‹ Le ciel intérieurChapitre 1 sur 8 · SUR LE LAC MAJEUR · texte numérisé non relu

SUR LE LAC MAJEUR

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Splendeur du soir, merveille tiède, Je me sens pris à vos liens!

Est-ce ton charme qui m'obsède, 0 tendre lac italien P

Dans cette barque fine et molle, Oii la voile semble à genoux, On dirait que toutes les violes Sont prêtes à frémir en nous.

Les deux rames, sœur de l'eau sombre, Endorment les cris de mon cœur, Berceuses de velours et d'ombre...

La lune flotte avec douceur.

Partout c'est une paix sereine, On est indécis, c'est la nuit...

On ne sent que la faible haleine Du vent d'été qui passe et fuit.

Mais une voix mystérieuse Qui semble naître au bas du ciel Monte et glisse sur l'onde heureuse...

Langueur de soie et goût de miel.

D'autres montent, montent encore, Et se fondent en un seul chœur, Elles ont l'air, nymphes d'aurore, De m 'appeler vers leur bonheur.

Filles des Iles Parfumées, •V qui gémissez-vous ces chants?

Aux fantômes des Borromées Ou seulement à vos amants?

Il me paraît qu'elles répondent Aux mots du silence émouvant En mêlant au lac bleu des ondes De notes, plus graves qu'avant.

Et cette fluide harmonie S'éloigne et s'effeuille au lointain Le lac a l'air d'être sans vie Ou de dormir jusqu'au matin.

Ah! Quel adorable mystère!

Avoir tout l'horizon pour soi, Être seul au monde et se taire Devant les choses que l'on voit!

Mais voici que ma barque oblique Vers le quai d'un immense hôtel Et ses mille feux électriques Me font souvenir du réel!

Je revois... ce qui n'est pas Elle Et qui pourtant m'y fait penser : Une ombre qu'une autre ombre appelle Et la ténèbre des baisers!

UR VlIiLfl CflRLOTTfl

UR ViLLifl CflRiiOTTfl

Grand point blanc sur la sombre rive, Exquise Villa Garlotta, Prends ta palette aux teintes vives Dont le souvenir me hanta.

Vêts tes habits bordés de rêve Et tes manteaux doublés de soir Puisque si mon regard se lève C'est dans l'espoir de te revoir.

Enfin, c'est toi! Toujours pareille Avec tes terrasses sans fin, Tes escaliers gonflés de treilles Et tes ruisseaux de sable fin.

Voici les éternelles rondes Que noue une écharpe d'or vert Pour rendre ta grâce plus blonde Dans cette Italie au ciel pers.

Voici les sources musicales, Voici la cascade d'émaux Où l'on voit un monstre en opales Laisser pendre sa langue d'eau!

Voici les jardins, les allées, Les ponts de bois, les vases blancs Et les collines d'azalées!

Voici les arbres de Ceylan,

Les sensitives et les roses Et puis les décors tropicaux!...

Voici, ce sont toutes les choses Dont mon cœur a gardé l'écho!

Et c'est pourquoi ma randonnée Parmi la splendeur de ces lieux Fait que cette calme journée Est éblouissante à mes yeux!

C'est comme un doux pèlerinage En l'honneur d'un temps qui s'en fut Et dont je ranime l'image A chaque pas de plus en plus...

Lfî BAGUE VERTE

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