D'ALEMBERT
somme algébrique se tienne entre deux limites déterminées, ce sont des inégalités périodiques.
Lagrange a eu la gloire de démontrer le premier que les inégalités qui affectent l'ensemble du système planétaire sont des inégalités périodiques; il a ainsi établi la « stabilité du système solaire ». Il a donné pour le calcul des inégalités périodiques des planètes des méthodes générales et simples, que l’on emploie encore aujourd'hui; il a donné enfin une étude complète du mouvement de rotation de la Lune et des librations de notre satellite.
Laplace, né à Beaumont-sur-Auge, en Normandie, en 1749, est un des plus grands génies mathématiques qui aient existé.
Membre de l'Institut depuis sa fondation, 1l fut créé pair de France à la Restauration; écrivain aussi élégant que savant mathématicien, il sut rendre accessibles à tous les lois de la gravitation universelle, et son Exposé du système du monde est, en même temps que la traduction de sa conception géniale, un chef-d'œuvre de style et de clarté. Il fut également membre de l’Académie française.
On peut dire que tous les grands problèmes de l’Astronomie ont attiré son attention et qu'il les a tous, ou résolus complètement, ou fait avancer vers leur solution définitive. Il détermina l’aplatissement de la Terre en observant la perturbation que cet aplatissement détermine dans le mouvement de la Lune; il précisa la théorie des marées dont Newton n'avait fait qu'esquisser l'explication; il a prèté le concours de sa puissante analyse à l'établissement d'une théorie de la Lune et de sa libration ; il a construit et calculé les tables de la réfraction atmosphérique et donné la formule exacte de la mesure des hauteurs par le baromètre. Il s'est beaucoup occupé de Saturne; il a déterminé les éléments d'Uranus et fait une étude complète de ses perturbations; enfin, il a conçu cette géniale hypothèse de Laplace qui, faisant sortir le Soleil et les planètes d'une nébuleuse originelle, explique d’une façon aussi simple que grandiose le passé, le présent et l'avenir de notre système solaire.
Indépendammentde son Exposé du système du monde, sa Théorie du mouvement et de la figure elliptique des planètes et son Traité de mécanique céleste sont des livres capitaux, la source à laquelle puisent et puiseront encore longtemps tous ceux qui étudient l'Astronomie. II mourut en 1827. Ses œuvres complètes on été imprimées aux frais de l'Etat et sont, aujourd'hui encore, données en prix, par l’Académie des Sciences, chaque année, à l'élève sorti premier de l'Ecole polytechnique.
229. William Herschel (1738-1822). — Avec William Herschel commence la série des observateurs de génie.
Né à Hanovre, il commença par être organiste et ce ne fut qu'après son installation en Angleterre, à l’âge de vingt-huit ans, qu'il s'occupa d’Astronomie. Trop pauvre pour acheter des instruments toujours coûteux, il se décida à les construire luimème : il réalisa ainsi un télescope ayant jusqu'à 30 pieds de distance focale. Ce fut lui qui découvrit la planète Uranus, deux satellites de cette planète, deux satellites de Saturne dont il détermina la durée de rotation ainsi que celle de son anneau.
Mais ses plus belles découvertes portent sur l'étude des étoiles, sur l’« Astronomie stellaire », dont il doit ètre, à juste titre, regardé comme le fondateur.
Il reconnutle premier le mouvement relatif dansles étoiles doubles; en étudiant l'intensité lumineuse des étoiles, il fut conduit à donner une évaluation approchée des distances qui nous séparent des étoiles de diverses grandeurs, et c'est à lui qu'on doit la notion de la translation du système solaire dans l'espace. Il entreprit de jauger le ciel en dirigeant successivement son télescope sur divers points du ciel et en comptant chaque fois le nombre des étoiles visibles dans le champ: il obtenait ainsi une série de « jauges » et arrivait à tracer les contours de l'immense amas d'étoiles qui constitue la Voie lactée.
Quand il commença ses recherches sur les amas d'étoiles et sur les nébuleuses, on connaissait, au maximum, une centaine de ces dernières ; il en découvrit à lui seul plus de deux mille cinq cents et en fit une- classification rationnelle. C'est à lui