‹ Le ciel. Illustré sous la direction de Lucien RudauxChapitre 319 sur 390 · BRUSQUES · texte numérisé non relu

BRUSQUES

Le « CARNEGIE », navire construit SANS FER, en vue de l'étude du MAGNÉTISME terrestre

à la surface des OCÉANS.

Naturellement, une carte magnétique ainsi construite, et qui est indispensable aux marins pour leur permettre de faire subir aux indications de leur boussole la correction de déclinaison nécessaire, n'est exacte que pendant une durée restreinte; elle doit étre modifiée au bout de quelques années. Il y a donc là un travail considérable auquel sont astreints les observatoires magnétiques, afin de déterminer les documents qui doivent être communiqués aux services hydrographiques chargés de la confection des cartes marines à l'usage des navigateurs.

271. Les variations brusques du magnétisme terrestre. — Les « orages magnétiques ». — Indépendamment des variations périodiques dont nous avons parlé, et qui constituent un phénomène parfaitement régulier, le magnétisme subit des variations brusques: ainsi, de temps en temps, les appareils enregistreurs dont nous avons donné le principe montrent sur leurs cylindres des courbes qui présentent, en plus des sinuosités correspondant aux variations diurnes, de brusques et grandes dentelures qui indiquent une perturbation importante : ces perturbations constituent les orages magnétiques.

Pendant un orage magnétique, les aiguilles des appareils sont, pour ainsi dire, afiolées, même les aiguilles des boussoles ordinaires. Ce qu'il y a de particulièrement remarquable dans ces phénomènes, qui se font généralement sentir sur une portion considérable de la surface terrestre, c'est qu'ils coincident généralement avec l'apparition des aurores polaires et avec la production de phénomènes sismiques de grande intensité. Cela ne doit pas nous surprendre, car nous avons parlé, en commençant, de l'influence qu'avaient sur le magnétisme les mouvements du noyau interne, et les conséquences qui résultent de ces mouvements au point de vue des chocs, des ébranlements communiqués à l'écorce elle-même. Une chose, en tout cas, bien établie par de longues séries d'observations, c’est la coincidence des années où le nombre des tempêtes magnétiques constatées est le plus grand avec celles où le nombre des taches du Soleil passe par un maximum.

Enfin, indépendamment de ces variations brusques, ou anomalies « dans le temps », le magnétisme terrestre est sujet à des variations dans « l’espace » ou anomalies locales. On constate ces anomalies par la contorsion brusque des isogones qui, dans dans la région incriminée, perdent leur allure régulière pour prendre une allure «tourmentée ». Par exemple en Bretagne, en Corse et dans la région de Paris, où les isogones prennent, en se repliant sur eux-mèmes, la forme d'un S très serré. En ce qui concerne cette dernière anomalie, elle n'est pas explicable par la nature plus magnétique » du sous-sol, celui de Paris étant calcaire. L'anomalie en question est encore mal expliquée et constitue les problèmes nombreux qui restent

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