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ÉCLIPSES DE LUNE

Comme les éclipses de Soleil, les éclipses de Lune peuvent être partielles ou totales. Mais elles ne sont jamais annulaires, le cône d'ombre de la Terre ayant toujours, aux plus grandes distances de notre satellite, des dimensions beaucoup plus considérables que le disque lunaire lui-

même. En outre, une distinction capitale entre les deux phénomènes est celle-ci : tandis qu'une éclipse de Soleil n'est visible que pour une fraction de l'hémisphère terrestre qui voit cet astre sur l'horizon, l'éclipsé de Lune est toujours visible de tous les points de la Tei're pour lesquels l'astre n'est pas couché. Bien mieux : ce n'est que successivement que l'éclipsé de Soleil a lieu aux différentes stations, à mesure que l'ombre et la pénombre de la Lune se promènent sur la surface de notre globe. Au contraire, l'obscurcissement du disque lunaire commence et se termine partout, non pas aux mêmes heures, puisque l'heure varie selon le méridien du lieu de l'observation, mais aux mêmes instants physiques. Le lecteur a déjà compris la raison de cette différence essentielle. Dans l'éclipsé solaire, la surface de l'astre radieux n'est pas réellement obscurcie, mais seulement cachée par le disque obscur de la Lune, de sorte que cette interposition est un effet de perspective variant selon la position respective de l'observateur, de la Lune et du Soleil. L'éclipsé lunaire est au contraire produite par une déperdition réelle de lumière de notre satellite, et l'obscurcissement qui en résulte est visible au même instant, partout où la Lune est en vue.

On peut aisément se rendre compte des circonstances qui rendent une éclipse de Lune partielle ou totale. Quand la Lune, d'ailleurs en opposition, traverse le cône d'ombre pure de la Terre dans sa plus grande épaisseur, l'éclipsé est totale et centrale, et sa durée est la plus grande possible. L'éclipsé peut être encore totale, sans être centrale, quand l'orbite de la Lune traverse le cône d'ombre dans une épaisseur suffisante. Mais si le nœud de la Lune est trop éloigné du cône, son disque ne pénétrant qu'en partie dans l'ombre, ne subira qu'un obscurcissement incomplet : l'éclipsé sera partielle.

Au début d'une éclipse totale de Lune, on remarque un affaiblissement d'abord léger, puis de plus en plus marqué de la lumière du disque; à ce moment la Lune entre ou est entrée depuis quelque temps dans la pénombre. Puis, tout à coup, une petite échancrure se forme sur le bord, qui peu à peu envahit la partie lumineuse du disque, mais cette échancrure est loin d'être aussi nette que celle des éclipses solaires. La forme en est circulaire, mais d'une courbure moins prononcée, circonstance aisée à prévoir et que le calcul confirme, le diamètre de l'ombre de la Terre étant près de trois fois aussi grand que celui de la Lune'.

La couleur de l'ombre est d'abord celle d'un noir grisâtre, qui ne permet de rien voir de la partie éclipsée; mais, à mesure que l'ombre envahit le disque lunaire, une teinte rouge le recouvre de plus en plus,

1. La largeur moyenne du cône d'ombre terrestre, à la distance où se font les éclipses, est de 82', tandis que le diamètre lunaire n'est que de 31'.

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