PREMIÈRES MESURES DE LA
TERRE
ques incandescentes; il est donc attiré avec un excès de force qui explique l’anomalie par excès de la pesanteur. Sur les continents, au contraire, au-dessous desquels l'épaisseur de l'écorce est plus considérable, le point attiré se trouve plus éloigné du noyau central de grande densité. Par conséquent, la pesanteur doit y présenter une anomalie par défaut.
Nous verrons, au chapitre suivant, une conception très originale, la {héorie tétraédriq ue de la Terre, qui permet de rendre compte des anomalies de la pesanteur.
Nous avons maintenant terminé l'exposé des méthodes de la Géodésie; mais, avant de clore ce chapitre, il est bon de jeter un coup Hypothèse de LIPPMANN sur l'inégalité d'œil sur l'histoire des me- ÉPAISSEUR de l'ÉCORCE terrestre
sures géodésiques
c'est en même temps l'histoire de l'établissement du système métrique, une des plus belles applications pratiques de l’Astronomie.
219. Histoire des mesures géodésiques. Les premières mesures de la Terre. — La première opération géodésique connue a été faite par Ératosthène, géomètre de l'école d'Alexandrie, vers l'an 250 avant Jésus-Christ. Le savant grec avait remarqué que, le jour du solstice d'été, à midi, le Soleil éclairait verticalement le fond des puits de la ville de Syène, située sur le Nil, et que les obélisques n’y portaient point d'ombre: il en avait tiré la conséquence que, ce jour-là, à midi, le Soleil passait au zénith de cette ville (fig. 167
D'autre part, à l'aide de la mesure de la longueur de l'ombre d'un gnomon, il avait constaté que le même jour, à midi, à Alexandrie, le Soleil était à une distance angulaire de 7 degrés et 12 minutes du zénith. Il en déduisit que la différence des latitudes de Syène et d'Alexandrie devait étre précisément de 7 degrés et 12 minutes. Comme à cette époque, Ptolémée, qui régnait sur l'Egypte, avait fait procéder à un cadastre exact de ses États, Ératosthène connaissait, par les travaux des arpenteurs, la distance qui séparait les deux villes; cette distance était de 5000 stades; il en déduisit qu'un degré valait 5 000 : 79 11", soit 694 stades,
On connait aujourd'hui, d'après les travaux des égvptologues, la valeur exacte du stade égyptien, et le résultat d'Eratosthène, traduit en mètres, donne pour circonférence d'un méridien 40500000 mètres (au lieu de 40000000), ce qui est une précision étonnante, étant donné le peu de perfection des
instruments employés, étant donné surtout que c'était la pre-
mière mesure géodésique exécutée et qu'Eratosthène n'avait
rien qui pût le guider dans les travaux de ses prédécesseurs. Posidonius et Ptolémée lui-même reprirentces mesures après
Te
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MESURE DE LA TERRE par les anciens EGYPTIENS, d'après une
découverte sur les murs d'un tombeau, à Thèbes