‹ Le ciel. Illustré sous la direction de Lucien RudauxChapitre 347 sur 390 · L. Rudaux t. L. Kuuaux · texte numérisé non relu

L. Rudaux t. L. Kuuaux

Aspect caractéristique Surface d'une roche du Jura, POLIE et STRIÉÈE par la descente des anciens des ALLU VIONS QUATERNAIRES GLACIERS

œues ont donné le nom d'époque pléistocène, ” = et qui eurent pour eflet d'amener des mi- 4

srations considérables d'animaux des ré- 7

gions septentrionales vers les régions tem- À perces.

Ce sont ces précipitations et les ruissellements qu'elles causèrent qui ont amené le dépôt des alluvions quaternaires au-dessus desquelles sont les limons qui constituent des terres de culture de premier ordre. A la fin de l'ère quaternaire, les volcans d'’Auvergne sortirent de leur long sommeil et la chaine des Puys nous apporte ce témoignage de réveil relativement récent. Enfin, peut-être sous l'action du surcroit d'acide carbonique lancé par des éruptions, la température s'éleva, les glaciers reculèrent et les conditions météorologiques actuelles se trouvèrent réalisées.

En mêmetemps disparaissaient les grands mammifères comme les mammouths, les ours des cavernes, les grands cerfs, les mégathériums, les dinornis. Mais alors Squelette du CERVUS MEGACEROS Squelette du srand OURS DES CAVERNES un être nouveau, et qui devait régner en

maitre sur la Terre, se répandit sur le globe : C'était l'homme. Nous avons vu que des traces certaines de son existence avaient été découvertes en Angleterre, au cours de l'année 1921, dans des terrains nettement tertiaires ; à partir de l'ère quaternaire, ces traces abondent. E

La présence de l'homme à l'ère quaternaire est prouvée par la présence d'ossements humains que l'on n'a trouvés, jusqu'ici, que dans les seuls terrains quaternaires; elle est prouvée aussi par les découvertes, faites dans ces terrains, d'objets manifestement travaillés par la main de l'homme : ce sont d'abord des objets en silex taillés par éclats, objets qui cut fait donner à cette époque le nom d'époque paléolithique ou de la pierre taillée. Mais bientôt le travail devient plus parfait, les objets trouves sont polis, et c'est l'époque néolith ique ou de la pierre polie, après laquelle on trouve les premiers objets faits avec les métaux que l'homme avait su, peu à peu, extraire des minéraux de l'écorce. Ce sont successivement l’âge du bronze et l’âge du fer. Et alors la géologie cesse et

« l'histoire » commence.

29%. L'âge de la Terre.

- Mais quand on a parcouru, comme nous venons de le faire trop rapidement, l'histoire du passe de la Terre, on ne peut empêcher une question de se poser naturellement à l'esprit : cette question est celle de l’âge de la Terre.

Comment faut-il, exac- Le crâne de l'HOMME FOSSILE Squelette de l'ELEPHAS MERIDIONALIS de Durfort. tement, entendre ces de la CHAPELLE-AUX-SAINTS

PACERCDE NCA

Objets TAILLÉS en SILEX et de bois de RENNE : a. Époque moustiérienne :

b. Solutréenne ; c. Magdalénienne.

mots : «l’âge de la Terre » ? Il est assez malaisé de préciser rigoureusement ce qu'on entend par là, à cause de la difficulté qu'il y aurait de savoir à partir de quel moment a commencé l'existence autonome du noyau nébuleux dont la condensation a constitué notre globe.

Mais, si l’on est impuissant à connaître ce moment précis, du moins la science est-elle aujourd'hui suffisamment avancée pour pouvoir supputer le nombre de siècles qui s'est écoulé à partir du moment où l'écorce, en se solidifiant, a emprisonné le magma interne, et où la Terre, par conséquent, a commencé d'être un globe « solide ». Sous cette forme, la question de l’ «âge de la Terre » se précise davantage.

Pour arriver à évaluer ce nombre de siècles, on peut prendre pour points de départ des phénomènes très diflérents les uns des autres.

En particulier, on peut se demander quel a dü être le temps nécessaire pour réaliser le degré de salure que nous constatons dans l’eau des mers actuelles, en admettant que cette salure soit obtenue par l'apport des matières que les eaux de ruissellement ont arrachées, par voie de dissolution graduelle, à l'écorce solide le long de laquelle elles coulaient. Des savants allemands ont essayé de supputer ce temps, en calculant combien de sel les fleuves existant actuellement apportent annuellement à la mer, et en comparant la salinité résultant de cet apport à la salure totale des océans.

