VÉRIFICATIONS
sibles à nos mesures, à cause de leur extrême petitesse, au moins tant que nous ne réaliserons pas de vitesses quisoient très voisines de celle de la lumière.
Mais il y a trois conséquences dont on peuttenter la vérification :
La première est l'avance du périhélie de Mercure, dont nous avons parlé au chapitre des planètes.
Cette avance, assez mal déterminée d’ailleurs, a comme valeur « admise »
42!'; or Einstein trouve, par ses calculs, 42,9, C'estévidemmentuneconcordance remarquable, «trop remarquable même», dit M. Emile Picard, l’éminent secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences, « tant d’influences incomplètement analysées devant s'exercer dans le voisinage du Soleil ».
Mais tout récemment le professeur Maillard, de l'Université de Lausanne, dans un magistral mémoire sur la gravitation, a montré que l'on pouvait arriver beaucoup plus simplement, non seulement à calculer l'avance du périhélie de Mercure avec la plus grande exactitude, mais encore celle des autres planètes, ce qu'Einstein ne peut faire qu'imparfaitement:; il a même réussi à calculer l'accélération lunaire, ce que la relativité a été, Jusqu'ici, impuissante à faire
La seconde vérification est la déviation du rayon lumineux issu d'une étoile et passant près du Soleil, sous l'action attirante de la masse de cet astre. Cette vérification a été tentée lors des éclipses totales du 29 mai 1919 et du 20 septembre 1922: les astronomes anglais qui l’ont observée ont cru pouvoir annoncer une légère déviation, mesurée sur leurs clichés photographiques. Mais elle était bien faible et des doutes ont été
élevés à cause des déplacemen nts que peuvent A subir les points impressionnés, du fait des éclairages concomitants subis par la gélatine.
Enfin, il y a le déplacement des raies vers le rouge. Deux de nos plus habiles spectroscopistes, MM. Fabry et Pérot, se sont attelés à cette tâche : leurs résultats ne sont pas suffi-
Phot. Manuel.
Émile PICARD, secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences.
PE ; samment nets pour être concluants. On peut Éoile donc dire que la question reste ouverte . adhuc do sub judice lis est.
305. Les objections à la théorie de la relativité.— Les objections sont nombreuses. Outre celle qui part du fait que la théorie d'Einstein repose sur un postulat, il y en a d’autres qui méritent considération.
Il y a d’abord la difficulté des vérifications abordables, l'impossibilité des autres. On est donc forcé d'admettre les conséquences des développements mathématiques. Or, s'il est vrai que ceux-ci constituent un édifice merveilleux et, en fait, inattaquable au point de vue de la forme, ils n'en partent pas moins d'un point de départ arbitraire et ils conduisent à des conclusions dont l’une, tout au moins, est bien faite pour heurter violemment le bon sens : c'est celle qui nous dit qu'aucune wrfesse ne peut dépasser celle de la lumière !
Pourquoi? quelque grande que soit une vitesse, l'esprit en conçoit une plus grande. Et puis, savons-nous s'il n'existe pas, dans la nature, d’autres forces qui se propagent plus vite que que les radiations lumineuses, la gravitation, par exemple ? Pour Einstein, nous ne communiquons avec l'Univers extérieur que par la lumière : mais c'est que, jusqu'ici, c'est le seul moyen que nous ayons trouvé, et rien ne nous dit quilnya pas d’autres forces insoupçonnées qui nous enveloppent de l’invisible réseau de leurs ondes mystérieuses, tout comme les ondes électriques nous enveloppaient depuis le commencement du monde: et cependant nous ne les connaissons que depuis
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