‹ Le ciel; notions élémentaires d'astronomie physiqueChapitre 192 sur 214 · GRAND TÉLESCOPE A MIROIR ARGENTE · texte numérisé non relu

GRAND TÉLESCOPE A MIROIR ARGENTE

(système Léon Foucault) monté équatorialement pour l'obstrvatoire do Marseille.

et les détails des taches principales deviennent visibles. Entre le croissant lumineux et le centre rougeàtre de l'ombre s'étend une bande d'un gris bleu, comme le montre la planche LI [Éclipse totale et éclipse partielle de Lune). Dès que l'éclipsé est totale, le rouge devient plus intense et se répand aussitôt sur tout le disque. Selon Béer et Mœdler, la teinte bleuâtre est d'un gris sombre, quand on la compare avec la partie de la Lune éclairée par le Soleil; elle semble bleue et plus claire que le rouge, si c'est avec cette dernière qu'on la compare. Quelques minutes avant la réapparition de la lumière au bord opposé du disque, la teinte bleuâtre colore légèrement les régions les plus voisines de ce bord; et les phases de l'éclipsé se reproduisent en sens inverse jusqu'à l'entière émersion de la Lune. Comme on le voit, la Lune ne disparaît pas toujours complètement dans les éclipses totales. La raison de ce fait est dans la réfraction des rayons solaires, qui, traversant les couches inférieures les plus denses de l'atmosphère de la Terre, se brisent et projettent jusqu'à la Lune les teintes empourprées de nos soleils couchants. Il arrive cependant que la Lune devient tout à fait invisible pendant la durée de l'éclipsé totale : on cite comme exemples de ce fait les éclipses de 1642 et de 1816. D'autres fois la visibilité, sans être nulle, est trèsimparfaite : il faut chercher l'explication de ces circonstances dans l'état particulier de l'atmosphère, sur toute la périphérie terrestre comprenant les lieux où le Soleil se lève et se couche au moment de l'éclipsé. Un autre phénomène, qui se présente il est vrai fort rarement, paraît contradictoire avec la théorie géométrique et astronomique des éclipses. Je veux parler de la présence simultanée du Soleil et de la Lune audessus de l'horizon, pendant le phénomène. Le premier de ces astres se couchant au moment oii l'autre se lève, il semble que la Lune, la Terre et le Soleil ne sont plus en ligne droite. Il n'y a là qu'une apparence due à la réfraction. Le Soleil, déjà sous l'horizon, est relevé par la réfraction et reste visible pour nous. Il en est de même de la Lune qui n'est pas encore réellement levée, lorsqu'elle nous semble déjà l'être. On cite les éclipses de 1666, de 1668 etdu 19 juillet 1750, comme ayant présenté cette circonstance singulière.

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