AMATEURS
dressent à ce qu’on appelle aujourd’hui le grand publie: on entend des exclamations : « C'est incroyablelcomme c'est curieux ! que c'est beau! » Et des membres nouveaux s'inscrivent sur les listes de ces sociétés,comme des ncophytes pleins d’ardeur.
« Quoi de plus beau, en effet, au point de vue esthétique le plus restreint et le plus impersonnel, que les nébuleuses spirales, par exemple, formées de poussières de soleils? que les aurores polaires? que les éruptions volcaniques? que toute la vie, en un mot, de ce grand ensemble, agissant : l'Univers? » Qu'on y ajoute, pour l'homme instruit, le côté scientifique pur, le sentiment de la difficulté vaincue pour arriver à « savoir », la compréhension des eflorts des générations passées et présentes et de ce qui reste à faire aux générations à venir : et l'on comprendra que l'esprit le plus vaste puisse toujours trouver dans la culture des sciences du Ciel et de la Terre un champ plus vaste que lui.
C'est dans ce milieu d'élite que se rencontre l'amateur, cet amateur dont la sympathie enthousiaste et souvent d’une activité effective compense la froideur, l'indiflérence (pour ne pas dire, hélas! l'hostilité) que témoigne trop souvent la foule pour les sciences qui, selon son jugement à courte vue, « ne rapportent rien », au moins immédiatement, et dont le bilan se solde par des sacrifices pécuniaires dont les préoccupations électorales étouflent trop souvent la nécessité.
Mais il y a une autre variété d'amateur :
« C’est celui qui, par ses efforts personnels, concourt à l'effort général; qui, avec des moyens restreints, souvent même rudimentaires, fait des choses utiles, luttant à armes inégales avec les grands observatoires et souvent, toutes proportions gardées, arrive à des résultats égaux aux leurs. De ces amateurs, certains s'élèvent au tout premier rang. Nous citions tout à l'heure des noms de gloires scientifiques contemporaines : le passé nous en offre également une pléiade. Fautil rappeler le musicien William Herschel, obtenant des résultats que les recherches les plus modernes n'ont jamais déclassés? Dans toutes les sciences, nous trouverions des exemples analogues : le bourgmestre Otto de Guericke, le conseiller Fermat, le philosophe Pascal, lord Ramsay, et cent autres, sans oublier ces rois d'Espagne et de Portugal, ces calites de Bagdad, ces empereurs de Chine, ces rois d'Egypte qui ont protégé l’Astronomie et l'ont méme, comme Ptolémée, pratiquée avec honneur.
« C'est surtout dans les recherches collectives que l’amateur, ainsi compris,devientunartisan utile du progrès scientifique. Mille observateurs de bonne volonté, munis d'instruments médiocres, peuvent aborder des problèmes devant lesquels l'observatoire unique le mieux outillé serait impuissant. »
Changements atmosphériques, perturbations sismi-
Le comte À DE GRAMONT, membre de l'Institut.
Ci, L. Rudaux
Une installation élémentaire :
Pavillon astronomique, en bois, avec toit en toile peinte tournant sur un pivot fixé à un arc métallique.
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