LES CAUSES DU DÉPLACEMEN
s terrestres se déplacent continuellement. Les astronomes la période du phénomène était de 430 jours, e pl de vagabond repassait par le même méri- 1 14 mois.
l rtance de l'écart entre la position réelle du sa position théorique, elle varie et semble croître avec le temps: actuellement, le déplacement est assez faible pour pouvoir ètre circonscrit dans un carré dont le côté est de sept dixièmes de seconde (/ig. 56), comme le montre la figure qui donne l'itinéraire, mesuré jour par jour, du pôle Nord entre les années 1912 et 1918. Le plus g A écart est, comme on peut le constater, de trois dixièmes de seconde. La courbe qui représente le phénomène n ‘est pas, on le voit, une courbe fermée : le pôle, au bout de 430 jours, repasse par le même méridien, mais ne passe pas au même point de ce méridien.
. Les causes du déplacement des pôles. — Une fois certains du fait, les savants ont naturellement cherché à en trouver la cause et à en donner l'explication.
En présence de la complexité du phénomène, de sa périodicité de 430 jours, si différente des périodes astronomiques qui interviennent dans les mouvements de la Terre, c'est à l’Analyse mathématique qué se sont adressés les astronomes pour apporter la lumière sur cette question.
En groupant toutes les observations faites jusqu'à 1893; on a obtenu ce premier et très important résultat que le mouvement du pôle peut être exprimé par une formule à deux termes, tous deux périodiques : la période du premier serait en moyenne de 430 jours et celle du second de 365 jours, soit 14 mois et 12 mois, respectivement. Il y a donc lieu de rechercher séparément les causes de ces deux ordres de périodicité.
En ce qui concerne le premier terme, celui dont la période
est de 430 jours, on a constaté que ce chifire s'accorde avec un résidu astronomique, provenant de l’action de la Lune sur le entlement équatorial du globe terrestre. On sait (et nous le verrons plus loin) que, pris dans son ensemble, notre globe a une élasticité comparable à celle de l'acier. Or le calcul montre que, dans cette hypothèse, la période du déplacement polaire pourrait étre de 427 jours, nombre qui cadre d’une façon remarquable avec celui de 430 jours précédemment indiqué.
Et, d'un autre côté, des observations du niveau de la mer, faites avec la plus grande précision à l'aide des appareils enrecistreurs de marées, ont fait voir qu'en Hollande d'une part, et en Californie d'autre part, il existait des élévations et des abaissements périodiques du niveau océanique, dont la période était précisément égale à 14 mois, c'est-à-dire à 430 jours.
Quant au second terme, celui dont la période est de 365 jours l'explication en est plus facile à donner, car 369 jours constituent une périodicité annuelle, c'est-à-dire du même ordre que celle des phénomènes, météorologiques, liés au mouvement de la Terre autour du Soleil. Les déplacements des masses d'air entre l'hiver et l'été doivent en ètre la cause principale.
Pendant l'hiver, en effet, une masse d’air se trouve au-dessus des continents plus froids, et, par suite, cette masse y a une plus grande densité: la masse totale d'air ainsi accumulée l'hiver au-dessus des continents est donc en excès sur celle qui recouyre les océans, et cet excès, qui a été calculé, s ‘exprime par le nombre de 14 milliards de tonnes.
Or, pendant l'été, cette masse colossale se déplaceet va s'installer sur alors plus froids que les continents qui sont, pendant la saison chaude, recouverts par des masses d'air chaud, donc moins dense. On comprend alors aisément que le
les océans,
TeDES
DÉPLACEMENTS fictifs d'un observatoire dont la coupole a 10 metres de diametre, par suite du dépl:cement réel du pôle terrestre.
dicité de ce balancement, qui est d'une année, ait comme coroË laire la périodicité de 365 jours dans le déplacement des pôles:
Tous les phénomènes qui amènent des modifications dans l'apparence extérieure de la Terre peuvent et doivent agir également, avec plus ou moins d'intensité, sur le déplacement des pèles ; les érosions, les exhaussements et les abaissements, les modifications brusques apportées à l'aspect de notre globe par les phénomènes sismiques ou volcaniques donnent forcément leur concours au déplacement des pôles.
