‹ Le ciel; notions élémentaires d'astronomie physiqueChapitre 190 sur 214 · ÉCLIPSE TOTALE ET ÉCLIPSE PARTIELLE DE LUNE · texte numérisé non relu

ÉCLIPSE TOTALE ET ÉCLIPSE PARTIELLE DE LUNE

Coloration du disque éclipsé par la réfraction des rayons solaires dans l'atmosphère terrestre.

Parmi les 41 éclipses de Soleil qui ont lieu tous les dix-huit ans, il en est 28 qui sont centrales, et qui, par conséquent, sont visibles quelque part à la surface du globe terrestre comme éclipses totales, ou comme éclipses annulaires. Cela fait, par siècle, 227 éclipses de Soleil, dont 155 sont centrales. Mais il s'en faut qu'elles soient aussi fréquentes pour un lieu donné de la Terre, et l'observation n'en est pas toujours facile. Cela explique pourquoi les éclipses totales observées étaient si rares il y a deux siècles. Depuis le seizième jusqu'au commencement du dix-neuvième siècle, on n'a pu observer en tout que neuf éclipses totales de Soleil; sept autres ont été annulaires. Paris, pendant tout le dix-huitième siècle, n'a été témoin que d'une seule éclipse totale, celle de 1724; et Londres, aussi favorisée que la capitale de la France, n'en a eu aucune depuis 1715. Depuis 1801, on a pu observer dix éclipses totales, celles de 1806, 1842, 1850,1851,1856, 1860, 1861, 1868, 1869 et 1871.

Les éclipses de Soleil, pas plus que celles de la Lune, n'ont aujourd'hui le privilège d'exciter la frayeur, du moins parmi les populations civilisées. Au lieu d'une terreur superstitieuse, c'est un intérêt de curiosité qu'elles inspirent. Annoncées partout longtemps d'avance, elles témoignent de la précision des calculs astronomiques, et le public s'habitue peu à peu partout à voir la fixité des lois, l'ordre et l'harmonie, là où jadis l'ignorance ne supposait que des accidents fortuits, des signes précurseurs du mal, des témoignages de la colère céleste.

Quant à l'astronome, il y trouve matière à des recherches curieuses. Les éclipses partielles, les moins intéi'essantes de toutes, lui donnent encore l'occasion de vérifier l'exactitude de ses tables, par les concordances ou les divergences que l'observation constate entre l'heure prédite par les calculs et l'heure réellement observée. Mais ce sont les éclipses totales, surtout les dernières, celles de 1842, 1850, 1851, 1858, 1860, 1861, 1868, qui ont été fécondes en faits nouveaux, ou du moins nouvellement observés : on a vu, dans le livre consacré au Soleil, quel intérêt est résulté de ces observations pour l'étucfe de la constitution physique de l'astre. Nous n'y reviendrons donc point.

Page 1