Arago, Astronomie populaire, II, p
2. Et même lîeulcment OJ.66 d'après le calcul des perturbations de M. de Pontécoulant. Ce savant a déterminé de la même manière la date du prochain retour de la comète de Halley : elle passera au périhélie le 16 mai 1910, vers 11 heures du soir.
Parmi les apparitions anciennes qui paraissent certaines, de la comète de Halley, antérieures à celles que nous avons déjà rapportées, on cite celle de l'an 12 av. J. G. et celles des années de notre ère, 66, 141, 451, 684, 760, 989, 1066, 1152, 1301, 1378 et 1456. Hind a signalé huit autres apparitions plus douteuses.
mète avec une force 3600 fois plus considérable au périhélie qu'à l'aphélie. La comète de Halley se meut d'Orient en Occident, dans un plan incliné sur l'orbite de la Terre de la cinquième partie d'un angle droit (17" 45'). C'est, parmi les 9 comètes périodiques que nous étudions, la seule dont le sens du mouvement soit rétrograde. On peut voir dans la planche XXVII les divers aspects sous lesquels elle s'est montrée en 1835,
l'it;. 199. Lu coiiiùli! de IKUlcj à son passage en 18o.j. 1. Vue à l'œil nu, le 24 octobre 1835. — 2. Aspect de la comète vue au télescope.
à l'œil nu et au télescope, soit dans son ensemble, soit dans les parties de la nébulosité qui en formaient la tête.
En suivant l'ordre des découvertes, c'est la comète d'Enckc que nous avons maintenant à décrire.
Invisible à l'œil nu, elle se présente dans les télescopes sous la forme d'une masse vaporeuse, à peu près sphérique, dépourvue à la fois de queue et de noyau lumineux. Circonstance singulière, la nébulosité de la comète d'Encke varie en même temps de forme et de dimensions, et c'est précisément à l'époque de ses plus courtes distances au Soleil qu'on l'a vue sous un plus faible volume.
Fig. -MO. La comète d'Encke, le 13 août 1868.
De toutes les comètes dont le retour périodique a été constaté % c'est celle qui accomplit sa révolution autour du Soleil dans le plus court intervalle de temps. Cette durée est en moyenne de 1205 jours , un peu moins de trois ans im tiers. Elle se meut d'Occident en Orient dans une courbe telle, que sa distance à l'astre central varie entre 13 millions et 156 millions de lieues.
Ainsi, voilà un astre qiii, à chacune de ses révolutions, pénètre jusqu'à l'intérieur de l'orbite de Mercure, pour dépasser, tout près de celle de Jupiter, la région des petites planètes. Depuis 1818, époque de sa découverte, tous ses retours, au nombi'e de dix-sept, ont été régulièrement constatés ; mais, circonstance remarquable, la durée de sa révolution va en diminuant sans cesse, de sorte que, si cette diminution progressive suit toujours le même ordre, on pourra calculer l'époque, encore bien éloignée du reste, où la comète ira, en décrivant une spirale, se plonger dans la masse incandescente ou dans l'atmosphère du Soleil. Ce rapprochement continu a été attribué à la résistance d'un milieu qui remplirait les régions de l'espace, voisines du foyer de notre monde'.
1. Découverte en 1818 par Pons à Marseille, cette comète a été reconnue, par Arago et Olbers, comme identique à la comète de 1805. Le dernier de ces savants indicfua en outre les comètes de 1786 et de 1795, comme des apparitions probables du même astre. C'est à Encke que revient l'honneur d'avoir calculé les éléments elliptiques. Son passage au périhélie a été observé 21 fois depuis 1786; le prochain aura lieu vers le 25 juillet 1878.
2. Cette question a été reprise récemment par le C V. Asten. Ce savant croit que l'accélération de la comète d'Encke ne peut pas s'expliquer par l'hypothèse d'un milieu résistant. D'après lui, les observations de la comète,
Fig. 201. Comète de Borserij le 14 mai ISUS, d'après un dessin de Eruhns.
La comète d'Encke fut d'abord spécialement désignée par l'appellation de comète à courte période.
