‹ Le ciel; notions élémentaires d'astronomie physiqueChapitre 106 sur 214 · COMÈTE DE HALLEY · texte numérisé non relu

COMÈTE DE HALLEY

D'après sir J. Herschel. — 1. La Comète vue à l'oeil nu, dans Ophiucus, le 24 octobre 1835. — 2. Vue dans une lunette de sept pieds de foyer. — 3, 1, 5, 6. Détails de la tête de la Comète, de la fin d'octobre 1835 au commencement de février 1836.

qu'à l'un de ses passages ; l'arc de courbe observé n'étant jamais qu'une faible partie de l'orbite totale, ne peut donner la courbe entière ou ses éléments que d'une façon très-approchée. Le plus sûr, c'est de pouvoir identifier l'orbite de la comète observée avec celle d'une comète antérieurement cataloguée : l'intervalle écoulé est considéré alors comme égal, soit à la période même, soit à l'un de ses multiples. C'est ainsi qu'a été reconnue la périodicité de plusieurs des comètes, en petit nombre, il est vrai, qui appartiennent d'une façon permanente à notre système.

Ainsi, au point de vue qui nous occupe, toutes les comètes peuvent être rangées en deux catégories principales : celles dont les orbites sont paraboliques ou hyperboliques, c'est-àdire dont la périodicité est inconnue ou même n'existe point; et les comètes péi'iodiques, qui décrivent des ellipses autour du Soleil. Celles-ci, à leur tour, se subdivisent en deux classes selon que la périodicité calculée a été ou non vérifiée par un retour postérieur à la découverte de l'astre.

Neuf comètes seulement, parmi les 73 comètes à orbites elliptiques, appartiennent à la classe de celles dont le retour a été constaté par l'observation. Ce sont celles que nous allons

faut-il conclure pour les comètes qui décrivent dans l'espace de semblables trajectoires? Ou elles ne reviendront jamais, l'immense distance à laquelle elles s'éloignent du Soleil les entraînant peut-être dans la sphère d'attraction de quelque autre monde; ou Lien, si elles doivent revenir, ce ne sera sans doute qu'au bout d'un intervalle de temps considérable, après des milliers de siècles. Ainsi, la plupart des comètes, quand elles sont observées, visitent pour la première fois les régions célestes occupées par notre monde; ou bien, si elles sont venues déjà, c'est à des époques tellement éloignées de la nôtre qu'aucune observation humaine n'a pu être transmise jusqu'à nous, si tant est qu'à cette époque l'homme existât déjà sur la Terre. JJans ces deux hypothèses, comprend-on l'impossibilité manifeste d'une prédiction scientifique? Les éléments de cette prédiction manquent encore après une et même deux observations : où les eùt-on pris avant la venue de l'astre? Les comètes antérieurement observées, et à orbites elliptiques, sont donc les seules dont le retour puisse être calculé à l'avance.

étudier les premières et dont voici d'ailleurs la liste, à laquelle nous joignons leurs principaux éléments.

Noms

Durées

Grands axes

Distances

Distances

Époques

des comètes.

des révolutions Ans.

. des orbites.

périhélies.

aphélies. (

les derniers retours

Encke ....

13 avril 1875

Brorsen . . . ,

10 oc!. 1873

Winnecke . .

12 mars 1875

Tempel . . .

9 mai 1873

D'Arrest . . .

22 sept. 1870

Biéla boréale.

j 2 déc. 1872

Biéla australe

Faye

18juilletl873

Tuttle. . . .

30 nov. 1871

Halley. , . .

15 nov. 1875

La première des comètes, dont la périodicité a été bien constatée, tant par l'observation que par les calculs, porte le nom de Halley, astronome anglais du dix-septième siècle. C'est à ce savant qu'on doit, en eflFet, l'identification de la comète de 1682 avec celles de 1531 et de 1607, et la prédiction du retour de l'astre pour la fin de 1758 ou le commencement de 1759 ^ . L'événement justifia la prédiction. Bien plus, à cette dernière époque, l'astronomie cométaire s'éleva, par un coup d'essai qui fut son triomphe, à la hauteur des autres théories astronomiques. Un géomètre français, Clairaut, calcula quel devait être, sur la marche de la comète annoncée, l'effet des perturbations dues aux deux grandes planètes Jupiter et Saturne, dans le voisinage desquelles l'astre chevelu devait passer. Il assigna 618 jours de retard, 100 jours dus à l'action

1. Halley avait remarqué la presque identité dos éléments des orbites des deux comètes qui avaient paru, à 75 ans d'intervalle, en 1607 et 1682. En remontant 76 ans plus haut, il trouva que l'orbite de la comète de 1531, malgré des diiierences imputables à l'inexactitude des observations, offrait également beaucoup de ressemblance avec l'orliite de la comète de 1682. Enfin, à des intervalles à peu près égaux, il trouvait les apparitions des comètes de 1305, 1380 et 1456. Halley avait déjà exprimé l'opinion que la différence entre les deux plus récentes périodes était due à l'action de Jupiter.

de Saturne, 518 à celle de Jupiter. Le retour de l'astre à son périhélie devait ainsi correspondre au milieu d'avril 1 759, avec une incertitude d'un mois en plus ou en moins, incertitude provenant de termes que Glairaut, pressé par le temps, avait dû négliger dans son calcur.

Depuis, en 1835, la comète de Halley a paru dans nos régions; mais cette fois son passage fut prédit avec une précision telle, qu'il y eut entre le calcul et l'observation moins de trois jours de différence ^

L'orbite de la comète de Halley est une ellipse si allongée qu'elle dépasse, à son point le plus éloigné du Soleil, l'orbite même de Neptune. Aussi faut-il en moyenne plus de 76 ans — 27866 jours — à la comète de Halley pour parcourir cette courbe immense. Ce qui distingue surtout un tel astre des planètes du système, c'est que la forme excentrique de son orbite, tantôt la rapproche du Soleil à une distance moindre que celle de Vénus, et qui ne dépasse pas vingt-deux millions 500 mille lieues, et tantôt l'éloigné du foyer de chaleur et de lumière à une distance plus de 60 fois aussi grande, qui atteint à peu près un milliard 300 millions de lieues. Ces variations énormes dans les distances forcent à admettre, dans l'intensité de la chaleur et de la lumière que la comète reçoit du Soleil, les plus étonnantes différences. Et, en effet, cette intensité varie dans la proportion de 3600 à l'unité, ou si l'on préfère, la lumière et la chaleur du Soleil arrivent à la co-

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