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COMÈTES PÉRIODIQUES NON REVUES

Le nombre est restreint, comme on voit, des comètes dont la périodicité a été confirmée par un ou plusieurs retours observés. Sauf la comète de Halley, toutes sont des comètes à courtes périodes. Quelques autres auraient pu, auraient dû être rangées dans la même catégorie; mais depuis leur première apparition, on n'a pu réussir à les revoir, soit parce que les circonstances de leur retour n'ont pas été favorables à l'observation, soit parce que, dans le cours de leurs dernières révolutions, elles ont subi des perturbations assez fortes pour changer complètement leurs orbites. C'est ce qu'on peut appeler les comètes égarées ou perdues. Citons-en quelques-unes.

En février 1743, on vit en Europe une comète dont les éléments paraboliques furent calculés alors par Struyck et La-

1. M. Pogson croil avoir revu ]a comète, à Madras, le 2 décembre 1872, mais coUe identité no parait pas absolument certaine. On pense que c'est la comète de Biéla, ou du moins l'un de ses fragments, qui a donné lieu à l'averse d'étoiles lilantos du 27 novemlire 1872.

caille. Un géomètre contemporain, M. Claiisen, a reconnu l'ellipticité de son orbite, et calculé une période de 5 ans 5 mois. Est-ce la même qu'on a revue en novembre 1819? C'est ce qu'on a supposé. Mais Encke n'assignant à celle-ci qu'une révolution de 4 ans et 10 mois, il faudrait admettre que, dans l'intervalle de 76 ans qui sépare les deux apparitions, l'orbite primitive a été notablement altérée. En tout cas, elle n'a pas été i-evue depuis.

Parmi les comètes perdues, il en est une qui est célèbre dans l'histoire de l'astronomie : c'est celle de 1770 ou de Lexell, du nom de l'astronome qui a reconnu l'ellipticité de sou orbite et fixé à 5 ans 6 dixièmes la durée de sa révolution périodique; observée de juin à octobre 1770, elle n'a pas été revue. Sa courte période fit qu'on s'étonna de ne l'avoir pas observée avant 1770, et qu'on mit en doute les résultats de Lexell. Mais ce savant prouva qu'elle avait dû, en 1767, passera une faible distance de Jupiter, et que l'influence de la masse de cette planète dut être assez considérable pour modifier le mouvement de la comète, et de parabolique le rendre elliptique. Laplace fit voir qu'une action inverse, exercée par le même Jupiter, devait en augmenter la distance périhélie et rendre désormais la comète invisible, comme elle le fut en effet. Le même problème a été repris à nouveau de nos jours par M. Le Verrier, qui a tenu compte à la fois de l'influence de la Terre, dont la comète en 1770 s'approcha de sept fois à peine la distance de la Lune, et de l'influence de Jupiter neuf années après. Chose curieuse, il résulte de ces nouvelles recherches que l'ellipse cométaire fut alors rapidement changée en hyperbole, de sorte que si des actions opposées ne sont venues depuis troubler encore cette marche si accidentée, la comète de Lexell se trouve décidément enlevée au système solaire.

On a cru revoir la comète de Lexell dans la comète découverte à Rome, en août 1844, par Vico, et dont la période est d'environ 5 ans 1/2. M. Le Verrier a prouvé qu'il n'y avait

pas identité entre ces denx astres, mais que probablement la comète de Vico avait été observée déjà en 1678. On ne l'a pas revue, et dans quelques siècles elle sera peut-être rendue par Jupiter aux espaces d'où il l'avait une première fois tirée.

Citons encore la comète de 1766, dont la révolution est de 5 années, et qui est peut-être une apparition antérieure de celle découverte par Pons, en juin 1819. C'est aussi une comète perdue. Une comète découverte par Peters en juin 1846 et dont la période est de 16 ans, aurait du être revue en 1862; elle le sera peut-être en 1878. La même année, on devra rechercher aussi la comète de 1873, découverte par Stephan, et dont la période est de 1850 jours, un peu plus de cinq années.

Il y a encore quatre autres comètes périodiques qu'on peut ranger parmi les précédentes, bien que leurs périodes s'allongent notablement ; ce sont encore en effet des comètes intérieures, c'est-à-dire dont l'aphélie ne dépasse pas l'orbite de Neptune. La première est la comète de Tempel (1866 I) dont la révolution est de 33 ans et 64 jours. Son retour prochain est attendu pour le printemps de 1899. On regarde les comètes de 868 et de 1366 comme des apparitions antérieures de cet astre, qui, depuis la première de ces dates, serait revenu 29 fois au périhélie sans être aperçu qu'une fois. Il y a une seconde comète de 33 ans et demi: c'est celle de 1867 I, qui, comme la comète de Tempel, dépasse à son aphélie l'orbite d'Uranus; on devra la rechercher vers 1900. Deux autres comètes découvertes, l'une en 1846, par Vico, l'autre en 1873, par M. Coggia, ont des périodes d'environ 55 ans, et leurs mouvements s'accomplissent aussi à l'intérieur de l'orbite de Neptune.

