‹ Le ciel; notions élémentaires d'astronomie physiqueChapitre 1 sur 214 · DE LA CINQUIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

DE LA CINQUIÈME ÉDITION

La nouvelle édition du Ciel, que nous publions aujourd'hui, n'est pas une simple réimpression, ni même, selon l'expression admise, une édition revue et augmentée . C'est une refonte presque entière de l'ouvrage dont le public a accueilli, avec une si persévérante bienveillance, en France et à l'étranger, les éditions et traductions successives.

Toutefois, la refonte dont il s'agit ne touche ni au cadre, ni au plan de cet essai d'astronomie populaire. Le mode d'exposition, la forme simple du langage que l'auteur s'efforce avant tout de rendre précis et clair, la méthode si naturelle d'enseignement qui consiste à parler aux yeux par la représentation ou l'image des phénomènes, autant qu'à l'esprit par une description familière, tout ce qui, en un mot, donnait au livre sa physionomie propre, reste pour ainsi dire intact dans l'édition nouvelle.

Ce qui a dû changer, c'est ce qui a changé en effet dans le sujet lui-même, non les phénomènes sans doute qui sont, comme la nature, immuables, mais la connaissance qu'en

Il AVANT-PROPOS.

donne la science agrandie, modijRée et, à certains égards, transformée par les progrès continus de dix années d'observations nouvelles.

Entrons à cet égard dans quelques détails.

On sait qu'une nouvelle méthode d'observation , l'analyse spectrale des sources de lumière, a permis d'aborder des questions inaccessibles jusque-là, notamment la constitution physique et chimique des corps célestes, des astres qui composent le monde solaire comme de ceux dont l'ensemble forme l'univers sidéral, en un mot du Soleil, des planètes et des comètes, des nébuleuses et des étoiles. Appliquée au Soleil, et heureusement perfectionnée, cette méthode a permis de recueillir pour ainsi dire journellement des faits, que les éclipses totales, si rares, permettaient auparavant de saisir à peine, pendant la courte durée de l'obscurité totale. Les matériaux les plus précieux se sont accumulés ainsi depuis moins d'une dizaine d'années. Ils ont renouvelé, on pourrait dire bouleversé de fond en comble les vues hypothétiques qu'on se faisait auparavant sur la constitution physique et chimique de notre étoile centrale.

L'auteur a dû donner place à ces faits nouveaux, si intéressants, si imprévus, étendre et refondre les chapitres relatifs au Soleil, à ses taches, aux facules et aux protubérances, et, donnant le pas aux faits sur les conjectures, présenter l'état actuel de la science sur ce point capital d'astronomie physique.

Appliquée aux planètes, aux comètes, aux étoiles, aux nébuleuses, l'analyse spectrale ne s'est guère trouvée moins féconde. Les résultats obtenus ont jeté un jour nouveau, non sur la structure de l'univers dans son ensemble, — c'est un

AVANT-PROPOS. m

point que le télescope a seul élucidé jusqu'ici, — mais sur la composition de la matière dont les plus lointaines étoiles sont formées.

Un autre progrès capital de l'astronomie dans ces dernières années, a été réalisé, grâce à l'accumulation de longues séries d'observations de météores, et à la discussion savante que divers astronomes en ont su faire. Nous voulons parler des étoiles filantes, des essaims de matière cosmique que la Terre rencontre dans sa route, qui se montrent à nous sous la forme de météores fugitifs, et qui paraissent décidément rattachés à la famille de ces vagabondes du ciel, que l'on nomme les Comètes. Là encore, l'auteur a dû compléter la description des phénomènes, et exposer, avec les développements nécessaires, l'explication ingénieuse qu'ils ont suggérée.

Enfin, un événement astronomique, aussi important pour la science qu'il est rare, le passage de la planète Vénus au devant du Soleil, a été observé en décembre 1874; bien que la discussion des observations ne soit point encore terminée, on a pu indiquer quelques-uns des résultats obtenus : ces résultats ont pour objet la distance de la Terre au Soleil, c'està-dire l'unité fondamentale des grandes mesures planétaires et stellaires, et, comme conséquence, la détermination de la masse de notre planète rapportée à celle du Soleil, élément d'une si haute importance pour les théories astronomiques; les particularités du phénomène ont offert aussi quelque intérêt pour la constitution physique de Vénus.

Voilà pour les changements principaux, pour les additions importantes.

Nous ne ferons que mentionner les additions de détail, beaucoup plus nombreuses, que les progrès journaliers de

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