche après la pleine lune qui suit l'équinoxe de printemps, le 20 mars.

La pleine lune se produit le 14° jour de la Lune. Si donc, le 44e jour est le 21 mars et que ce soit un samedi, le lendemain 22 mars sera le jour de Päques; en ce cas, cette fète aura lieu aussitot que possible.

Si, au contraire, le 14° jour de la Lune tombe le 20 mars, le 1%e jour qui le suit arrivera 29 jours plus tard, soit le 18 avril. Si, en outre, ce jour-là est un dimanche, la fête de Pâques tombera 7 jours après, c'est-à-dire le 25 avril; c’est la date la plus tardive qui soit possible.

Il faut donc, pour pouvoir connaître à l’avance la date de Pâques, connaitre l'âge de la Lune au 21 mars, jour de l'équinoxe de printemps.

Comme l’année solaire comprend onze jours de plus que douze révolutions lunaires, on voit que si, le 1°" janvier d'une année, la Lune est nouvelle, le 31 décembre de la même année elle aura onze jours d'âge. Ce chiffre est l'ÉPACTE de l’année, ou âge de la Lune au 31 décembre.

En 19 ans, les lunaisons se retrouvent dans le même ordre; ce cycle de 19 ans s'appelle le cycze DE METoN. En effet, la longueur moyenne du mois lunaire, ou lunaison, c'est-à-dire la «révolution synodique » de la Lune, est de 29iours, 12h. 44m. 2sec.8 ou 29:i-,530 588.

Or, 19 années juliennes font 365:-,25 x 19 ou 6939.,750, tandis que 235 lunaisons font 291::,530588 x 235, c'est-à-dire 6939::,688. On voit donc que le cycle de Méton ramène sensiblement les phases de la Lune aux mêmes dates de l’année.

Donc, une fois déterminées les lunaisons de chacune des 19 années du cycle, la seule connaissance du rang d’une année quelconque dans la série permettra de savoir d'avance les jours correspondant à chacune des phases de la Lune qui se produiront cette année-là.

Le chiffre qui exprime le rang d’une année dans le cycle de Méton s'appelle le xomBre p'OR correspondant à cette année.

Il reste à er, pour une année déterminée, quels seront les jours qui « les dimanches: c’est à quoi sert la LETTRE DOMINICALE.

Si l’année contensi 1ombre entier de semaines, rien ne serait plus simple qu n fixer les dimanches à l'avance; mais

ECCLEÉSTXSMIOUE

l’année, comprenant 52 semaines plus un jour, l’année ordinaire qui commence par un dimanche finira aussi par un dimanche, de sorte que l’année suivante commencera par un lundi; celle qui vient après, par un mardi, etc... Les dimanches passeront donc successivement par tous les quantièmes de l’année, ou, ce qui revient au même, le premier janvier tombera chaque année à des jours de semaine différents.

Pour avoir un moyen simple de connaître d'avance les jours qui seront des dimanches, on a trouvé commode de représenter les jours de la semaine par les 7 premières lettres de l'alphabet, de A à G. On les inscrit successivement, à partir du 1°" janvier, en face de chaque quantième du mois. La lettre correspondant au premier dimanche de l’année désignera ainsi tous les dimanches de l’année ordinaire : c’est la lettre dominicale de cette année-là.

A partir du 25 février, les années bissextiles changent de lettre dominicale.

Les mêmes successions annuelles de lettres dominicales se reproduisent tous les 28 ans : c’est le cycle des lettres dominicales, ou cycle solaire.

Il y a encore un élément du comput, l’indiction romaine, qui servait à Rome, autrefois, à déterminer les dates, mais qui n’a aucun rapport avec le calendrier.

Tels sont les éléments essentiels du Comput ecclésiastique.

L'Annuaire du Bureau des longitudes donne, chaque année, des tables détaillées relatives au calendrier, au comput et aux dates des fêtes mobiles, jusqu'à l'an 3000.

Les pages qui précèdent montrent quelle est la complication du calendrier actuel, et font, du mème coup, ressortir tout l'intérêt qui s'attache à sa réforme rationnelle.

Cette réforme aboutira-t-elle? Certainement, comme a abouti celle des mesures, qui nous a fourni le système métrique. C'est une simple question de patience, mais la chose se fera, on peut en être assuré, parce qu'il faut qu'elle se fasse.

214. Les cartes géographiques. Les globes terrestres. — Nous avons vu, au cours des chapitres précédents, quelle était la forme de la Terre; à peu près sphérique, si l'on se contente d'une première approximation, elle est, en réalité, celle d’un ellipsoide de révolution, aplati suivant son axe, et dont l'aplatissement aurait une valeur très voisine de

Cet aplatissement est absolument insensible à l'œil nu.

Si donc on désire exécuter une représentation matérielle de la Terre prise dans son ensemble, c'est sous la forme d'une sphère qu'il faudra l’exécuter. Cette représentation «sphérique» est, d’ailleurs, la seule qui puisse être géométriquement exacte. Car, par définition, la Carte d'une portion de surface terrestre est une figure semblable à celle qui est tracée sur le terrain; et comme il s'agit de figurer l'ensemble du globle terrestre, il ne faut pas oublier ce théorème de géométrie :

« La seule figure qui soit semblable à une sphère est une autre sphère. »

Les « globes terrestres » constitueront donc les seules représentations exactes de l'ensemble de la Terre.

On les construit en y traçant d'abord le réseau des méridiens et des parallèles; après quoi, dans les quadrilatères ainsi formés, on place facilement les points essentiels de la surface terrestre à l'aide de leurs longitudes et de leurs latitudes. De plus, on « monte » ces globes de façon à pouvoir les faire tourner autour de la ligne des pôles. Le plus souvent on dispose la monture du globe de façon que la ligne des pôles fasse avec la verticale un angle de 23 degrés 1/2, ce qui donne à la représentation globulaire de la Terre la mème position que celle que notre planète occupe sur l'écliptique. Enfin, souvent, on entoure l'équateur d'un cercle de cuivre divisé en degrés ou en « heures », et on adjoint à ce système un méridien ou un demi-méridien en cuivre.

Les globes terrestres sont d'un usage précieux, mème de petites dimensions (on en trouve, pour quelques francs, qui ont

Un GLOBE TERRESTRE.

Page 1