CI. Mont Wilson
Grande protubérance ÉRUPTIVE photographiée à l'observatoire du Mont Wilson,
Mais M. Deslandres est allé plus loin encore dans l'étude de l'atmosphère solaire, et il est arrivé, gràäce au spectrohéliographe, à y distinguer, au-dessus de la surface, trois couches dans la vapeur de calcium. Or, quand on s'élève, les taches caractéristiques de la surface diminuent progressivement, tandis qu'au contraire quand on observe, avec la raie du calcium, les plages brillantes, facules et flocculi augmentent et vont en s'élargissant.
De plus, M. Deslandres a découvert un nouveau phénomène
Henri DESLANDRES, de l'Institut, directeur de l'observatoire de Meudon,
Le grand SPECTROHELIOGRAPHE de l'observatoire de Meudon
; 4 LA" COURONNE-SOLATRE
ans les couches
sphère solaire : ce
ui existent aussi
moyennes, mais qui
iucoup plus développés dans les
)'UCNES SI pel Iieures.
Les filaments noirs caractérisent donc les couches élevées ‘de l'atmosphère solaire et la totalité de leur superficie dépasse celle des taches. Comme celles-ci, ils persistent au méme point pendant plusieurs rotations de l'astre et sont également accompagnés de protubérances et de mouvements éruptifs.
Quand on étudie au spectrohéliographe la surface de la chromosphère, on est frappé de l'apparence «tourbillonnaire »
qu'elle présente. On ne peut s'empècher de la comparer aux résultats des belles recherches de laboratoire entreprises par M. Bénard, en 1900, sur les « tour- OBSERVATOIRE DE MEUDON : le bâtiment du grand sidérostat. billons cellulaires », recherches qui
avaient pour objet les mouvements d’une couche fluide chauflée par en dessous et se refroidissant par le haut : le liquide tend alors à se partager en petits tourbillons élémentaires, donnant à sa surface l'apparence d'une sorte de nid d'abeille. Au point de contact de deux tourbillons voisins, les mouvements sont verticaux et de méme sens, pour devenir verticaux mais de sens contraire au centre des tourbillons.
D'apres M. Deslandres, qui a insisté sur l'intérêt particulier que présentent ces recherches, il y a lieu de rapprocher ces apparences de celles des cyclones et des anticyclones de l'atmosphère terrestre : dans ceux-ci, une aire de basses pressions est entourée généralement d'aires de hautes pressions, et réciproquement, et le réseau des flocculi dans la couche moyenne, celui des alignements dans la couche élevée de la chromosphère ne seraient autre chose que l'indication de la segmentation de la masse fluide en tourbillons cellulaires de dimensions considérables, dont les taches et les facules formeraient les parties centrales. Ce fait a été vérifié à l'observatoire de Meudon par des mesures de vitesses verticales effectuées sur les facules et
CI. Mont Wilson sur leur entourage plus sombre : on a trouvé effectivement des Le $rand spectrohéliographe de l'observatoire du MONT WILSON. vitesses de sens contraires.
SE
LE