‹ Le ciel. Illustré sous la direction de Lucien RudauxChapitre 360 sur 390 · RELATIVITÉ · texte numérisé non relu

RELATIVITÉ

La grande NEBULEUSE qui entoure Mérope (Pléïades). Photographie de l'observatoire du Mont Wilson, le 9 octobre 1909, avec 5 heures de pose Le RAYONNEMENT des étoiles les plus brillantes est caractéristique de l'emploi des télescopes à MIROIRS.

l'heure où le génie de Branly nous a donné « l'œil électrique », le détecteur, qui nous permet de les recevoir.

Il y a une autre ob;ection, grave, celle-là. « Un rayon lumineux, nous dit Einstein, est doué de masse; mais, en même temps, toute masse augmente avec la vitesse et devient infinie si le corps considéré marche avec la vitesse de la lumière. La masse d’un rayon lumineux doit donc étre infinie. » Mais alors, comment nos corps, qui reçoivent de tous côtés des rayons de lumière, ne sont-ils pas pulvérisés, anéantis, par le bombardement continu de cette infinité de projectiles dont chacun à une masse infinie, arrivant sur nous à la vitesse de 300 000 kilomètres à la seconde (1)?

Il y a les objections d'ordre philosophique. La relativité généralisée nous conduit à la notion d'un Univers « fini, quoique illimité», dans lequel un rayon lumineux, après en avoir fait le tour par la somme de ses trajectoires curvilignes, reviendrait à son point de départ. Les rayons issus du Soleil devraient donc revenir converger au même point après un nombre suffisant de millions d'années. Le foyer de convergence aurait ainsi les caractères d'un vrai Soleil en ce qui concerne la lumicre et la chaleur, mais il ne s’y trouverait aucune matière, Ainsi nous

(1) Nous recommandons aux lecteurs désireux de pénétrer plus avant dans la question de la relativité, le livre du commandant G. Mocn:1nitiation aux théories d'Einstein (1 vol., Librairie Larousse), Is y trouveront un exposé sincére, clair, très précis, de la théorie d'Eainstein, fait dans un lanvage sobre, mais toujours lumineux, C'est la meilleure «introduction» que l'on puisse recommander, avant d'aborder la lecture d'ouvrages plus importants sur cette question difficile,

pourrions voir une série de fantômes du Soleil correspondant aux points où il était il y a un, deux, trois... milliards d'années! Et on arrive à cette autre conclusion que les étoiles que nous observons ne sont, peut-étre, que des images optiques d'étoiles antérieures, réalisées par cette convergence des rayons revenus à leurs points de départ !!

Je ne fais que mentionner la « fantaisie » d'un relativiste militant, imaginant un voyageur quittant notre globe dans un véhicule animé d'une vitesse très voisine de celle de la lumière, restant deux ans en route, et, après ces deux ans, revenant sut

tout tout en

la ‘lerre, qu'il trouverait vicillie de deux cents ans, n'ayant lui-méme vécu que deux années de son existence ? c'est du domaine de la plaisantei ie.

Quant à la notion de l'Univers /hu, elle ne satisfait pas l'esprit, qui se demande forcément ce qu'il y a « après »

Alors quelques

ent notre Univers comme un globule

disciples d'Einstein envisi d'éther isolé au milieu de l’espace sans fin; au milieu de cet espace sont sans doute d'autres Univers analogues, qui nous demeureront à jamais inconnus ! EUCils se posent la question di savoir si l'éfher (qu'ils ne nient plus cette fois) nous est réell ment connu; dans le voisinage de notre système solaire, ce mi lieu se confondrait avec l'espace et le temps; mais, par ailleurs on ignore tout de sa structure dans les mondes lointains \insi les astronomes n'auraient jamais pu noter que |

rivée des rayons lumineux qui impressionnent leurs instru ments, et seraient concamnés à ignorer toujours l'endroit t

\Nlais, alors, t devient la notion, fondamentale en relativité, de la cons

leur départ, les conditions de leurs trajets!

de la vitesse de la lumière ?...

de L’ « ESPACE-TEMPS »

très résumés, les points caractéristiques de la théorie

a fait tant de bruit. Défendue en France par

C n Langevin, Jean Becquerel, Hadamard,

( \ I Ile a été combattue par d'autres savants comme

Em. Pi P levé, Lecornu, Dunoyer, Daniel Berthelot, l'e Moreux, pour n’en citer que quelques-uns.

