‹ Le ciel; notions élémentaires d'astronomie physiqueChapitre 21 sur 214 · PHÉNOMÈNES OBSERVÉS DANS LES ÉCLIPSES TOTALES · texte numérisé non relu

PHÉNOMÈNES OBSERVÉS DANS LES ÉCLIPSES TOTALES

Le télescope a suffi pour l'investigation de tout ce qui peut se voir à la surface du Soleil, c'est-à-dire à la surface de son enveloppe rayonnante, la photosphère : taches sombres, avec leurs pénombres et leurs noyaux, taches brillantes ou facules, granulations photosphériques.

Mais le Soleil se termine-t-il à la photosphère ? N'est-il point enveloppé d'une atmosphère extérieure qui, par sa transparence, laisse voir le globe rayonnant, mais ne peut elle-même déceler sa présence, masquée d'un côté par l'éclat éblouissant de l'astre, de l'autre, c'est-à-dire au dehors du disque, par l'illumination de notre propre atmosphère ? Il eût été difficile de répondre à ces questions autrement que par des conjectures, sans une circonstance, assez rare à la vérité, mais d'autant plus importante, celle d'un phénomène qui détruit momentanément l'éclat du disque solaire et aussi l'illumination atmosphérique, permettant ainsi d'explorer librement les régions voisines du bord.

Ce phénomène est celui d'une éclipse totale de Soleil.

Quand le disque obscur de la Lune vient à passer au devant du disque solaire, l'échancrant d'abord peu à peu, puis

le masquant tout entier, une large région de notre atmosphère se trouve plongée dans le cône d'ombre lunaire. Il se fait alors, pendant la courte durée de la disparition de toute la lumière du Soleil, ou, comme l'on dit, de la totalité^ une obscurité, une nuit relative, très-favorable à l'étude de la portion du ciel qui environne immédiatement le contour de la Lune ou celui du Soleil.

Des phénomènes remarquables ont été ainsi révélés aux astronomes.

Le premier, connu depuis longtemps parce qu'il s'aperçoit à la vue simple, est l'auréole lumineuse dont le disque de la Lune se voit entouré pendant une éclipse. Cette auréole consiste en une lueur ordinairement blanche, assez vive sur le contour lunaire, et se dégradant insensiblement jusqu'à une distance qui atteint quelquefois le diamètre solaire : c'est ce qu'on appelle la couronne. Assez fréquemment, il se détache de la couronne des rayons lumineux inégaux, irrégulièrement distribués sur son contour, et figurant assez bien l'espèce d'auréole dont les peintres de tableaux religieux entourent les têtes des saints, ce qu'en style d'atelier on nomme une gloire (voy, les figures 31 à 34).

Un autre phénomène non moins curieux est celui que les astronomes désignent généralement sous le nom àe protubérances. Ce sont des taches d'une teinte rougeâtre ou rose , de formes ou de dimensions très-variées, contiguës au bord du disque de la Lune ou très-voisines de ce bord. Elles n'ont été vues ou du moins sérieusement étudiées qu'à partir de l'éclipsé totale de 1842. Cependant, un astronome suédois, Vassenius, observant àGotheborg l'éclipsé du 2 mai 1733 (v. st.), avait évidemment reconnu déjà ces taches ^ingulicx'es, comme il résulte d'une note insérée dans les Transactions philosophiques'^ ;

1. Dans cette note, l'oLservateur mentionne « trois ou quatre taches rougeâtres qui apparurent dans V atmosphère de la Lune (sic), au delà du con-

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