Et si, plus tard, par une discussion, de plus en plus serrée, d’une longue série d'observations, on arrive à voir clair dans la loi de ce déplacement, bien des faits encore obscurs dans l'histoire du passé de la Terre seront expliqués avec la plus grande clarté, apportant ainsi à la Géologie l’aide précieuse et indispensable des sciences exactes et de leurs dernières conquites, sans lesquelles toute science est vaine.
Mais ce déplacement des pôles nous inspire une ultime r& flexion.
Ces pôles, dont la conquète a suscité tant d'héroismes, sont donc insaisissables: il est matériellement impossible à un explorateur d'y planter le drapeau de son pays: si, un jour, il arrive à poser le pied sur ce point géométrique, où convergent tous les méridiens, le lendemain ce point se sera déplacé vers une autre position. Et tout ce qu'il peut faire, c'est de planter sur la surface glacée quatre piquets, aux quatre sommets d'un carré de 40 mètres de côté, de les réunir par une corde et d'affirmer que le pôle Nord est quelque part, dans l’intérieur de cette enceinte, sans pouvoir préciser à quel point exact il se trouve.
49. Irrégularités dans le mouvement de translation. — Les irrégularités dont nous venons de parler affectent le mou vement de rotation de la Terre autour de son axe. Mais le mouvement de franslation dont elle est animée autour du Soleil, selon les lois de Képler, subit, lui aussi, des perturbations qui en troublent la régularité.
Le globe terrestre, nous disent les lois de Képler, doit décrire une ellipse dont le Soleil oc cupe un foyer : c'est parfait. Maisilse trouve quel'ercentricitede cette ellipse varie et diminue uniformément de 60 ki lomètres par an.
Ainsi, l'ellipse orbi= taire,que décrit le centre de la Terre, devenant de moins en moins excen=
déplacement ‘annuel de masses d’une telle importance puisse avoir comme conséquence un balancement de l'axe de la Terre, et que la pério-
L'enceintz à l'INTERIEUR de laquelle le pôle Nord pourrait effectuer ses déplacements.
trée, se rapproche par contre de plus en plus de la forme d’une circonference de cercle.
Si cette décroissance de l'excentricité de l’el-
lipse continuait, l'orbite de la Terre deviendrait un cercle parfait au bout de 40 000 années et le mouvement de translation de notre globe serait uniforme sur le cercle dont le Soleil occuperait le centre. En attendant, le mouvement de translation tend à se régulariser de plus en plus.
Ce n'est pas tout : pendant que l'orbite terrestre tend ainsi à se rapprocher de la forme circulaire, elle se déplace dans son
La Lune,
à l8 distance
de SO Fois /e diaméfre de /8 Terre
FIG. 57. — Le point G, centre de gravité du SYSTEME + LUNE-TERRE », qui décrit, en réalité, l'orbite terrestre.
plan, d'occident en orient, de façon à faire le tour du ciel en 110000 ans; cette rotation, pour très lente qu'elle soit, introduit cependant une nouvelle irrégularité dans le mouvement général qui entraine la Terre sur son orbite.
Il y a plus : l'axe des pôles fait, ayvons-nous dit, avec le plan de l'orbite terrestre un angle de 66° 1/2, ce qui revient à dire que le plan de l'équateur terrestre et celui de l'écliptique font entre eux l'angle complémentaire de 23° 1/2. Or, cet angle, dont ce chiffre est la valeur actuelle, n'est pas rigoureusement constant et diminue de 48 secondes par siècle.
L'équateur et l'écliptique se rapprochent donc l'un de l’autre. Mais cependant ils ne se confondent jamais, car le plan de l'orbite ne fait qu'osciller ainsi, et cela entre des limites très rapprochées. Mais, enfin, ce mouvement introduit dans la translation de la Terre autour du Soleil une troisième perturbation.
Nous allons en voir une quatrième, due à la compagnie obligatoire que nous fait la Lune; celle-ci, en effet, satellite de la Terre, gravite autour d'elle en restant à la distance moyenne de 60 rayons terrestres, et sa masse, rappelons-le, est la SO: