‹ Le ciel; notions élémentaires d'astronomie physiqueChapitre 16 sur 214 · PL. HL · texte numérisé non relu

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Feuilles de saule des noyaux et des pénombres observées le 5 juin 1861, par J. Nasmytb.

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dent en longs filaments donnant aux pénombres l'aspect que M. Dawes a caractérisé par le mot thatch straws. Agrégés hors des taches, ils forment les rice- grains , réunis par deux, par trois et jusqu'à dix au plus. Le fond général sur lequel se détachent ces particules brillantes est d'un gris sombre légèrement pommelé.

M. Langley évalue à 0",3 ou 0",4 le diamètre moyen des granules , qu'il ne faut confondre , répétons-le , ni avec les grains de riz de Stone , ni avec les feuilles de saule de Nasmyth ou les granulations d'Huggins, dont on a vu quelles sont les dimensions : les mesures de Secchi concordent au contraire avec celles de l'astronome américain, et ainsi semblent se rapporter aux mêmes objets. De ces mesures et de l'évaluation de leur nombre sur une aire donnée , il déduit cette conclusion assurément imprévue : « La lumière du Soleil (qui n'est autre que celle dps points brillants en question) vient principalement d'une petite portion de sa surface, qu'on peut évaluer au cinquième au plus de sa surface totale. »

M. Langley a étudié spécialement la forme et la direction des granules, tels qu'ils se présentent au sein des taches, dans les pénombres et jusqu'au fond des noyaux, où on les aperçoit étirés en forme de filaments diversement recourbés. Cette étude l'a convaincu (jue les bords plus sombres de la pénombre sont l'indice d'une rupture des éléments, qui s'est produite par un effort latéral ou descendant, tandis que la partie centrale plus brillante de la pénombre vient d'un relèvement des extrémités des filaments. Quant à la structure du noyau, elle présente elle-même l'apparence de la pénombre submergée, et jusqu'aux noyaux les plus noirs semblent constitués par des bancs profonds de filaments.

Ces résultats d'un si haut intérêt peuvent être suivis par le lecteur, en se reportant au dessin que nous donnons d'une tache solaire et de sastructiu'e, d'après la planche publiée par M. Langley. Nous n'avons pas besoin de faire ressortir l'im-

portance de ces observations nouvelles. Elles montrent les taches , leurs pénombres et leurs noyaux , les facules qui les entourent , composées d'éléments similaires , modifiés seulement par les causes inconnues qui produisent les accidents divers ou les mouvements de la photosphère.

De tous les faits passés en revue dans ce chapitre, on peut conclure que la surface visible du Soleil ou photosphère n'est pas une surface lisse et continue, également lumineuse en tous ses points; qu'elle est au contraire partout composée de masses brillantes analogues, au moins par l'aspect, aux cumulus de notre atmosphère, reposant sur un fond notablement plus sombre; que ces pores ou intervalles grisâtres s'élargissent parfois de manière à prendre l'apparence de très-petites taches les unes noires, les autres grises, c'est-à-dire ou noyaux ou pénombres, et que celles-ci, à leur tour, donnent naissance aux grandes taches. Il parait aussi certain que les taches brillantes ou facules ne sont autre chose qu'une accumulation de granules lumineux plus serrés.

Mais il reste toujours à savoir quelle est la nature physique de ces divers éléments de la photosphère, si la matière lumineuse est solide ou fluide, et si les taches, comme l'étude télescopique en suggère l'idée, sont des enfoncements de la photosphère, des parties superficielles ou des masses surplombantes. On verra plus loin quelles hypothèses ont été proposées pour l'explication de ces divers phénomènes.

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