En somme, voici ce qu'a fait le savant allemand : constatant que les équations du mouvement n'étaient pas absolument aussi simples qu’on l'avait cru jusqu'alors et qu'on ne pouvait faire cadrer certaines observations nouvelles avec la loi qu'en imposant quelques retouches à celle-ci, il a voulu substituer à la conception de Newton une autre conception plus générale qui, d’ailleurs, se ramène à l’ancienne, comme « cas particulier », dans la très grande majorité des cas. Partant de cet axiome que l'énoncé d'une loi physique quelconque doit étre indépendant du choir des coordonnées qui servent à la formuler, il parvient, par ses magnifiques développements mathématiques, à une conception de l'Univers d’une abstraction étonnante, puisque la présence de la matière ne s’y traduit plus que par les variations de la courbure d'un « hyperespace » spécial figurant l'Univers et dans lequel nos notions familières de l'espace et du temps disparaissent par suite méme de leur combinaison nécessaire. C'est donc une conception spiritualiste au suprème degré.

Dès lors, plus n'est besoin de faire intervenir l'attraction, la gravitation, une force quelconque ou même l'éfher. Les « modalités » que nous appelons corps matériels sont affranchies de toute contrainte, et la seule loi à laquelle elles soient soumises est de se mouvoir avec la plus grande facilité qui soit possible. Et, finalement, d'après la théorie d'Einstein, tous les problèmes de la création se ramènent à de simples questions de Géométrie. Et ainsi disparaissent d'eux-mêmes tous les problèmes angoissants que soulevait la propagation instantanée de la gravitation, puisque cette force hypothétique se ramène à une propriété de ce continuum formé par l’espace-temps.

Si des expériences cruciales, absolument probantes, viennent confirmer foules les conclusions de la théorie relativiste, il est certain qu'elle apportera dans la science une modification plus grande que celle qui y fut apportée par la découverte de la rotation de la Terre et de sa mobilité autour du Soleil. Mais, même dans ce cas, et du propre aveu des relativistes, les lois journalières, usuelles, de la Mécanique et de la Physique expérimentales, dont nous faisons application constante, ne seront pas modifiées en pratique, les modifications qu'y apporte la relativité étant infinitésimales, même pour des vitesses de projectiles extra-rapides.

Que vivront ces théories nouvelles? Sans doute ce que vivent toutes les théories : l'espace d'un matin. Les théories sont des outils dont se sert le savant pour construire l'édifice de la science; les artisans du moyen âge n'avaient à leur disposition que des instruments grossiers, remplacés aujourd'hui par l'outillage moderne : cela ne les a pas empêchés de construire avec eux d’immortels chefs-d'œuvre. Ainsi en est-il des théories : elles sont, fatalement, remplacées un jour ou l’autre par d’autres théories plus complètes, plus voisines de cette absolue

VÉRITÉ vers laquelle nous courons sans cesse, comme la gazelle altérée court aux palmiers qui abritent la source d’eau claire. Mais elles laissent du moins, comme trace de leur existence, les découvertes qu'elles ont contribué à faire.

La théorie d’Einstein aura eu, en tout cas, un gnérite immense : elle aura provoqué un prodigieux « mouvement d'idées ». Elle aura révélé des virtuosités mathématiques insoupçonnées; elle aura amené les esprits à réfléchir un peu sur les notions troublantes de l'Espace et du Temps, qui semblent les limites imposées par le Créateur à l'essor toujours plus audacieux de la pensée humaine. Et, n’eût-elle obtenu que cet unique résultat, ce serait pour elle un beau titre de gloire.

Nous voici arrivés à la fin de ce livre.

