Id
1578.0 Id.
Mais ces chiffres ne doivent être acceptés qu'avec une grande réserve, parce que la portion d'orbite observée est encore beaucoup trop petite pour qu'on puisse calculer des éléments exacts.
Humboldt évaluait à 650 le nombre des couples physiques , sur le total de 6000 étoiles doubles connues à l'époque où il écrivait. Le calcul des probabilités, d'après Struve, en indique une proportion bien plus grande, qu'on peut appliquer aujourd'hui à un nombre d'étoiles doubles encore plus considérable, puisqu'on a vu qu'il dépasse 10000. Mais, si au lieu de baser une telle évaluation sur des conjectures, on veut n'admettre parmi les couples physiques que ceux où l'observation a positivement reconnu les mouvements des composantes, on arrive encore à un total remarquable. Un catalogue des systèmes binaires publié par Chambers, ne comprenait pas moins de 1 66 couples physiques parmi lesquels il y a 1 1 1 systèmes reconnus, et bS systèmes douteux ou soupçonnés ; on connaît en outre .5 systèmes ternaires qui sont : X, Écrevisse, 51 Balance, c Couronne boréale, 2 Petit-Cheval et 2434 2. Il faut y joindre Castor, au moins comme système ternaire soupçonné. Une liste plus complète, de MM. Wilson et Gledhill, renferme 449 systèmes binaires. Ce nombre est naturellement destiné à s'accroître, à mesure que le temps, en s'écoulant, permettra aux nouvelles observations de décider de la réalité des mouvements les plus lents.
En attendant, on peut déjà se faire une idée de la variété des orbites, par les durées si inégales des révolutions. Tandis que certaines d'entre elles s'accomplissent en des temps comparables à ceux des planètes les plus éloignées du Soleil, Saturne, Uranus, Neptune (il y a dans l'énumération précédente 13 systèmes qui n'ont pas 200 ans de révolution); d'autres, au contraire, paraissent se compter par siècles et dépasser de beaucoup les durées des révolutions planétaires. Les sys-
tèmes de Castor, de 61 Cygne \ de (i." Bouvier, de y Lion, de a Couronne sont dans ce cas.
Il y a, d'ailleurs, d'autres différences plus caractéristiques entre les orbites des étoiles doubles et celles des planètes de notre monde solaire. Leur excentricité notamment est généralement plus forte que celle des planètes; elle est considérable dans quelques-unes, et les rapproche ainsi, au point de vue de la forme, des orbites cométaires^ Mercure a pour excentricité 0.205, et la plus elliptique des orbites planétaires connues, celle de Libératrix 0, 0.347. On voit donc, en se reportant au tableau que nous donnons en note, que, parmi les orbites calculées des étoiles doubles, deux seulement sont moins allongées que cette dernière, quoique plus excentrique encore que l'orbite de Mercure. La moins excentrique des
1. La difficulté de déterminer les périodes dont la durée est considérable est inhérente à la lenteur du mouvement angulaire du satellite par rapport à l'étoile principale. Un exemple frappant de cette difficulté est donné par les composantes de 61 Cygne. La période évaluée à 452 ans, puis à 333 ans, est devenue tout à fait incertaine, et il semble même aujourd'hui (d'après 0. Struve et M. Wilson) que le mouvement relatif, au lieu d'être orbital, soit rectiligne. Mais cela peut tenir à la grande obliquité du plan de l'orbite réelle, en même temps qu'à la grande durée de la période.
2. On peut s'en rendre compte dans le tableau suivant, où nous donnons l'excentricité et le demi-grand axe apparent, en regard de la période de révolution.
Systèmes binaires. , Excentricités, Périodes.
' grands axes
$ Grande-Ourse 2". 44 0.4315 Bl'-'.ô
70p Ophiucus 4 .97 0.4445 92.3
C Hercule 1 .25 0.4482 36.4
ï) Couronne 0 .96 0.2865 43.7
Castor \
ÏÉcrevisse 0.93 0.3662 58.6
a Centaure 12 .13 0.7187 78.5
«Lion. 0 .86 0-6434 82.5'
Y Vierge 3 .58 0.8795 182.1
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