Parmi les sept autres comètes, dont le calcul et l'observation ont à la fois confirmé la périodicité , et qui portent les noms de Gambart ou de Biéla, de Faye, de Tempel et de Brorsen, de Winnecke, de d'Arrest et de Tuttle, il n'y a guère que la première qui mérite une mention spéciale. Les autres , toutes télescopiques, n'ont offert jusqu'ici, sous le rapport de leur aspect physique, aucun intérêt particulier \
Il n'en est pas de même de la comète de Gambart ou de Biéla. Découverte en 1826, elle effectua sa première réapparition dans l'automne de 1832, et causa une vive émotion par l'annonce, un peu prématurée, qu'elle devait à son passage venir rencontrer et heurter la Terre. Des calculs plus précis démontrèrent, bien avant l'événement, que la comète arriverait
de 1865 à 1871, sont parfaitement d'accord avec les lois de la gravitation, sans aucun effet appréciable provenant de la résistance d'un milieu. Les perturbations planétaires ordinaires suffisent à en rendre compte. La comète, il est vrai, vers son passage au périhélie, éprouve des changements dans son orbite, mais qui s'expliqueraient plutôt, comme Bessel l'admettait, par l'action de courants étrangers ou d'essaims météoriques.
1. Disons toutefois que la comète de Faye, dont les élément.s' elliptiques ont été calculés p:ir notre savant compatriote en 1843, peu après la découverte qu'il en avait faite lui-même à l'observatoire de Paris, a fait sa quatrième réapparition en 1873. Elle a été revue en 1865, à Paris et à Copenhague, sous la forme d'un noyau lumineux entouré d'un halo circulaire. La durée de sa période paraît subir, comme celle d'Encke, une diminution sensible. La comète de Borsen, dont nous reproduisons ici un dessin, offre cette particularité d'avoir plusieurs noyaux brillants dans la partie la plus condensée de la nébulosité.
au point commun des orbites des deux astres un mois avant notre globe, et qu'ainsi toute rencontre était évidemment impossible. Mais l'alarme était donnée. Les imaginations s'exal-
Fig. 202. Comète de Gambart ou de Uiéla dédouLlée, le 19 février 1846, d'après Struve.
tèrent et l'idée de la fin du monde — de notre monde terrestre bien entendu — envahit nombre de cervelles. Croirait-on que
Fig. 2U3. Comète de Bièla, le 21 lévrier 1846, d'après .Struve.
parmi les personnes même qui eurent confiance dans la précision des calculs astronomiques, il s'en trouva qui craignirent tout au moins un dérangement pour l'orbite de notre planète?
Sans doute, pour elles, une orbite était quelque chose de matériel, un cercle métallique par exemple, un rail céleste. « Comme si, dit Arago en rapportant cette plaisante conception, la forme de la route parabolique qu'une bombe va parcourir dans l'espace en sortant du mortier, pouvait dépendre du nombre et de la position des courbes que d'autres bombes auraient anciennement décrites dans les mêmes régions^ ! »
Plus loin nous dirons quelques mots de cette question qui peut un jour intéresser vivement les habitants du globe ter-
Fig. 204. Les deux comètes jumelles de Hiéla, à leur retour en 1852, d'après Secclu.
restrc, à savoir du danger et de la probabilité de la rencontre d'une comète et de la Terx'e.
Si la comète de Gambart ne réalisa point les craintes qu'on avait conçues, elle subit elle-même plus tard une étrange transformation : elle se dédoubla. Dès 1846, elle apparut sous la forme de deux comètes, d'inégales grandeurs, qui s'éloignèrent de plus en plus. En 1852, les deux comètes reparurent
1. Peut-être aussi ces personnes entendaient-elles par là que la masse de la comète était capable, par le rapprochement des deux astres, de troubler la marche de la Terre, et, par suite, de modifier les éléments de son orbite, hypothèse qui n'a pu se vérifier, la masse cométaire étant beaucoup trop faible, mais qui n'a rien que de très-rationnel.
voyageant de concert, mais la distance des deux noyaux, qui était déjà de 60000 lieues en 1846, s'élevait alors à un demimillion de lieues. Ce qui est plus étrange encore, c'est qu'elle n'a pas été revue à son retour de 1865, lequel devait avoir lieu à la fin de l'année : la matière dont elle se compose serait-elle entièrement dispersée sous forme d'essaim de météores, ainsi que le donne à penser l'identité présumée de son orbite et des étoiles fdantes de décembre'? Les annales de l'astronomie avaient enregistré déjà de semblables transformations ; mais comme il s'agissait de comètes qui n'ont point reparu, les savants hésitaient à croire à la réalité d'un fait sur lequel il ne peut y avoir désormais aucun doute.