Au cours de ses pages successives, nous avons essayé de déchiffrer les lois qui règlent les mouvements des corps célestes; nous avons tenté de dénombrer les planètes, les étoiles, les nébuleuses; le spectroscope a déchiré à nos yeux une partie du voile qui entourait les Soleils de l’espace en nous faisant connaitre leur nature, en nous permettant de mesurer leurs vitesses. Et, toujours, nous pensons à des astres plus nombreux, plus éloignés, parsemés dans un espace plus profond! Les évaluations mêmes des relativistes assignent à notre « Univers sphérique » un diamètre de 300 millions d'années-lumière, et ce n’est sans doute qu'un des innombrables Univers qui peuplent l'étendue sans fin du ciel qui nous entoure.

Qu'elle est donc belle, cette science de l’Astronomie! Comme il faut admirer sans réserves les savants désintéressés qui se livrent à son étude! Et, pour cela, nous ne pouvons faire mieux que de reproduire une des plus belles pages du grand mathématicien-philosophe qu'était Henri Poincaré.

« Pourquoi l’astronome s'astreint-il à une besogne fatigante « et fastidieuse, à des veilles prolongées dans des conditions « dépourvues de confort? Ce n’est certes pas le mirage des gros « traitements qui l'y décide... Non; s’il travaille sans se plain- « dre, c'est pour contribuer à une œuvre grandiose, qui doit « exalter l'âme humaine, la rendre plus voisine de Dieu, et en « même temps plus fière d'elle-même; et quoiqu'il ne doive « souvent voir, lui-même, qu’un petit coin des cieux, il se sent « cependant grandi: voilà ce qui le récompense de ses longs « travaux | »

Oui, tournons-nous vers le Ciel : il symbolise l'éternelle Vérité; sa contemplation nous élevera au-dessus des petitesses de la Terre; son étude nous consolera des turpitudes humaines. Et nous en sortirons meilleurs, parce que nous y aurons appris que l’homme, grain de sable dans le double infini de l'Espace et du Temps, ne doit pas s'enorgueillir des découvertes acquises, mais s’eflorcer toujours à pénétrer plus avant dans le domaine mystérieux de la Science, dans ce domaine toujours plus vaste à mesure qu'on y progresse davantage, dans ce domaine où l'esprit trouve les seules satisfactions vraiment complètes qu'il nous soit donné de goûter sur cette Terre

Un dernier coup d'œil sur le Ciel.

Abaissement apparent du ciel pendant les éclipses, 94, 106, Aberration, 35, 44 Accélération sécuiaire de la Lune, 86, 98.

Acharnor, 141, 146 Actinomètres, 70, 82.

ADAMS, 123, 50 Acrolithes, 136, 143, (poids des), 137, 143.

— häturedes), 137, 143.

Ace de la Lune, 216, 213, Age de la Te AGNIEL, 240, 238, Aire (principe des), 26, 29, | Albedo, 84, 96.

— de Vénus, 108, 121 | Aldébaran, 141, 146, = 142, 148. ALEMBERT (D'}, 230, 227.

Algol :étoile double), 148, {58 Alluvions, 293, 293, Ar, Maumoux (calile), 2 Alnicantarat : petit cercle de la sphère céleste parallèle à l'ho rizon Allaïr, 141, 146, Amas stellaires, ?, f.

— 149, d'Æercule, 14: ; du Zoucan, 159, 158.

du Verseau, 149, 154.

ANDRÉ, 112, 123, Andromède (nébuleusoe), 3, ?.

142,148 161, /60, Anneau des petites planètes, 114, Anneaux de Salurne, 119, /28. | - (dimensions des), 119, 124, | — (division des), 119, 28 apparences des), 119, 124 Anneaux do diffraction, 189, {90 — 203, 200,

INDEX ALPHABETIQUE

Les noms composés en CAPITALES sont des noms propres; ceux en wWaliques Sont des noms d’astres.

Les chiffres romains indiquent les pages: les chiffres penchés, le paragraphe.

Aunée sidérale, 41, ôf.

tropique, 42, 51.

\nnée-lumière, 146, 151.

Anomalies de la pesanteur, 248

Aularès, 141, 140,

158, 57 bis.

- diam. appt.d), 204, ?0/ \utipodes,

ANTONIADI

Apex solaire Aplatissement dé

\posr( 6, A3,

la Terre, 30

Applications de l'Astronomie, 207

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