On arrive ainsi à trouver qu'il a fallu un nombre minimum de cent millions d'années pour réaliser la salure actuelle des mers, telle que nous la voyons aujourd'hui.

Mais, ce chiffre de cent millions, ilest bien difficile de l’admettre ainsi obtenu ; au début de la condensation de la vapeur, l'eau de ruissellement coulait à une température très élevée : elle enlevait donc à l'écorce, par voie de dissolution, beaucoup plus de substances salines qu'elle n'en enlève actuellement, à la température beaucoup plus basse à laquelle elle coule aujourd'hui. Aussi, quelque original que soit ce procédé de calcul de l’âge de fa ‘Terre, il ne doit cependant être considéré que comme un moyen très imparfait de nous fournir un résultat numérique présentant quelque probabilité d'exactitude.

Un éminent géologue d'outre-Manche, sir Archibald Geikie, a tenté une évaluation fondée sur des bases plus solides : il s'est appuyé, pour cela, sur l'étude des phénomènes de la

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sédimentation, c'est-à-dire du dépôt des couches stratifiées dont la superposition constitue l'écorce terrestre.

On évalue à environ 30000 mètres l'épaisseur des dépôts sfratifiés dont l'ensemble constitue la croûte solide qui recouvre la Terre. D'autre part.on admet qu'il faut entre 3000 et 20000 années pour que, par sédimentation, une couche de 1 mètre d'épaisseur puisse se déposer. On voit dès lors que le temps nécessaire pour la formation de toutes les couches stratifiées connues à la surface de la Terre doit être, en chiffres ronds, compris entre cent et mille millions d'années ; et en faisant cette évaluation, on ne tient pas compte du temps nécessaire aux formations précambriennes, qui a, sans doute, dû étre plus long encore; cela donne, pour la durée totale nécessaire à la constitution de l'écorce actuelle, un chiffre qui peut atteindre et mème dépasser la valeur de deux mille millions d'années !

Après les géologues, les géographes sont venus apporter une estimation basée sur un principe tout à fait différent : ils ont étudié les plissements de l'écorce terrestre qui constituent les chaines de montagnes, plissements qui proviennent des aflaissements graduels de l'écorce, à mesure que se contracte, par refroidissements successifs, le novau intérieur qui, dès lors, ne la soutient plus en tous ses points. En se contractant pour s'appliquer de nouveau sur le noyau qui la fuit, l'écorce s’est ridée, s'est recroquevillée, comme le fait la peau d'une pomme cuite.

Or, on peut évaluer avec une exactitude relativement assez grande la superficie exacte des chaines de montagnes, cette superficie étant mesurée sur leurs flancs et non pas seulement en projection sur les cartes géographiques : on trouve que cette superficie est environ un centième et demi de la superficie totale du

globe terrestre.

On peut en déduire le raccourcissement qu'à dû éprouver le rayon de la Terre pour arriver à ce résultat, et on trouve ainsi qu'il a dû se raccourcir d’un peu moins du centième de sa valeur. Cette contraction correspondrait à un abaissement de température de plus de 300 degrés, et cet abaissement aurait exigé, pour se produire, environ deux mille millions d'années.

Voici donc un chiffre de deux mille millions d'années, du même ordre de grandeur que celui auquel était arrivé sir Archibald Geikie comme limite supérieure. Nous allons le voir confirmé par d'autres estimations dont le point de départ est tout à fait différent, dues cette fois à des physiciens, et basées sur les phénomènes de la radioactivité.

On sait, depuis les travaux du physicien anglais Rutherford, que l'émanation des corps radioactifs se transforme peu à peu en hélium, et combien un poids déterminé d'uranium, par exemple, laisse émaner d'hélium au cours d'une année.

D'autre part on à déterminé la teneur en hélium des minéraux dont on peut extraire l'uranium, le thorium ou les corps radioactifs.

En se basant sur la quantité d’hélium contenue dans des minerais, on à pu évaluer à 954 millions d'années l’âge de certaines roches de Norvèwe, et à 286 millions celui de certaines roches de Ceylan, On à pu égalementattribuer

Aspect RIDE de la peau d'une POMME CUITI analogie avec les PLISSEMENTS de l'écorce terrestre

Aspect caractéristique d'un terrain SCHISTEUX (résion des Pyrénées)

320 millions d'années à la « terre bleue de Kimberley et 600 millions à la roche archéenne de l'Ontario. On a même dépassé ces chiffres en étudiant certaines masses rocheuses de Suède, auxquelles on a été conduit à attribuer 1 000 et 1 300 millions d'années. En examinant certaines roches de l'Amérique du Nord, on est arrivé à 1 400 millions et l'examen des roches des environs de Colombo a permis de fixer leur àge à plus de

1600 millions d'an-

RE

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