‹ Le ciel. Illustré sous la direction de Lucien RudauxChapitre 85 sur 390 · LA LUMIERE · texte numérisé non relu

LA LUMIERE

ZODIACATLE

Le rayonnement lumineux de l’astre n'est qu'une petite partie de son rayonnement total. On a déjà reconnu sur la Terre plusieurs rayons constitués comme ceux de la lumière, mais doués de propriétés différentes; ce sont, en commencant par les vibrations les plus lentes : les rayons de la télégraphie sans fil, les rayons calorifiques, l'émission lumineuse, les rayons ultraviolets et enfin les rayons X.

Dans leur ensemble, ces radiations s'étendent sur environ 40 octaves, dont le rayonnement lumineux proprement dit ne constitue qu'une seule.

Or, le Soleil a montré jusqu'à présent, outre la partie lumineuse, une demi-octave ultra-violette et trois octaves calorifiques. Très probablement les autres octaves sont émises par le Soleil, mais arrêtées par l'atmosphère terrestre en produisant sur elle une action encore mystérieuse et qui reste à déterminer.

En particulier, comme le pense M. Ch. Nordman, qui s’est fait le défenseur ardent de cette hypothèse, le Soleil doit émettre des ondes électriques (ondes de T. S. K.); les perturbations électriques qui se produisent dans son atmosphère de flammes en sont un sûr garant. Mais cette émission n’a pas encore pu, d'une façon certaine, être constatée sur la Terre.

Nous avons vu que le Soleil, outre des rayons, émettait des corpuscules électrisés, qui jouent un grand rôle dans les théories cosmogoniques modernes et qui, en arrivant dans la haute atmosphère, y produisent les aurores polaires.

Le Soleil est donc le foyer d'où partent tous les rayonnements qui viennent affecter notre globe et y modifier, d'une

La LUMIERE ZODIACALE vue d'un sommet des Pyrénées. (Observat. de L. Rudaux, le 26 avril 1913.)

façon visible ou invisible, les phénomènes divers que nous pouvons y observer.

De l'existence de tous ces rayonnements résulte la conclusion que le Soleil doit perdre de son énergie et se refroidir. Mais dans tous les calculs faits dans le but de déterminer le nombre de siècles qu'il lui reste encore à vivre, on n'a pas tenu compte des données récentes acquises par la Physique moderne et relatives à l'énergie moléculaire. Or, on sait que l'énergie représentée par la constitution mème des corps, pour leurs groupements atomiques, est quelque chose de tormidable.

Si l'on pouvait épuiser l'énergie contenue dans un gramme de matière en arrètant les mouvements de toutes les particules élémentaires qui le composent, on recueillerait un travail d'un trillion et un tiers de kilogrammètres. Il faut donc tenir compte de l'énergie « moléculaire » représentée par la masse du Soleil; convertie en energie, cette masse represente plus de 15 trillions d'années de son rayonnement : ce dernier étant pris à son taux actuel.

Voilà une considération toute nouvelle à faire intervenir quand on cherche à supputer la durée future de l'astre du jour.

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