Dans les régions des taches, se montrent fréquemment
des jets courbés présentant leur concavité vers le disque solaire, de forme nettement parabolique, tantôt isolés, tantôt réunis aux groupes ;
9. Les larges jets observés dans le voisinage des taches se développent et disparaissent plus rapidement que dans les autres régions; ils se réunissent promptement à la surface du Soleil.
La faible hauteur, ou même l'absence de la chromosphère au-dessus du noyau des taches, ci-dessus établie par Respighi, serait une confirmation des vues de Lockyer, qui regarde les protubérances comme ayant une connexion réelle, non avec les noyaux, mais avec les facules environnant les taches. Mais c'est un point qui a été contesté, notamment par Secchi, «qui n'a jamais rencontré la chromosphère absente, ni sur les taches ni ailleurs » . Respighi attribue cette différence dans les résultats à la différence des conditions où se trouvait l'activité solaire dans les deux périodes d'observation. Aux époques de grandes perturbations (dans les régioiis des taches comme ailleurs), l'activité solaire est plus énergique, les irrégularités de la chromosphère plus sensibles et les éruptions plus fréquentes. C'est un fait qui témoigne de la grande influence qu'ont les éruptions sur la production, la transformation et le déplacement des taches; et en effet, à ces époques, l'apparition et la disparition des taches est très-fréquente, et leurs transformations continuelles. Ce qui a fait croire à une plus grande élévation de la chromosphère au-dessus des noyaux, c'est que les protubérances qui environnent les taches se projettent alors sur ceux-là; mais, en réalité, elles ne se trouvent point au-dessus.
Donnons maintenant les résultats que le même astronome a déduits d'une série d'observations qui embrassent plusieurs années, d'octobre 1869 à avril 1872, en faisant, comme luimême le fait d'ailleurs, toutes les réserves convenables sur la généralité des lois qui, pour être parfaitement établies, exi-
LA GHROMOSPHÈRE. ' 171
geront des observations beaucoup plus prolongées. Le fait capital est celui-ci, à savoir: que les protubérances, sans être des phénomènes invariablement liés aux taches, dépendent du moins, comme celles-ci, de la rotation solaire, et, déplus, paraissent soumises à une variation périodique analogue.
Voici les résultats formulés par Respighi :
1° Dans les régions circompolaires (notamment à environ 20° des pôles), le phénomène des protubérances ou éruptions solaires n'est jamais observé, ou s'il se voit exceptionnelle-
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