LES MOUVEMENTS DE TRANSLATION DES PLANÈTES
Huit planètes principales et cent soixante petites planètes ' se meuvent autour du Soleil, à des distances fort inégales, en des périodes de temps très-différentes, mais toutes avec une régularité constante et suivant des lois identiques pour les unes et les autres.
Avant d'aborder l'étude particulière, individuelle, de tous ces corps célestes, il est nécessaire d'être familiarisé avec un petit nombre de notions générales relatives à leurs mouvements, et aussi avec quelques données dont l'utilité se fera sentir quand nous nous occuperons de leur constitution physique.
Occupons-nous d'abord des mouvements de translation.
Chaque planète, on l'a déjà vu, se meut périodiquement autour du Soleil. Prenons la Terre pour exemple, et supposons que cette masse, si énorme qu'elle nous paraisse, soit réduite à un point : en d'autres termes, ne considérons que
1. Trois petites planètes viennent d'être découvertes depuis l'impression des premières livraisons du Ciel.
son centre, de gravité ou de figure. Ce point, en circulant autour du Soleil, décrit une ligne, une courbe idéale en un temps qui reste invariablement le même dans la suite indéfinie des siècles. Cette ligne courbe est ce qu'on nomme V orbite de la Terre, et le temps périodique que met notre planète à revenir au même point se nomme une année sidérale. Chaque planète décrit son orbite particulière ; chacune d'elles accomplit un tour entier en un temps qui varie d'une planète à l'autre, mais qui reste invariable pour chacune d'elles : en un mot, la durée de la révolution sidérale est constante pour chaque planète. Mais, pourquoi ces expressions : année, révolution sidérale? Le voici.
Supposez que, du centre du Soleil au centre de la Terre, on mène une ligne droite. Cette ligne, qui passe par un point donné de l'orbite, prolongée dans le ciel, irait rencontrer une étoile déterminée, un point particulier de la voiite céleste. C'est le point de repère, le point de départ de la révolution planétaire, et l'on considère cette révolution comme accomplie, quand le centre de la Terre est revenu à une position telle de son orbite, que la ligne menée du Soleil à ce centre soit identique à la première, ou aille percer le ciel au même point, à la même étoile'.
Voilà donc, déjà, un premier caractère commun à toutes les orbites planétaires, à toutes les planètes du système : c'est que chacTine de celles-ci accomplit sa révolution en un temps toujours le même, qui est son année sidérale. Il y en a d'autres, non moins importants.
D'abord, abstraction faite de certaines inégalités d'ailleurs périodiques, chacune des orbites planétaires est plane. En d'autres termes, le centre de chaque planète se trouve toujours
1. Il serait absolument équivalent de considérer le point diamétralement opposé où notre ligne droite va percer la voûte céleste. L'année, la révolution sidérale se dirait alors de l'intervalle compris entre deux retours consécutifs (apparents) du centre du Soleil au même point, à la même étoile.