Des comètes périodiques intérieures, nous arrivons à celles qui, comme la comète de Halley, vont dépasser à leurs aphélies les limites connues du monde solaire; mais, cette dernière comète exceptée, aucune n'a pu être revue encore : pour

quelques-unes seulement, on soupçonne leur identité avec des comètes apparues antérieurement. La confirmation de leur périodicité effective ne sera possible, pour les contemporains, que relativement à un très-petit nombre d'entre elles, vu les énormes durées de leurs périodes qui se comptent par siècles et même par centaines et par milliers de siècles.

Voici d'abord les révolutions et les distances périhélies et aphélies des neuf comètes à périodes moyennes ou inférieures à deux siècles. Deux seulement, les comètes de 1812 et de 1815, pourront être revues avant le vingtième siècle; la première vers 1882, la seconde vers 1887, le retour au périhélie devant être avancé de deux années par l'effet de certaines perturbations. Celle de 1853 ne reviendra au périhélie qu'au vingt et unième siècle, après s'être éloignée, à son aphélie, à une distance du Soleil qui dépasse dé près de 200 millions de lieues le double de la distance de Neptune.

licvolulions. Distances périliclics. Distances apliolies.

Comète de 1852 II 69 ans 0.65 = 24000000 31.99=1180000 000

— 1862 III 120 1.01 = 37250000 48.7 =1795750000 1532 129 0.61 = 22500000 48.05 = 1771800 000

Enfin, nous terminerons cette mention rapide des comètes périodiques dont les éléments ont été calculés, mais qu'on n'a pas revues, par le tableau des périodes de celles dont la révolution dépasse deux siècles. Quelques-unes sont célèbres dans l'histoire : citons la comète de 1264 qui se montra en Europe pendant près de 3 mois et disparut, dit-on, le jour même de la mort du pape Urbain VIII, coïncidence qui, dans ces époques de superstition religieuse, était bien propre à frapper les esprits;

c'est la même comète qui revint en 1556, et qu'on connaît sous le nom de comète de Cliarles-Ouint '. Dès le siècle dernier, on prédisait sa réapparition pour 1848; mais elle ne fut point revue ni cette année ni les suivantes. Un travail d'un astronome de Midlcbourg, M. Bomme, indiquant un retard de dix années causé par les perturbations planétaires, la fit rechercher, mais en vain, jusqu'en 1860. Elle n'a pas reparu, et si elle a passé réellement ù son périhélie, c'est dans des circonstances défavorables à l'observation.

Il y a aussi, dans les trente comètes du tableau, la fameuse comète de 1680, que les calculs de Newton et les rêveries théologiques de Whiston ont rendue célèbre ; puis la grande comète de 1843. De toutes les comètes connues ce sont celles qui, au périhélie, ont passé le plus près du Soleil : les noyaux des deux astres ont dû passer, l'un à 230000, l'autre à

125000 kilomètres seulement ^'S- 205. Comète de 1564. Daprés le Thca- ^ Iruin cometicuin de LiibienietzKi.

de la surlace de la photosphère; ils ont traversé certainement les couches d'atmosphère hydrogénée qui constituent la couronne. Une autre comète fameuse est celle de 1811, qui a été observée aussi en 1812 et qui a fait sensation dans toute l'Europe, dans l'Occi-

1. C'était encore, il y a quelques années, une tradition que Charles-Quint avait été détermine dans son abdication par l'apparition de l'astre chevelu. Mais M. Mignct a établi que l'abdication du fameux monarque avait eu lieu en 1555, et qu'ainsi la comète ne pouvait avoir été pour rien dans cette résolution.

dent parce qu'on lui a attribué l'excellence du vin connu sous le nom de vin de la comète, dans l'Orient parce que les Russes l'ont regardée comme le présage de la grande et fatale guerre du premier Napoléon contre la Russie.

Durée

Distances

au Soleil

Apparitions

en rayons

1 iJi'ion l'pc m'A nn ril/^c

des périodes

de l'orbite terrestre.

LLl IL (.11 Uo IJl Uljtiuics

en années.

Dislances pcrilicl".

Distances apliél'

Comète d

e 1845 III

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